‹ Les problèmes de la vieChapitre 84 sur 93 · RE A · texte numérisé non relu

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d'un des blastomères. Ainsi que CHaBryY même le fait observer .

souvent dans son travail, les blastomères de ces animaux, étant

peu adhérents, peuvent glisser facilement l’un sur l’autre;

d'autre part, le ou les blastomères tuës ne conservent plus la même adhésion qu'ils avaient auparavant avec les autres blastomères, de sorte que ceux-ci, se déplacant d’après les conditions mécaniques auxquelles ils obéissent, perdent leur position réciproque, en en prenant une autre qui peut évidemment modifier les résultats du développement.

Quoique CHABRY, en décrivant les embryons obtenus de ses

expériences, les appelle demi-individus, un quart, deux quarts,

trois quarts d’individu, il est néanmoins évident que ces expressions ne se rapportent pas à la valeur morphologique réelle des embryons, mais seulement à la valeur de ceux-ci par rapport au nombre des blastomères dont ils dérivent. Car, si l’on examine les descriptions et les figures de ces embryons, on peut facilement se convaincre, à quelques exceptions près, qu'il ne s’agit pas de demi-individus, ou d’un quart, de deux quarts, de trois quarts d’individu, mais presque toujours d'individus morphologiquenient entiers, quoique plus petits que les normaux.

Je suis donc, à ce point de vue, parfaitement d'accord avec DRIEScH; mais je dois avouer que les résultats des expériences que ce savant Biologiste a répétées sur ces mêmes animaux (1), en vue de confirmer ou d’infirmer les résultats obtenus par Caagry, ne peuvent avoir aucune valeur dans cette question. Car DRIESCH n’a pas expérimenté suivant la méthode de CHA- BRY, en tuant les blastomères par piqure et en les laissant en place, mais en secouant les oeufs segmentés, dont il obtenait des blastomères isolés ou des groupes de blastomères. Or, nous avons vu que, dans ce cas, les résultats ne sont pas absolument semblables à ceux qu’on peut obtenir dans les conditions spéciales que nous venons de supposer.

(1) DriescH H. — Von der Entwickelung einzelner Ascidienblastomeren, in: Arch, f. Entwickelungsmech. I Bd., 1895, p. 398.

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Du reste, les expériences de CHABRY présentent un intérêt spécial, parce que la destruction des blastomères a été faite dans -toutes les combinaisons possibles, précisément comme nous l’avons fait dans les solutions précédentes, et il est regrettable que les résultats n'aient pas été décrits plus minutieusement, et que les animaux choisis, ne se prêtent pas le mieux pour l'étude de cette intéressante question, à cause du glissement et du peu d'adhésion de leurs blastomères.

Ainsi, par exemple, CHABRY décrit la formation d’un embryon obtenu après la mort de deux des quatre premiers blastomères pris sur une même diagonale. Au lieu de deux petits embryons entiers, il n’a obtenu qu’un seul embryon; mais il faut remarquer, comme il le fait ressortir lui même (p.294), que les blastomères morts, au lieu de conserver leur position normale, « s'écartent et laissent les deux blastomères vivants s’accoler largement », ce qui est suflisant pour nous expliquer la formation d’un embryon seul.

En effet, dans une autre expérience semblable, où « les deux cellules demeurées vivantes se développent chacune pour son compte, sans s’accoler » (p. 295) CHABRY à vu dériver de chacune de ces deux cellules une blastula et une gastrula et, par suite, deux embryons, dont le développement cependant n'allait pas au delà.

Les expériences de Roux sur les oeufs des Amphibiens (1) ont donné des résultats très intéressants et parfaitement semblables à mes résultats théoriques; et cela, grâce à la plus forte adhésion des blastomères et surtout, je crois, à la présence de la membrane vitelline, qui sert très bien à maintenir les blastomères dans leur position primitive, même après l’expérience.

(1) Roux W. — Ueber die künstliche Hcrvorbringung « halber » Embryonen durch Zerstürung einer der beiden ersten Furchungszellen, sowie über Nachentwickelung (Postgeneration) der fehlenden Kürperhälfte, in: Virchow’s Archiv, 114 Bd., 1888.

