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à la symbiose. Toutefois je suis profondément convaincu que ce phénomène ne tardera pas à s'imposer dans l’explication de bien des manifestations vitales, et qu’on devra inévitablement reconnaitre son importance vraiment extraordinaire.
Les principes de la lutte pour la vie, de la sélection na- -
turelle, de la division du travail physiologique sont assurément des principes biologiques excellents; cependant ils ne sont pas suflisants, à eux seuls, pour nous expliquer les phénomènes vitaux. Je crois que les Biologistes d'aujourd'hui n’en doutent plus.
Je n'ai pas l’intention de discuter ici la portée de la théorie darwinienne, qui à jadis été exagérée et qu’on a renfermée aujourd’hui dans ses vraies limites. Mais je ne puis m’empêcher de faire quelques considérations sur les rapports qui relient étroitement la symbiose au principe de MILNE EbWaARps, de la division du travail physiologique.
Ne recherchons point l’origine de cette division, qui est très claire pour quelques Biologistes, mais qui, je l'avoue, est assez obscure pour moi. Ce n’est pas de cela qu'il s’agit ici. Prenons les faits tels qu’ils sont et arrivons aux conséquences qui en découlent.
La division du travail physiologique a pour effet immédiat le perfectionnement des fonctions, et surtout une plus grande différenciation des parties. Mais à quoi servirait cette différenciation sans la symbiose? La différenciation et le perfectionnement d’une partie ne sont utiles à l'organisme qu’en tant qu’elles peuvent aider les autres parties dans l’accomplissement de leurs fonctions.
Je crois qu’il n’est pas nécessaire d'apporter des exemples pour démontrer la vérité de cette assertion, que nous peuvons également étendre à toute sorte de division du travail. En effet, de quelle utilité serait la division du travail social, si les divers produits de ce travail ne servaient réciproquement aux membres de la société?
On voit par là très clairement que la conception de la
division du travail renferme implicitement aussi celle de Ja symbiose. Sans celle-ci la première serait d’une inutilité parfaite.
La vie de l’ensemble du bioplasma résulte de la vie de ses biomores, ainsi que nous l’avons vu. Ceux-ci étant de constitution différente, leurs fonctions vitales aussi seront diverses. Il y aura donc, parmi les biomores, une véritable division du travail physiologique. À quoi bon cette division, si les fonctions des uns n’aident pas les fonctions des autres? Ainsi, l'examen de la substance vivante et l’hétérogénéité de ses biomores nous amènent également à la conception de la symbiose biomorique.
Je ne m'arrêterai pas à démontrer l’importance énorme de la symbiose dans la nature. Chacun pourra facilement s’en convaincre, pour peu qu'il pense aux rapports des êtres. L’é- - quilibre de la nature, la perfectibilité des êtres et des sociétés, le progrès qui s’est réalisé dans la constitution du monde des vivants, s'appuient tous sur la symbiose. Je veux mentionner
seulement, dès à présent, un autre phénomène, qui a été + presque négligé jusqu'ici et qui joue néanmoins, dans l’évo- - lution des êtres, un rôle aussi important que la symbiose: - c'est ce que j'appellerai la « probiose ».
| J'entends par ce mot la vie antérieure des êtres, c’est-à-dire 1 la vie des organismes qui a précédé celle des organismes . successifs. Telle est, du moins, sa signification étymologique. F Cependant, de même que le mot symbiose, dans sa signifi- 4 cation originelle, n'indique pas seulement la vie en commun ; des êtres, mais renferme aussi implicitement l’idée des rapports ; d'utilité que la vie des uns a pour les autres; de même le
mot probiose ne doit pas être indépendant de ces rapports
d'utilité que la vie des organismes qui ont précédé a pour la vie de ceux qui suivront.
La succession des êtres dans la nature n’est qu’une conséquence continue de la probiose. Tels organismes vivent aujourd’hui, parce que tels autres organismes ont vécu aupa-