‹ Les problèmes de la vieChapitre 90 sur 93 · LEGS A · texte numérisé non relu

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rechercher l'origine de ces proliférations cellulaires pathologiques dont la cause est jusqu'ici inconnue.

Comme conséquence réciproque de ce que nous venons d'énoncer, il s'ensuit que si, par un procédé quelconque, par exemple, par l'exportation d’une portion d'organe, nous diminuons le nombre des cellules de celui-ci, les substances nourrissantes du milieu interne, dont la quantité n’a pas été diminuée, seront proportionnellement plus abondantes, ce qui rompra l'équilibre symbiotique. Si donc, dans l'organisme, il existe encore des cellules capables de suivre leur évolution caractéristique, ainsi que je viens de le démontrer, celles-ci se diviseront ultérieurement, et leur prolifération, tandis qu’elle régénèrera d’autres cellules à une phase d'évolution égale à celle qu’avaient les cellules exportées, en augmentera aussi le nombre. De cette manière, on arrivera peu à peu à la reconstitution de l'équilibre normal. Celui-ci atteint, la prolifération cessera, et l'organisme se retrouvera dans ses conditions normales primitives.

La régénération se fait donc automatiquement; mais cet automatisme est un phénomène naturel, qui ne dépend nullement de facultés spéciales plus ou moins téléologiques ou providentielles de l'organisme, mais du mode même de son développement et des principes de sa constitution.

D'ailleurs, la régénération accidentelle ou pathologique n’est, en dernière analyse, qu’un phénomène analogue à la régénération régulière ou physiologique.

La chute de certains éléments histologiques et le remplacement de ceux-ci par d'autres éléments, c’est là un phénomène qui s’accomplit normalement dans beaucoup d'organismes. Je ne citerai que les faits bien connus de la régénération régulière et physiologique des cellules de l’épiderme, des poils, des plumes, etc.; ainsi que de la muqueuse utérine chez les Mammifères à caduque, des cellules de l'intestin de certains insectes, des cellules du sang chez la femme, des poils et des cellules de la coiffe de la racine dans les végétaux etc.

Le

= Dans tous ces cas, le phénomène se rend manifeste à nos

moyens d'observation, ou bien parce qu'il s’accomplit périodiquement, ou bien parce que les éléments qui se renouvellent sont abondants, ou bien encore parce que la chute et le renouvellement ont lieu dans des parties du corps où l’observation est plus facile et commode. Mais je crois et je suis convaincu que des phénomènes analogues s’accomplissent dans tous les organes et dans tous les organismes, bien que, dans la plupart des cas, ils échappent à nos recherches, ou que là constatation en soit plus diflicile.

* Si l’on suppose, par exemple, que, dans un organe quelconque, les cellules tombent et se régénèrent en nombre très petit, le

phénomène peut bien passer absolument inaperçu; et pourtant,

il est évident que si la chute et la régénération sont continues, elles peuvent aboutir, dans ce cas, à un renouvellement de toutes les cellules de l’organe, aussi bien que dans les cas précédents.

Le renouvellement des feuilles est un phénomène qui ne se vérifie pas moins dans les arbres à feuilles dites persistantes que dans les autres à feuilles caduques, bien que, dans ces derniers, il nous paraisse beaucoup plus évident. Cela est dû naturellement à ce fait, que dans les arbres à feuilles caduques, celles-ci tombent et se régénèrent presque simultanément, tandis que dans les autres, la chute et le renouvellement n’ont lieu que graduellement et peu à peu. |

Cet exemple à uniquement pour but de démontrer que nos connaissances sur les régénérations physiologiques des cellules des organes sont tout-à-fait subordonnées au mode même dont ce phénomène s’accomplit et que, par suite, celui-ci peut bien avoir lieu sans qu’il soit possible, ou du moins facile, de s’en apercevoir.

Or, je crois que la durée de la vie des cellules n’est pas égale à la durée de la vie de l'organisme même qu’elles constituent. Elle est, au contraire, bien plus courte et ses limites sont dépendantes de la nature des cellules. Mais quelles que

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soient ces limites, il s'ensuit nécessairement que toutes les cellules doivent mourir, ce qui fait que d’autres doivent les remplacer à mesure qu’elles périssent. À ce point de vue, l’organisme est une succession continuelle de générations cellulaires se remplaçant sans cesse dans leurs fonctions.