On peut facilement constater et vérifier, par l'examen de ce travail, la coincidence parfaite des résultats obtenus par Roux avec mes résultats théoriques.

Roux a obtenu de véritables demi-embryons latéraux (Æerniembryones lalérales) en détruisant lun ou l’autre des deux premiers blastomères (Æesri-embryo dexler et sinisler), mais dans ce cas, le plan de syrnelrie de ces derni-erbryons coïncide loujours avec le premier plan de segmentation.

Il a obtenu aussi des embryons qu'il appelle demi-embryons antérieurs (/Zemi-ernbryones anteriores); mais il est facile de se convaincre que ces prétendus demi-embryons antérieurs ne sont, au contraire, que des embryons morphologiquement entiers, ainsi que HERTWwIG et d’autres Biologistes l'ont déjà fait remarquer. | |

Mais ce qu'il importe surtout d'observer dans ces derniers embryons entiers, c’est que leur plan de Symnélrie est perpendiculaire au premier plan de segmentalion, précisément comme j'en ai donné la démonstration et la détermination exacte. Ce fait, qui naturellement ne plaide pas en faveur de la théorie de la Mosaïque de Roux, a été interprété par ce savant Biologiste comme la conséquence d’un anachronisme dans la formation des plans de segmentation, en supposant que, dans ce cas, le plan de segmentation qui apparemment est le premier, est en réalité le deuxième !

Quoi qu'il. .en soit, il est vrai pourtant qu’on n’a jamais pu obtenir jusqu'ici des demi-embryons postérieurs; car l'embryon que Roux a décrit (p. 136) et figuré (tab. II, fig. 12) comme demi-embryon postérieur, est plutôt un embryon morpholo-

giquement entier, quoique a seulement du normal par rapport

à la masse du corps.

Si les résultats des expériences de HERTWIG (1) ont été

(1) HerTrwiG O. — Uecber den Werth des ersten Furohungszellen für die Organbildung des Embryo, in: Arch, f, mikrosk, Anat, 42 Bd., 1893, p. 739,

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contraires à ceux obtenus par Roux, il faut en chercher la cause dans les conditions spéciales du développement. En -examinant les figures annexées au mémoire d'HERTWIG, nous pouvons constater facilement que le développement a donné lieu à la formation d'embryons morphologiquement entiers, toutes les fois que le blastomère tué se tournait en bas après l'opération. Mais lorsque ce phénomène n'avait pas lieu et qu'il ne se formait qu'un véritable demi-embryon, le plan de symétrie de celui-ci coincidait avec le premier plan de segmentation, ainsi que nous pouvons le voir, par exemple, dans quelques-unes des figures susdites.

L'importance du tournement de l'oeuf dans des expériences de ce genre à dejà été signalée par MORGAN (1), qui cependant n'en à pas reconnu la valeur exacte. Se basant, d’une part, sur des observations de BorN, qui démontrent que si l'oeuf, avant la segmentation, est tourné pôle blanc en haut, il se fait une rotation du vitellus due aux différences dans le poids spécifique des matériaux vitellins, et, d'autre part, sur des observations de O. SCHULTZE démontrant que si l'oeuf, au stade de deux blastomères, a son pôle blanc dirigé en haut, chaque blastomère donne naissance à un embryon complet, MORGAN crut que les différences entre les résultats obtenus par ROUX et HERTWIG dérivaient de la position que l'oeuf prenait après l'opération. Il a donc expérimenté en tuant un des deux premiers blastomères et en laissant développer les oeufs ainsi opérés, partie dans leur position normale, pole noir au dessus, partie retournés pôle blanc au dessus; mais il a obtenu des embryons entiers et des demi-embryons aussi bien dans un cas que dans l’autre.

Mais il faut remarquer que, dans les expériences d'HERTWIG, le blastomère tué tournant en bas, l'oeuf ne faisait pas un demi-tour (180°\, comme dans celles de MORGAN, où il était

(1) MORGAN T. H. — Half-Embryos and Whole-Embryos from one of the first two Blastomeres of the Frog's Egg, in: Anat. Anz. X Bd, 1895, p. 623:

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