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L'étude des phénomènes de l'histogénèse est, sans aucun doute, très difficile. Aussi, les processus très intimes qui se passent à l’intérieur de la cellule lors de sa différenciation histologique ne sont pas encore bien connus. Cependant nous verrons que les résultats positifs qu’on possède aujourd'hui, sont suflisants pour nous donner une idée assez ce de la véritable nature de l’histogénèse.

Nous examinerons ici quelques-uns des principaux processus histogénétiques, tels que M. DuvaL les expose très clairement dans son traité d'histologie (1); et, comme l’histogénèse glandulaire est la plus simple, la plus typique et celle qu’on doit

considérer comme la base de toutes les autres, je commen-

cerai par celle-ci.

Histogénèse glandulaire. — L'histogenèse des cellules caliciformes de l'intestin peut être choisie, grâce à sa simplicité, comme type de cette espèce d’histogénèse.

Ces cellules ont la forme d’un verre à boire dont les parois sont formées par un protoplasma granuleux plus ou moins abondant à la partie inférieure. C’est dans cette partie que se trouve refoulé le noyau, tandis que la cavité de la cellule

caliciforme est remplie par une masse claire, homogène, pré-

sentant toutes les réactions du #ucus.

Or, c’est un fait désormais bien démontré que cette substance n’est due qu’à la sécrétion du protoplasma des cellules caliciformes. Il y a donc lieu de distinguer dans ces cellules deux substances: 1°) le protoplasma granuleux constituant leurs parois, leur partie inférieure, et s'étendant partiellement à l’intérieur de la cavité, où il ne forme qu’un réseau dont les mailles circonscrivent des vacuoles: c’est la partie vraiment vivante de cette espèce de cellules, c’est en somme leur bioplasma ; 2°) le #rucus, c’est-à-dire une substance qui n’est pas vivante, qui n’est donc pas du bioplasma, et dont la nature spéciale, caractérisant cette sorte d'éléments histolo-

(1) Duvaz M. — Précis d'Histologie. Paris, 1897.

giques, tient à la constitution chimique de la substance vivante: c'est le produit de sécrétion du bioplasma.

Nous pouvons done conclure: /a differencialion hislologique des cellules caliciformes consiste dans ce fail, que le bioplasma de ces cellules, issues de la cellule-oeuf primilive, a acquis une constitution chimique capable de donner, cornme produit de sa sécrélion, la substance chimique spéciale que nous appellons le inucus.

Nous pourrions examiner l’histogénèse d’autres cellules glandulaires quelles qu’elles soient, que nous en obtiendrions le même résultat.

Il est d’ailleurs évident que les substances sécrétées et la forme des cellules pourront être très différentes, et que, en rapport avec la nature des produits de sécrétion, le mode même d'élimination de ceux-ci variera notablement. C’est ainsi, par exemple, que si les substances sécrétées sont liquides, elles pourront diffuser plus ou moins facilement à l'extérieur de la cellule, en en traversant par osmose la membrane. Cela dépendra naturellement de la nature des liquides sécrétés et de la nature de la membrane cellulaire, d’après les lois réglant les phénomènes osmotiques.

Si ces liquides sont facilement diffusibles à travers la membrane cellulaire, ils en seront éliminés aussitôt qu'ils sont produits, et leur présence dans la cellule, peut être, ne sera pas facile à constater. Mais si, au contraire, ils diffusent difficilement, ils s’accumuleront alors dans la cellule et en augmenteront le volume. 5

Enfin, si la substance sécrétée est solide ou presque solide, ainsi que nous le pouvons voir dans les cellules des glandes sébacées, ou de la glande du noir des Céphalopodes, elle ne pourra absolument diffuser; elle s’accumulera à l’intérieur de la cellule jusqu’à la faire crever, et de cette manière aura lieu son élimination.

