‹ Les problèmes de la vieChapitre 36 sur 93 · ES +) WE · texte numérisé non relu

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de la cytodiérèse a une constitution chimique différente de celle que possèdera un des blastomères qui résulteront de la cytodiérèse suivante, l’agrégat cellulaire dérivé de la segmentation de l’oeuf sera toujours formé, à une phase quelconque de son évolution, de blastomères différents entre eux. Si donc nous imaginons, par exemple, que l’évolution suivie par les blastomères soit representée par des voies, sur lesquelles les blastomères s’acheminent vers la différenciation histologique définitive, ces voies seront aussi nombreuses que les cellules de l’agrégat, et l’apparition de deux blastomères nouveaux après chaque cytodiérèse marquera aussi l'apparition de deux nouvelles voies dans leur évolution.

Ce mode de développement hétérogénétique, je l’appellerai developpement polyodique.

Je ne sais si, dans l'énorme variété des phénomènes biologiques naturels, il y a des organismes qui nous présentent ce mode de développement. S'il en était ainsi, toute difrérenciation histologique dans le corps de ces êtres ne devrait naturellement être représentée que par un seul élément, et, par suite, il y aurait autant de différenciations histologiques que de cellules. Mais dans létat actuel de nos connaissances biologiques, de semblables organismes nous sont inconnus. Le développement polyodique n’a donc pour nous aucun intérêt; et cependant, je devais le mentionner afin de considérer tous les modes possibles de développements que la nature peut nous présenter.

Revenons maintenant à la première cytodiérèse de l’oeuf.

J'ai dit que, après celle-ci, il en résulte deux blastomères inégaux, dont l’un est b et dont l’autre est nécessairement, inévitablement égal à ce ou différent de e, c’est-à-dire, égal a la constitution chimique que le bioplasma ovulaire à la potentialité d'acquérir à la deuxième phase de son évolution, ou bien différent de cette constitution.

Or, nous venons de voir que si cette constitution de l’un des blastomères est différente de e, le développement est po-

y rs

lyodique, et nous porte à des conséquences qui ne sont pas absolument absurdes, mais qui ne peuvent pas expliquer les phénomènes ontogénétiques des organismes que nous connaissons. Il ne nous reste donc qu’à faire l’autre des suppositions possibles, c’est-à-dire à supposer que, des deux blastomères issus de la première division, l’un soit » et l’autre égal à c dans sa constitution bioplasmatique, et par conséquent, nous pourrons l'indiquer avec cette même lettre. Le bioplasma ovulaire «4 aura done disparu pour faire place aux deux blastomères b, c.

A la deuxième segmentation, b se divisera en un blastomère e et en un autre égal à 4 où différent. Mais, comme nous venons de voir qu’en le supposant différent de 4, on obtient le développement polyodique, il ne nous reste qu'à le supposer égal à 4. ;

De même, le blastomère £ se divisera à son tour en deux autres, dont l’un 4 et l’autre égal à e ou différent; et si, pour les raisons susdites, nous le supposons égal à e, les deux blastomères nouveaux issus de € seront 4, €.

L'agrégat cellulaire, après le deuxième plan de segmentation, sera donc constitué des quatre blastomères: €, 4, 4, e.

Ainsi, si nous suivons le même raisonnement, à la troisième cytodiérèse, chacun de ces blastomères se divisera en deux autres; c’est-à-dire: € en de; den e,f: dene,f:e en Z, g, et l’agrégat cellulaire résultera formé de ces huit blastoméres: d, 6, 6e, [,..6,T, [ 0.

Dans ce cas donc, en supposant que les deux blastomères issus de chaque cyÿtodiérèse présentent une constitution bioplasmatique égale à celle qui caractérise les phases immédiatement successives de l’évolution de l'oeuf, ainsi que nous l'avons démontré au commencement de ce chapitre, tous les blastomères ne parcourent pas, dans leur évolution, des voies différentes comme dans le développement polyodique, mais une seule voie, et, plus précisément, la voie même qui caractérise l’évolution de l'oeuf.

CPP + 4

J'appellerai done ce mode de développement le wéreloppement inonodique.

On peut voir facilement que, dans le développement monodique, tous les blastomères représentent, par leur constitution, une des phases de l’évolution de l'oeuf. On voit encore que, parmi ces blastomères, quelque nombreux qu'ils soient, il y en a toujours un seul qui est plus avancé que tous les autres dans l’évolution et que j'appellerai le blastomère en tête, et un autre qui est au contraire le moins avancé, et que j'appellerai le blastomère en queue, tandis que les phases de l’évolution, intermédiaires entre ces deux phases extrêmes, sont toujours représentées par un grand nombre de blastomères, nombre qui va naturellement croissant au fur et à mesure que la segmentation progresse, et, par conséquent, à mesure que le nombre total des blastomères augmente.

D'autre part, on peut voir encore qu'à chaque division du blastomère en tête, l'oeuf progresse, non pas d’une seule, mais de deux phases dans son évolution, et qu'à chaque division du blastomère en queue, l'oeuf abandonne une des phases primitives pour atteindre deux des phases successives de son évolution. De cette manière, la distance entre le blastomère en queue et le blastomère en tète va toujours croissant, en même temps que la progression de l'oeuf dans son évolution s'accélère à cause du développement monodique.

Je ne sais si le lecteur, par les seules considérations qui précèdent, a déjà compris toute l’importance que le développement monodique présente pour l'explication des phénomènes ontogénétiques. Peut-être n’arrive-t-il pas encore à cormprendre où je veux aboutir avec cette nouvelle méthode d’envisager l’ontogénèse. Cependant, je crois que, dans le cours de ce travail, il pourra se convaincre facilement que le développement monodique, tout simple qu’il est, nous permettra d'expliquer aisément, avec précision et sans l’aide d’hypothèses spéciales, les phénomènes ontogénétiques et d’en résoudre les problèmes les plus compliqués.

7 En résumié :

1° L'oeuf possède une polentialilé évolutire, qui est determinée par la nature de son bioplasma et par la constitution de son deuloplasma, de son vilellus formaltif particulièrement. 2 Si les conditions sont favorables, l'évolution de l'oeuf

s'accomplil par des phases successives, séparées l'une de.

l'autre par la cylodiérèse.

3° Les Wbastoinères issus de la segmentation de l'oeuf ne

peuvent suivre que deux modes de développement: ou le dé-

suivent la méme voie dans leur evolulion, c'est-à-dire la voie

veloppement polyodique ou bien, le developpement monodique. 4 Le développement polyodique n'est pas suffisant à expliquer les phénomènes onlogenéliques des organismes pluri-

cellulaires connus. Il peut donc élre exclu de nos considé-

ralions.

5° Dans le développement monodique, tous les blastomères

qui caraclerise l'érolulion de l'oeuf.

G° Le developpement monodique est donc le seul qui puisse nous permellre l'explication des phénomènes ontogenétiques.

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