QU'EST-CE QUE LÀ VIE
liment confus des parentés de notre race avec toute la nature vivante. La Grèce Ta imitée dans ses Faunes et ses Centaures, mais ses dieux étaient surtout des hommes; Tart fut sa vraie religion et trouva, comme d'instinct) des contours dont rien n'a jamais dépassé la noblesse^ la grandeur et la pureté. Les religions monothéistes sont^ de leur essence, contraires à ce qui n'est qu'image et représentation matérielle, comme .si elles sentaient leur impuissance à traduire leur idéal. Dans range, cette création frôle et ambiguë du moyen âge chrétien, ou l'aile ou le bras sont de trop. Raphaël, Michel-Ange, le Corrége, sont des païens, en ce sens qu'ils sont des naturalistes^ des courtisant de la force, de la beauté, de la vie,
La pensée religieuse, dans sa poursuite de Tidéal et de rinûni, est bien obligée de se fixer à des formes ; ses extases ne peuvent sonder indéfiniment une nuit sans rêves, ses ardeurs cherchent un objet, ses terreurs se heurtent à certaines images. Le mysticisme cherche en vain à fuir dans des profondeurs incolores et sans limites ou à se concentrer sur un point invisible; il n'échappe point à l'obsession des apparences qui flottent devant la pensée humaine, comme des filets tendus pour la saisir. Les formes nous dominent et nous asservissent comme les forces; nous sommes les jouets d'une esthétique dont nous ignorons entièrement les lois comme de cette dynamique dont nous commençons seulement à deviner les secrets.
fin examinant avec Tœil du géomètre les tableaux
étranges de la nature animée, que de connexions bizar-. res ne pourrait-on saisir, que d'harmonies numériques, que de combinaisons symétriques, de périodicités singulières, de groupements rhythmiques ! La symétrie domine presque toutes les formes organiques ; par elle, une certaine simplicité s'attache à tous les contours, même les plus riches et les plus complexes. La fleur, Torgane le plus compliqaé du monde végétal, la montre toujours. Elle possède une symétrie soit radiaire comme les rayonnes, soit bilatérale comme les trois embranchements supérieurs des vertébrés, des annelés, des mollusques.
Chez les végétaux, la symétrie est complète, et s'applique à toutes les parties de l'organisme, au dedans comme au dehors. Chez les animaux, elle n'asservit que le dehors: les organes internes de l'homme, le cœur, l'estomac, le foie, les intestins sont symétriquement divisé par le plan vertébro-sternal. Mais, chose étrange, les organes les plus élevés, ceux de la vie animale restent symétriques, le cerveau> la moelle épinière, les nerfs du sentiment et du mouvement.
La symétrie est, on ne peut le nier, un élément de beauté: tout ce qui semble la blesser étonne, chagrine l'esprit : elle révèle une loi, une règle, une ordonnance, pile donne un rhythme aux mouvements de l'animal, elle plaît encore dans le repos des plantes et des fleurs.
On ne peut nier que le monde organique soit aussi régi par des lois de similitude, quand on observe la répétition des segments chez les annelés, le triple corps des insectes, tous formés d'une tête, d'un corselet et