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et les transforme en substances égales à celles de son corps. C’est donc un vrai phénomène chimique.
Or, nous disent les biologistes, il y a ici un phénomène chimique qui n’a certainement rien de commun avec ceux de la matière brute. Tous les composés bruts, en réagissant sur d’autres composés, se transforment et perdent, par cela
- même, leur individualite. La substance vivante, au contraire,
en réagissant sur le milieu nutritif ne se conserve pas seulement avec toute son individualité, mais elle a aussi la faculté
- d'en former d'autre. D'où provient donc cette faculté singu-
lière? Ne faut-il pas admettre nécessairement qu'il s’agit ici d’une force spéciale, exclusivement propre à la substance vivante? Ne sommes-nous pas contraints de supposer une force ou une énergie vitale d’où dépendra l’assimilation ?
Cette propension, je dirai même cet enthousiasme, qu'ont parfois certains biologistes à donner une explication des phénomènes vitaux, en partant d’un principe qui n’est nullement scientifique, tel que l'hypothèse d’une force spéciale, a produit, ici encore, ses funestes effets.
Il a détourné les biologistes de la recherche d’une interprétation vraiment scientifique de l’assimilation et les a empêchés d'analyser profondément un phénomène que je regarde comme la base de tous les autres phénomènes vitaux.
C’est pourquoi j'ai dù constater avec étonnement que les tentatives des biologistes pour donner une explication scientifique de l’assimilation et pour la ramener dans la catégorie des phénomènes chimiques de la matière brute ont été bien rares.
Quelques biologistes s’en sont tenus simplement à la constatation du fait, ou, peut-être, ils ont eu l'illusion d’une expli-
- cation, en attribuant à la substance vivante la faculté spéciale
. d’en faire d’autre. Mais, évidemment, cette explication n’est ?
pas meilleure que celle qui est donnée, relativement à la pro-
- priété narcotique de l’opium, dans le Malade imaginaire de
Molière: « Cur opium facil dormire? » « Quia est in e0 virlus dormiliva, cujus est natura sensus assopire »!
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Plusieurs autres biologistes ont tenté une interprétation de l’assimilation en la comparant avec la cristallisation. Mais c'est là une comparaison qui n’a pas de raison d’être.
En effet, l’accroissement d’un cristal est un phénomène exclusivement physique, tandis que l'assimilation est un phénomène essentiellement chimique, ainsi que nous venons de le voir.
Le cristal croit par l’adjonction de nouvelles molécules à celles qui le constituent; cela est vrai. Mais ces molécules sont elles-mêmes constituées d’avance dans la solution où le cristal s’accroit. Ces molécules ne se forment donc pas; elles s'ajoutent tout simplement au cristal par une force physique que nous n’avons pas à étudier ici. Il n’y a donc pas de réaction chimique.
Mais l’assimilation est un phénomène bien différent.
De même que le cristal, la substance vivante croît dans un milieu nutritif, mais il n’y à pas, dans cet accroissement une simple adjonction de molécules. Les nouvelles molécules qui produisent l’accroissement ne préexistaient pas d'avance dans le milieu. Elles se sont donc constituées, et c’est précisément cette constitution qui caractérise l'assimilation. Celle-ci est donc un vrai phénomène chimique.
Dans la cristallisation il y a seulement adjonction de nouvelles molécules; dans l'assimilation il y a constitution de nouvelles molécules. L’analogie entre ces deux phénomènes n’est donc qu'apparente et tout à fait superficielle.
La découverte des intéressants phénomènes de l’osmose avait fait espérer une solution du problème vital de lassimilation, et certains biologistes ont tenté une explication fondée sur ces phénomènes; mais on peut aflirmer que leur tentative n’est pas plus heureuse que celle qui prétendait expliquer l’assimilation par la cristallisation!
L’osmose est, elle aussi, un phénomène physique, exclusivement physique. Comment donc pourrait-elle expliquer un phénomène essentiellement chimique?
4 > L) … … se” AE ©: …
= Lorsqu'une substance, en traversant une membrane orgar ique continue, pénètre dans une vésicule, elle n’est pas, par ce fait, devenue une autre substance. Elle n’aura pas € hangé sa constitution. Elle aura simplement passé de l’exté- “rieur à l’intérieur de la vésicule; voilà tout! 4 Si la vésicule est une cellule, celle-ci aura ainsi accru son volume, mais sa partie vivante sera quantitativement toujours la même. Il n’y aura pas eu d’assimilation. Le phénomène de l’osmose est donc absolument insuffisant + nous expliquer la véritable assimilation.
. Maïs, ici, il faut bien s'entendre sur la signification de ces Bois. Je ne veux pas nier l'importance de l’osmose dans les phénomènes vitaux et dans la nutrition des êtres — nous verrons plus loin comment et combien l’osmose peut aider la celle dans l’accomplissement de ces fonctions — mais il est bien évident que, sans l'intervention d’un phénomène chimique, l'assimilation ne pourrait s’accomplir.
- Enfin, selon les biologistes qui ont reconnu la nature chimique de l’assimilation et qui ont tenté d’en donner une interprétation sur des bases chimiques, le phénomène se passerait > la manière suivante: les molécules de la substance vivante a araient la propriété d'agir sur les molécules du milieu nutritif, en détacheraient des groupes atomiques et les grouperaient entre eux, de manière à en former de nouvelles molécules semblables à elles-mêmes.
. Le phénomène se passerait ainsi en dehors des molécules vivantes. Celles-ci ne prendraient point une part active à l’as- Similation; elles agiraient seulement par leur présence; c’est- 0 ire que pendant tout ce travail chimique compliqué elles subiraient pas de mutations dans leur constitution. Mais cette interprétation n’est pas parfaitement scienti-
En effet, nous pouvons nous demander: quelle est cette force stérieuse qui peut non seulement détacher, des substances ates, quelques groupes atomiques, mais encore les arranger
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