Cependant, tous ces phénomènes secondaires, qui peuvent varier extraordinairement, ne sont que des modalités sans

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importance pour nos études. Ce qu’il importe

dulaire consiste toujours dans la facullé acquise par le bioplasma de cerlaines cellules de sécréler des subslances spéciales.

Histogénèse des cellules adipeuses. — L'examen de la formation de la graisse dans les cellules adipeuses nous conduit à des conclusions analogues.

En effet, «la cellule adipeuse est, au début, une simple masse de protoplasma avec un noyau: ce protoplasma, avec les matériaux que lui livre le milieu intérieur (sang, lymphe), élabore de la graisse qui apparait d’abord sous forme de fines souttelettes éparses dans le corps cellulaire: ces gouttelettes grossissent, viennent en contact les unes des autres et se fusionnent pour former la grosse goutte de graisse qui distend la cavité centrale de la cellule adipeuse: en même temps, mais tardivement en général, ce protoplasma s’est sécrété une membrane cellulaire » (1).

Nous pouvons donc comparer parfaitement la cellule adipeuse à une cellule glandulaire dont la substance sécrétée, en raison de l’absence de diffusibilité, s'accumule à son intérieur, et nous conclurons que {a difflerencialion adipeuse consiste dans la facullé acquise par le bioplasma de certaines cellules de sécréler de la graisse.

Histogénèse des érythrocytes. — Nous savons que les érythrocytes ou corpuscules rouges du sang des Vertébrés sont des. cellules contenant l’hémoglobine. Quelle que soit leur structure, quelle que soit leur origine, il est indiscutable que cette espèce de cellules, à un stade plus où moins reculé de leur évolution, ne possédait pas encore de l’hémoglobine.

Cependant, comme cette hèmoglobine ne se trouve pas dans le plasma sanguin dans lequel baignent les érythrocytes, on ne peut supposer que l’hémoglobine contenue dans ceux-ci

(1) Duvaz M. — Précis d'Histologie. Paris, 1897, p. 79.

en tous cas de.

constater, c'est que le phénomène de la différenciation glan-

soit due à la pénétration de cette substance de l'extérieur à l’intérieur d'eux. Et, si nous excluons cette origine, nous ne pouvons expliquer la présence de l’hémoglobine dans les érythrocytes, qu’en la supposant un produit de sécrétion de leur bioplasma.

Nous pouvons donc conclure, dans ce cas aussi, que 7a differenciation des érythrocytes consiste dans la facullé acquise par leur bioplasma de secreler l'hemoglobine.

Histogénèse des cellules cornées. — Un phénomène très fréquent dans les cellules de la peau des vertébrés, c’est leur transformation en cellules cornées. Voici comment elle s’accomplit.

Les cellules de la couche de Malpighi donnent lieu, par prolifération, à d’autres cellules qui passent dans les couches supérieures. Tant qu’eiles se trouvent dans la Zone malpighienne, le corps de cellules n’est constitué que de bioplasma, c'est-à-dire qu'on ne voit dans leur intérieur pas d’autres substances que le noyau et les granulations très fines du cytoplasma. Mais, dès qu’elles arrivent, par des déplacements successifs, dans le sh-alum granulosum, on voit que leur bioplasma est semé de gouttes, parfois volumineuses, d’une substance liquide, d’aspect huileux, à laquelle RANVIER donna le nom d’éléidine.

Dans le s{ratum lucidum, qui est une couche superposée à la précédente, les cellules sont plus aplaties et leurs noyaux sont déjà très sensiblement atrophiés: ces cellules renferment également de l’éléidine, non plus sous la forme dé gouttes ou granulations, mais à l’état de masses volumineuses. « Il semble donc que la formation de l’éléidine se fasse d’une manière graduelle, comme une élaboration, commençant dans les couches profondes pour atteindre son maximum dans les couches superficielles du stralum granulosum et enfin infiltrer tout le Stratum lucidum (1) ».

(1) Duvaz M. — Loc. cit., p. 233.

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