‹ Les problèmes de la vieChapitre 62 sur 93 · CNP NT PUNTO TT NET · texte numérisé non relu

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dans l'organisme une position bien déterminée par la nature même de sa différenciation histologique et par les phases qu'elle doit parcourir pour arriver au bout de son évolution.

Or, nous avons vu que cette évolution s’accomplit peu à peu par des transformations chimiques, dont les phases sont séparées par des divisions cellulaires, et que ces divisions se succèdent d’une manière assez régulière, suivant un rythme qui est le résultat des durées des périodes assimilatrices des cellules. Il s’ensuivra, par conséquent, que la phase p” de la cellule susdite ne pourra être atteinte qu'après un certain nombre de divisions cellulaires, nombre qui sera déterminé par le nombre même des phases par lesquelles la cellule doit passer pour arriver à sa constitution définitive, et que, par suite, la différenciation histologique de la cellule y” ne s’accomplira qu'après un certain laps de temps, à partir du commencement du développement.

Les différenciations histologiques et leurs localisations dans l’espace et dans le temps trouvent donc dans mon interprétation une explication suflisante et scientifique. Par des raisonnements tout-à-fait analogues, on peut arriver à démontrer la localisation de la différenciation morphologique.

Si nous faisons abstraction de la différenciation histologique, nous pouvons dire que tout organe n’est que l’agglomération de cellules. Or, cette agglomération est naturellement la conséquence directe de la prolifération cellulaire. On comprend donc facilement que la différenciation morphologique, résultat de la prolifération cellulaire, doit, elle aussi, être localisée dans des endroits déterminés de l'organisme et faire son apparition à des époques fixes du développement.

Malheureusement, nos connaissances sur les principes qui règlent la formation des organes et sur les causes déterminant leur forme caractéristique sont absolument insuflisantes ; mais l’étude des phénomènes de l’ontogénèse nous démontre que, très souvent, ces causes et ces principes ne sont que d'ordre purement mécanique.

— 206 — ARR SRE TE Certes, les conditions mécaniques dans lesquelles se trouve un organe pendant sa formation sont, dans la plupart des cas, si complexes qu'il est presque impossible de les apprécier à leur juste valeur et, parfois même, de les connaitre. La forme des cellules, leurs dimensions, leurs proprietés adhésives plus ou moins accentuées, leur rythme même de division, le voisinage d’autres cellules et les propriétés physiques ou chimiques de celles-ci etc. sont autant de causes qui peuvent influer sur la forme de l'organe en voie de développement; mais on peut facilement se convaincre que toutes ces causes sont plus ou-moins directement dépendantes de la constitution chimique des cellules. Nous avons donc le droit de conclure que les causes mécaniques ou physiques déterminant la différenciation morphologique sont, elles aussi, subordonnées à la constitution chimique, et que celle-ci est, dans ce cas encore, la cause primitive et efliciente de la différenciation morphologique.

On voit donc que, dans mon interprétation, la localisation des différenciations histologique et morphologique dans l’espace et dans le temps et la concomitance de ces différenciations sont des phénomènes qui découlent tout simplement des principes mêmes de l'interprétation. Et, comme la vie extraembryonnale de l'organisme n’est que la continuation du phénomène ontogénétique, ainsi que nous l’avons vu, on peut, maintenant, comprendre parfaitement pourquoi et comment les caractères somatiques font leur apparition dans lorganisme à des époques déterminées de leur existence.

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