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constituent le lichen, devient possible dans des conditions de milieu ambiant qui ne seraient pas suflisantes s’ils étaient isolés; de même que les milliers de cellules qui forment un organisme ne pourraient pas vivre si elles étaient isolées, tandis que leurs fonctions vitales s’accomplissent très bien dans l’ensemble de l'organisme; de même aussi les biomores du bioplasma, qui ne pourraient pas trouver les conditions nécessaires pour leur vie, s’ils vivaient séparés, réalisent euxmêmes ces conditions par leur union dans le bioplasma.
Voici de quelle manière.
Comme nous le savons, les biomores du bioplasma sont différents entre eux, c’est-à-dire que leurs biomolécules sont de structure diverse; il est donc bien évident que leurs substances nutritives et leurs produits de sécrétion doivent aussi être différents. Pourquoi donc les produits de sécrétion de tels biomores ne pourraient-il pas jouer le rôle de substance nutritive pour tels autres?
Il n’est assurément pas facile de donner une démonstration positive de ce phénomène — les rapports très étroits qui unissent entre eux les biomores échappent presque complètement à nos observations, soit à cause de leur complexité, soit à cause des dificultés qui s'opposent à ces recherches — cependant on connait aujourd’hui des faits qui peuvent nous montrer assez clairement que de semblables rapports entre la nutrition et la sécrétion ne sont pas hypothétiques, mais bien réels.
Nous savons, par exemple, que l’oxygène est une substance nutritive des biomolécules et que l’acide carbonique est un des produits de sécrétion. Or, les chloroleucites, qui sont des biomores de la cellule, décomposent par la chlorophylle l’acide carbonique et en assimilent le carbone. Ne voyons-nous pas ici un véritable phénomène de nutrition des chloroleucites aux dépens d’un des produits de sécrétion des autres biomores de la cellule?
De mème, l'oxygène qui se dégage de l'acide carbonique,
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par l’action de la chlorophylle, est un produit de sécrétion (produit de refus) des chloroleucites. Or c’est aux dépens de cet oxygène, au moins partiellement, que les autres biomores respirent. N’y a-t-il pas ici un autre exemple de nutrition de biomores par les produits de sécrétion d’autres biomores ?
De même aussi l’amidon ou les autres substances amyloïdes sont des produits de sécrétion de certains biomores, comme nous l’avons vu dans le chapitre III: or c’est un fait bien connu des Biologistes que ces substances amyloïdes sont assimilées par d’autres biomores. Voilà donc un autre exemple qui nous démontre, encore mieux que les deux premiers, l’existence d’étroits rapports de nutrition et de sécrétion entre les biomores d’une même cellule.
D'ailleurs, les biomores peuvent s’entr’aider de différentes manières que nous ne pouvons connaître parfaitement, mais qui n’en sont pas moins importantes pour cela. C’est ainsi, par exemple, que certains biomores sécrètent des ferments par lesquels les substances nutritives se transforment chimiquement et deviennent aptes à être assimilées par d’autres biomores ; les produits de sécrétion de ceux-ci peuvent, à leur tour, alimenter directement ou indirectement les premiers.
Les biomores constituent, en somme, dans le bioplasma, une symbiose très complexe, dont les relations multiples et très variées ne sont pas encore entièrement connues, et peut-être ne le seront que dans bien des années. Cependant les phénomènes rapportés ci-dessus, et l'examen attentif des manifestations vitales et de leurs liaisons très compliquées sont déjà suflisants pour nous convaincre de la probabilité, sinon de la réalité, de cette symbiose. Et cette probabilité devient très grande, si nous considérons que la conception de la symbiose biomorique nous permettra de résoudre bien des questions qui ne peuvent l’être autrement. C’est précisément ce que nous verrons dans d’autres parties de ce travail.
Les Biologistes, il faut l’avouer, ne semblent pas encore bien disposés, actuellement, à donner une grande extension