TS
SES re
AT
tous les cas absolument homogène, ne nous révèle rien sur l’arrangement des futurs organes. L'organisme, au contraire, nous présente dans la disposition de ses parties une symétrie et une polarité bien marquées, ce qui nous indique que, pendant l’ontogénèse, les différenciations histologiques et morphologiques ne se produisent pas seulement, mais qu’elles se localisent aussi dans des endroits déterminés. C’est ce qu’on appelle la « Zocalisalion des difjerencialions ». Voilà donc un quatrième phénomène fondamental de l’ontogénèse,
Le complexe processus ontogénétique est donc constitué des quatre phénomènes fondamentaux suivants: 1°) la prolifération cellulaire; 2°) la différenciation histologique; 3°) la différenciation morphologique; 4°) la localisation des différenciations. Il est, par suite, évident que toute interprétation de l’ontogénèse devra nous expliquer pourquoi et comment les phénomènes ontogénétiques peuvent s’accomplir.
Cependant, il faut se rappeler toujours que ces phénomènes ne sont pas indépendants les uns des autres, mais qu'ils sont, au contraire, réliés entre eux d’une manière très intime. Ils s’accomplissent simultanément, c'est-à-dire qu’ils sont tous les quatre concomitants.
En effet, une différenciation histologique, quelle qu’elle soit, ne se manifeste pas à un moment quelconque du développement, mais à une phase donnée de celui-ci, c’est-à-dire lorsque l'embryon est formé d'un certain nombre de cellules. La différenciation histologique est donc étroitement dépendante de la prolifération cellulaire.
De même, la forme des divers organes n’est pas indifférente, mais elle est très intimement connexe à la différenciation histologique qui les caractérise. Le foie ne prend jamais la forme du cerveau, ni le cerveau la forme des poumons ou des reins. C'est-à-dire que les cellules destinées à subir telle ditférenciation histologique, se groupent aussi d’une manière particulière correspondant à cette différenciation, et conduisant, par suite, à la formation d’un organe de forme déter-
minée. La dirérenciaitont Te est done étroiteme liée à la différenciation histologique.
De même aussi, la disposition que les organes présentent |
dans l'organisme, n’est pas indifférente, mais en rapports très 7 étroits avec leur nature histologique et morphologique. Le
foie et les poumons ne se forment jamais dans la cavité cranienne; le cerveau ne se loge jamais dans la cavité abdominale; et nous ne voyons pas qu’un des yeux se forme, par exemple, dans la tête et l’autre sur le thorax. Tous les organes ont une position fixée dans l'organisme et cette position est en relation avec leur constitution histologique et leur forme. La localisation des différenciations est donc liée aux différenciations histologiques et morphologiques.
On pourrait donc expliquer parfaitement comment s’accomplit la prolifération cellulaire, comment se fait la différenciation histologique et cytomorphologique, comment se for-
ment les organes, comment enfin ils se localisent, que cela
ne suflirait pas encore à la parfaite interprétation de l’ontogénèse.
Ce qu’il faut absolument démontrer, c’est la cause et en même temps la concomitance de ces phénomènes, c’est-à-dire par quelles forces la prolifération cellulaire, et les différenciations histologique, morphologique et la localisation de ces différenciations s’accomplissent, et par quels liens ces phénomènes sont en relation entre eux.
On voit donc que les problèmes à résoudre sont beaucoup plus graves qu'ils ne le paraissent au premier abord. Mais pour arriver à une interprétation, exacte et suflisante des phénomènes ontegénétiques, il faut avant tout les analyser minutieusement, afin d'en connaitre la nature intime dans tous ses détails. C’est ce que nous ferons dans ce chapitre.
Commençons par l’examen de la prolifération cellulaire.
Ce phénomène — nous le savons — n’est que la conséquence directe de la division cellulaire, de la cytodiérèse.
Mais, comme l'assimilation est la condition indispensable de,
‘ Ce
| la cytodiérèse (1), on comprend facilement que la prolifération cellulaire ne peut avoir lieu sans l’assimilation.
D'autre part, comme l'assimilation est un phénomène chimique, il exigera, pour son accomplissement, les conditions nécessaires à tout phénomène chimique; c’est-à-dire: 1°) une substance capable d'assimiler; 2) une substance ou des sub-
stances aptes à être. assimilées; 3°) des conditions physiques convenables aux phénomènes de l’assimilation.
Or, toutes ces conditions se trouvent réalisées en partie dans l’oeuf même, en partie dans le milieu ambiant où l'oeuf se développe.
En effet, comme nous le verrons bientôt, l’oeuf contient en lui-même deux substances: le bioplasma et le deutoplasma. Le bioplasma est l’ensemble de toutes les biomolécules et des biomores constituant la substance vivante ovulaire, qui, par conséquent, est capable d’assimiler. Le deutoplasma est un mélange de substances brutes particulières, incapables d’assimiler, mais aptes à fournir au bioplasma les éléments nécessaires pour son assimilation.
Quant aux conditions physiques, l'humidité, la lumière et surtout la chaleur, elles sont fournies par le milieu ambiant, extérieur à l'oeuf.
La prolifération cellulaire ne présente donc pas de dificultés pour son explication.
Il n’en est pas de même de la différenciation histologique. Les idées des Biologistes sur la nature véritable de ce phénomène ne sont pas encore aujourd’hui bien exactes, et c’est là une des causes principales qui s’opposent à la juste interprétation de l’hérédité des caractères dans les organismes issus de la fécondation, et dans les hybrides. Nous verrons, dans une autre partie de ce travail, que la connaissance la plus parfaite de ce phénomène est d’une nécessité absolue, et nous pourrons alors en apprécier exactement la valeur.
(1) GiGLI10-Tos E. — Zes Problèmes de la Vie, 1° Partie. Chap. VI. 1900,