Peut-être sont-ce précisément ces cellules que les phagocytes digèrent à mesure qu’elles meurent. S'il en est ainsi, et j'en suis convaincu, dans la prétendue lutte des éléments histologiques, les phagocytes ne tueraient que des cellules mortes, et leur importante action phagocytaire serait tout-à-fait subordonnée à la mort préalable des cellules qu’ils doivent détruire.

Quoi qu’il en soit, entre la régénération physiologique et la régénération accidentelle il n’y aurait donc pas, d’après mon interprétation, une différence fondamentale; car toutes les deux se feraient de la même manière. Cependant, la régénération accidentelle se rend plus manifeste, parce que les cellules exportées tout d’un coup étant plus nombreuses et formant, par suite, une masse remarquable, leur remplacement frappe plus vivement notre attention.

Quant à l’origine des éléments nouveaux destinés à remplacer les autres qui ont disparu, nous pouvons la détérminer assez exactement d’après notre interprétation, pourvu, bien entendu, que nous connaissions l’origine ontogénétique des éléments en question.

Nous savons que, dans un organisme pluricellulaire, tous les éléments histologiques dérivent nécessairement d’une seule cellule, l'oeuf, par une série plus ou moins longue mais ininterrompue de lignées cellulaires. Si, par suite, nous considérons un organe quelconque, par exemple, l'organe O, que nous supposons formé de cellules po, ño, 0, etc... constituant par leur ensemble toute une lignée cellulaire bo, Co... po, cette lignée sera dérivée inévitablement d’une lignée précedente, que nous pouvons indiquer par les phases Du, Cn ...Dn, et celle-ci, à son tour, d'une autre lignée précédente Um, Cm :::Pm, de manière

mitive D, c...p, issue de la segmentation de l'oeuf.

Or, de même que, dans la constitution de l'organe, il peut

pas encore arrivées à la phase limite p, de leur évolution, mais qui se trouvent encore à des phases intermédiaires, de même

il est possible et même probable que les cellules des lignées

précédentes ne soient pas passées toutes dans la série Do, Co .

Po, Mais qu’il existe encore des cellules à des phases de la

lignée précédente b,, €,...p,. Et si nous étendons le même raisonnement aux autres lignées, nous pouvons prévoir qu’il n’est pas impossible de trouver, dans l'organisme, des cellules à des phases différentes des lignées b,,, C,...p,, ete.

S'il en est ainsi, lorsqu'on enlève une partie des cellules de l’organe O, par exemple les cellules aux phases Do, No, Mo, Lo, on verra nécessairement que les cellules restantes Ro, o, Mo, etc. prolifèreront et donneront lieu à d’autres cellule qui arriveront successivement aux phases des cellules exportées. Nous constaterons donc que la régénération de la partie exportée de l'organe aura lieu aux dépens des autres cellules de l’organe même.

Mais si l’on fait l’extirpation de tout l'organe, on enlèvera de l'organisme toutes les cellules de la lignée , Co ... Po, Ce qui ne pourra empêcher que la régénération de l'organe puisse se faire également. Car, si l'on suppose, ainsi que nous l’avons fait, qu’il existe encore, dans l'organisme, des cellules de Ia lignée b,, C,...p,, celles-ci, par des proliférations successives, arriveront peu à peu à remplacer les cellules exportées. Dans ce cas, nous constaterons que la régénération n’a plus lieu aux dépens des cellules de l'organe même, puisque cellesci n'existent plus dans l'organisme, mais qu’elle ne se fait pas moins aux dépens de cellules qui n’appartiennent pas à l'organe qu’elles ont néanmoins le pouvoir de régénérer.

Or, si les cellules de la lignée b,, €, ...p,, constituent par leur ensemble un autre organe quelconque N de l'individu

que, par une série de lignées, on arrive jusqu'à la lignée pri-

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