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rissent tendra à simplifier la constitution du milieu interne : mais, dans ce cas encore, ce phénomène ne pourra compenser la complication toujours croissante.
La faculté qu'ont les organismes d’arriver graduellement à une constitution très complexe en partant d’une constitution beaucoup plus simple, cette faculté, qui est une des manifestations merveilleuses de la vie, n’est pas due à une force spéciale du développement, mais tout simplement au mode même du développement. Chaque phase de l'ontogénèse est la cause de la phase suivante, c’est-à-dire qu’elle prépare toutes les conditions nécessaires pour l’accomplissement de l’autre phase.
Ce phénomène de préparation graduelle du milieu interne apte au développement des phases successives peut arriver, dans quelques cas, jusqu’à la préparation non seulement des substances chimiques nécessaires à la nutrition, mais aussi de certaines conditions physiques indispensables pour l’accomplissement des phénomènes chimiques de la vie. Nous en avons des exemples frappants et démonstratifs dans les animaux autothermes.
Dans ces animaux, les réactions chimiques nécessaires à l'entretien de la vie exigent, comme nous le savons, un certain degré de température. Or, tant que l'organisme se trouve dans les phases de son développement embryonal, les réactions chimiques s’accomplissant dans son milieu interne, particulièrement lors des premiers moments de l’ontogénèse, ne sont pas suffisantes, soit par leur petit nombre, soit par leur nature, à développer la quantité de chaleur nécessaire à l’accomplissement des réactions successives. Cette quantité de chaleur doit donc être fournie par le milieu externe: dans les mammifères, par le corps de la mère. Mais, à mesure que le développement progresse, les réactions chimiques, devenant plus nombreuses et plus complexes à cause de l’hétérogénéité toujours croissante de l'organisme, peuvent être suflisantes à produire par elles-mêmes la quantité de chaleur nécessaire à l'entretien des phénomènes de la vie,
On peut donc dire, en peu de mots, que l'organisme sé perfectionne et se complique par lui-même, pendant son développement ontogénétique, en nous présentant, dans ce graduel autoperfectionnement, un exemple de cet automatisme qui nous frappe tant dans l'étude des phénomènes biologiques. Mais nous venons de voir dans ce cas que cet automatisme n’est pas la manifestation d’une force ou d’une propriété spéciale de la substance vivante, mais tout simplement une conséquence naturelle du mode d’accomplissement des phénomènes vitaux.
Revenons maintenant à l'examen de l’organisme cellulaire considéré comme un système symbiotique de cellules, et nous en tirerons des conséquences qui, je l’espère, ne seront pas sans intérêt dans l’étude des phénomènes vitaux.
Tout système symbiotique est constitué, comme nous le savons, par trois facteurs: par le milieu ambiant, par la qualité des membres, ou unités constituantes, et, dans une certaine mesure, par le nombre de ces unités. Le fonctionnement du système symbiotique ne peut donc se faire qu’en tant que ces trois facteurs existent et que les rapports entre eux sont ceux que leur nature exige. C’est dire que si l’un de ces facteurs subit un changement, les autres aussi doivent se modifier corrélativement, sans quoi le système s ymbiotique ne peut plus fonctionner.
Or, dans l'organisme, ces trois facteurs sont représentés par les liquides, sang, lymphe ou autre substance, dans lesquels baignent les cellules; par les cellules, dont le nombre est jusqu’à un certain point déterminé pour chaque phase du développement et dont l’ensemble constitue les organes ou les tissus. Que ces cellules puisent leur nourriture dans le milieu interne, nous n’en pouvons douter; qu’elles s’entr'aident réciproquement dans l’accomplissement de leurs phénomènes vitaux en sécrétant des substances pouvant servir d’alimentation aux autres, c’est ce que nous pouvons arguer indirectement de l’étude des phénomènes de corrélation et directement
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de l’action physiologique de certains produits de l'organisme sur les autres organes.
La vie de l'organisme considéré dans son ensemble est donc le résultat de la vie des cellules qui le composent; et si celles-ci vivent, c’est que les conditions nécessaires au fonctionnement du système symbiotique se trouvent réalisées dans l'organisme même. Tant que ces conditions existeront, l’organisme vivra; mais il périra inévitablement dès que celles-ci manqueront.
Or, le résultat de la vie des cellules constituant les organes est la vie de ces organes mêmes: c’est ce que nous appelons le fonctionnement de l’organe.
La sécrétion des différentes substances de la part des organes, par exemple, des sucs gastrique, entérique, pancréatique etc. par des cellules de l'estomac, de l'intestin, du pancréas etc. est une conséquence inévitable et directe de la vie de ces cellules, c'est-à-dire des réactions chimiques particulières caractérisant l’accomplissement de leurs phénomènes vitaux. L’absorption de certaines substances du sang | par les cellules rénales et l'émission d’autres substances caractérisant l’urine ne sont que les manifestations des phénomènes chimiques d’où résulte la vie de ces cellules.
Dans ma conception, les fonctions des organes n’ont pas pour but la vie de l'organisme. Elles se font, au contraire, d’une manière absolument indépendante de ce but final; et si leur accomplissement aboutit à ce résultat merveilleux qui est la vie de l'être, cela n’est qu’une conséquence nécessaire de la nature même de ces fonctions et des relations existant entre elles; relations desquelles dépend le fonctionnement de tout le système symbiotique constituant l’être et, par conséquent, la vitalité de l'organisme. En peu de mots, l'existence et la fonction des organes n’ont pas un but, mais une cause; et la vie de l’organisme n’est pas leur but, mais tout simplement leur conséquence naturelle.
Certes, si l’on considère l'organisme pluricellulaire lorsqu'il