‹ Les problèmes de la natureChapitre 8 sur 15 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

dogmatique : il m'eût été facile de présenter, sous des contours en quelque sorte plus fixes et plus raé-^ thodiques, les divers sujets que je traite. Si je ne Tai pas fait, c'est parce que je n'ai pas voulu rompre l'harmonie qui doit toujours régner entre les idées et leur représentation. N'ayant point, à vrai dire, de système, il me répugnait de paraître systématique. Je dois l'avouer aussi, ce que j'ai toujours le moins aimé dans les œuvres de certains philosophes, de Spinoza, de Hegel, entre autres, c'est la forme didactique de leur doctrine, découpée en théorèmes et en scholies. La philosophie me semble trop à rélroit dans ces moules, où le génie grec avait enfermé la géométrie. 11 ne faut pas qu'elle ait toujours l'air de prouver. Les formules et les syllogismes sont les échafaudages qui servent à bâtir un monument, mais que, le travail achevé, on peut faire disparaître. Dans ce premier volume, j'ai exposé la méthode et le caractère des sciences. J'ai montré quelles difficultés elles rencontrent dans le choix de leurs mesures, dans la limitation de nos sens, dans l'infirmité de notre intelligence, incapable de comprendre intuitivement les lois dont l'expression n'est pas réduite à des termes fort simples. Il est également facile de parler de la science sur le ton de l'apologie enthousiaste et sur celui du dédain : on peut s'extasier sur ses brillantes découvertes, proclamer sa grandeur, son infaillibilité, sa haute puissance, ou bien, saisis-

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