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entre eux de manière à en former des molécules précisément identiques ou semblables à celles de la substance vivante? Y a-t-il, parmi dans les phénomènes chimiques de la matière, quelques exemples d’un phénomène semblable ?
On connaît des corps qui ont la faculté de former d’autres composés, en agissant, comme on dit, de présence. Je citerai seulement l'acide nitrique, qui, dans les chambres de plomb, provoque la combinaison de l’eau, de l’anhydride sulfureux et de l'oxygène pour former de Pacide sulfurique. Mais c’est là une action de présence purement apparente. Aujourd’hui, tous les chimistes s'accordent parfaitement à admettre que l’acide nitrique n’agit pas par sa présence, mais qu’il a une part vraiment active dans ces réactions, en se décomposant et en se reconstituant sans cesse.
D'ailleurs cet exemple n’est pas parfaitement comparable aux phénomènes de l’assimilation, puisque l’acide nitrique, dans les chambres de plomb, ne forme pas d’autre acide nitrique mais de l’acide sulfurique.
Mais il y a encore une autre objection à cette interprétation.
Admettons que les molécules vivantes aient la faculté d’en former d’autres semblables à elles-mêmes; cela ne pourra pas expliquer les phénomènes de la différenciation ontogénétique.
En effet, si les molécules vivantes n’ont que la propriété de former d’autres molécules vivantes semblables, elles ne pourront pas se transformer. Des molécules d’un œuf on obtiendra d’autres molécules d'œuf, c’est-à-dire un autre œuf. Comment se fera la différenciation ontogénétique ?
Il faut donc admettre nécessairement deux choses: 1° que les molécules vivantes ont la faculté de former d’autres molécules semblables ou quelque peu différentes; 2° que les molécules vivantes ont aussi la faculté de se modifier pendant l’assimilation.
C’est ce qu’a précisément fait observer M. DELAGE, lorsqu'il a écrit: « Cependant l’assimilation ne va pas jusqu’à l’iden-
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tification complète. J'espère montrer, dans la 4° partie de ee livre (1), que, réciproquement, la cellule est modifiée elle aussi quelque peu par son aliment et qu’il peut y avoir là une explication du phénomène si obscur de la Différencialion celhulaire dans l’ontogénie ».
Comme je n’ai point l'intention de faire ici une critique des autres interprétations dé l’assimilation, je me borne à la simple citation des travaux de HATSCHEK (2), de HAACKE (3) et de KassowIrTz (4) sur cette question.
Je passe maintenant à l'exposition de mon interprétation et je prie le lecteur de suivre.mes raisonnements très simples et très logiques.
Il faut avant tout, pour concréter nos idées, les fixer sur un organisme qui soit de la plus grande simplicité et dans lequel les fonctions de l'assimilation et de la reproduction ne soient pas masquées par d’autres fonctions. Je crois qu’il n'y à pas, à ce point de vue, de meilleurs organismes que les microcoques.
Faisons donc abstraction de la forme et considérons un microcoque uniquement dans son intime constitution chimique.
Naturellement ce microcoque est constitué de molécules et celles-ci d’atomes. Or, quels que soient le nombre et la qualité des molécules et des atomes qui constituent le microcoque à l'instant précis de sa naissance, c’est-à-dire à l’instant même où il prend origine, par scission d’un microcoque préexistant,
un fait certain c’est que, lorsque ce microcoque se divisera à
son tour en deux autres microcoqués, ceux-ci également au
(1) DELAGE Y. — La structure du Protoplasma et les Théories sur l Hérédité, Paris, 1895, p. 63.
(2) HaTsCnEK. - Hypothese über das Wesen der Assimilation, Lotos-Neue Folge, x1v.
(3) HaAACkE W, — Gestaltung und Vererbung, Leipzig, 1883, p. 130 et suiv.
(4) KassowiTz M. — Allgemeine Biologie, 1 Bd., Wien, 1899, p. 193,
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moment de leur naissance, seront identiques au premier, considéré au même instant de son existence.
Nous ne pouvons douter de cette identité. Puisque ces deux nouveaux microcoques, placés dans les mêmes conditions que le premier, sont capables de donner les mêmes manifestations vitales, il faut bien en conclure qu’ils sont identiques à celui-ci.
Si donc nous appelons «a le premier microcoque au moment de sa naissance, nous pourrons aussi appeler «@ a les deux microcoques qui en dériveront à l’instant même où ils prennent origine par scission du premier.
En conséquence, si le premier microcoque était, à son origine, formé d’un certain nombre et d’une certaine qualité d’atomes et de molécules, chacun des deux autres microcoques sera également formé, à son origine, du même nombre et de la même qualité d’atomes et de molécules. La somme des atomes et des molécules constituant les deux microcoques sera donc double de la somme des atomes et des molécules du premier: a + a = 24.
Supposons maintenant, pour plus de simplicité, que le corps du microcoque soit formé d’une seule molécule. Il est évident que, après sa scission, on obtiendra deux molécules égales entre elles et identiques à la première.
Dirons-nous alors que la première molécile en a formé une autre? ou bien, ne sera-t-il pas plus exact de supposer que la première molécule, après diverses transformations, s'est dédoublée en deux autres molécules égales entre elles et identiques à la première? Laquelle de ces deux interprétations est la mieux fondée et la plus conforme aux lois qui régissent les phénomènes chimiques ?
J’ai dit qu’il n’y a pas, parmi tous les phénomènes chimiques de la matière brute, un seul exemple qui plaide en faveur de la première hypothèse. Les faits mêmes que M. Kassowirz a cités dans son ouvrage, et qu’il nous présente comme des exemples d’assimilation inorganique (anorganische Assimi-
SEEN qu ‘une UE très superficielle et tout à fait oire avec ceux de l’assimilation des organismes !
D'ailleurs, nous ne pouvons pas négliger les résultats poà itifs des observations.
Or, lorsqu'on observe au microscope la reproduction d’un mi- À crocoque ou la division des plus petits microsomes du cyto- plasma ou du karyoplasma, on ne voit jamais se former à coté d'eux un autre’ microcoque ou d’autres microsomes. On . peut, au contraire, constater que toutes ces particules vivantes, quelle que soit leur petitesse, se reproduisent toujours et const amment par un vrai phénomène de scission.
« es donc ne pourrions-nous pas admettre que ce phé- LS de Loue re LE constater Le visu chez les pis
cules? Pourquoi tive nier qu’une éco puisse se er en deux autres molécules, si ce phénomène est assez commun en chimie? Nous l’avons mentionné dans les pages - qui précèdent au type 7° des mutations chimiques de la ma- |tière brute. Je ne vois donc pas pourquoi on devrait refuser -aux molécules des êtres vivants les propriétés que nous accordons aux molécules brutes!
Nous avons vu que la molécule de méthyléthylkétone, sous l'action de l’oxygène, se dédouble en deux molécules d’acide acétique :
| Méthyléthylkétone