‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 3)Chapitre 21 sur 97 · CREER OP ET LPO EP PERTE · texte numérisé non relu

CREER OP ET LPO EP PERTE

Le bioplasma du blastomère qui se trouve à la phase f pourra bien encore réagir avec les substances deutoplasmatiques æ si celles-ci ne sont pas épuisées, ainsi que nous pouvons l’admettre. Or, comme les autres blastomères qui se trouvaient auparavant dans cette phase, après l’assimilation, se sont divisés en deux autres blastomères ÿ, h, celui-ci, en continuant son assimilation, se divisera, lui aussi, en deux blastomères g, A.

De même, les 5 blastomères qui sont à la phase g se diviseront à leur tour, chacun en deux blastomères %, 7. Ils donneront donc origine, par leur division, à 5 blastomères X et à D blastomères 2.

Les 10 blastomères } en se divisant, chacun en deux autres blastomères ?, A, produiront, par conséquent, 10 blastomères 7 et 10 blastomères À, et les 10 blastomères ? donneront, par leur division en Z,{, 10 blastomères à la phase X et 10 blastomères à la phase /.

L’agrégat cellulaire résultera donc constitué, après la G° division, d’un seul blastomère g, de G blastomères %, de 15 blastomères 7, de 20 blastomères X, de 10 blastomères / issus de cette G° division, et d’un autre blastomère Z dérivé de la division précédente, c’est-à-dire de 11 blastomères /. A toutes ces cellules il faut encore ajouter les 5 blasiomères X issus de la division précédente et que nous devons considérer maintenant.

Ces 5 blastomères z se diviseront-ils ultérieurement qu non? Si nous admettons que l'assimilation de la part de leur bio-

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plasma soit encore possible, ils se diviseront encore pour donner | origine, chacun, à un blastomère Z et à un autre blastomère, qui sera nécessairement égal à / ou différent. Dans le premier cas, la cytodiérèse des blastomères A sera homogénétique, ce que je ne crois pas probable, vu la difliculté présentée par ce 4

mode de développement biomoléculaire. Dans le deuxième cas au contraire, si l’on suppose le blastomère différent de 4, et : qu’on l'indique, par exemple, avec la lettre »7, naus admettons implicitement dans l'oeuf une potentialité supérieure à celle

que nous lui avons attribuée au commencement de ce chapitre: ce qui est contraire à notre hypothèse.

Qu'arrivera-t-il très probablement? Que ces blastomères ZX, ayant, d’une part, la potentialité de suivre leur évolution jusqu’à W la phase /'et, d'autre part, ne pouvant plus se diviser ultérieurement, se transformeront en / sans se diviser et que, par suite, les 5 Z produiront seulement 5 blastomères Z. #2 - Donc, après la 6° division, l’agrégat cellulaire dérivé de l’oeuf possèdera 58 cellules représentant les phases de l’évolution de l’oeuf comprises entre g et Z. Les phases à, €, 4, e, f'auront disparu complètement; mais la phase limite Z/ ne sera plus représentée par une seule cellule, mais par 16 cellules, c’està-dire que la différenciation histologique, quelle qu’elle soit, caractérisée par la constitution du bioplasma /, sera atteinte par 15 autres blastomères.

De même, à la 7° division, le blastomère g se divisera en h,i; les 6 blastomères }, se diviseront chacun en 2, A; les 15 i en k,/ et les 20 ZX se transformeront en / sans se diviser. Le nombre total des cellules sera alors de 80, dont 51 à la phase limite /.

Après la 8° division, À aura donné z, A; les 7 blastomères i auront donné 7 k et 7 /, et comme les 21 blastomères X de la division précédente se seront transformés en / sans se diviser, il y aura dans l’agrégat des segmentations 514+21+7—79 cellules à la phase limite /, et le nombre total des cellules

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sera de 88.

- Enfin, à la 9° division, ? se divisera en Z, /, les 8 blastomères k se seront transformés en / sans se diviser, et l’agrégat résultera constitué de 79+8+1—SS8 blastomères / et d’un seul blastomère X, qui, à son tour, se transformera en / sans se diviser et, par suite, l’agrégat cellulaire sera définitivement formé de 89 blastomères, qui se trouveront tous arrivés à la phase limite / de l’évolution de l'oeuf.

Nous voyons done que, dans le développement monodique, l'oeuf subit une différenciation dès la première division, et, si

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des deux blastomères b et c, dérivés de la première cytodiérèse, nous considérons l’un d’eux, par exemple #, comme représentant l'oeuf qui a donné lieu à €, on voit qu’en se divisant, l'oeuf a n’a pas seulement produit une autre cellule différente, mais qu’il s’est, lui aussi, quelque peu modifié. On voit encore que les deux phases, dont l’une est la plus avancée et l’autre la moins avancée dans l’évolution, ne sont représentées que par une seule cellule, tandis que les phases intermédiaires le sont toujours par plusieurs cellules; que, la division progressant, une cellule, la plus avancée, atteint, la première, la phase limite de la potentialité évolutive de l'oeuf et, par conséquent, la différenciation histologique qui la caractérise; qu'enfin, si d’autres causes n’interviennent pas pour ‘modifier le phénomène, toutes les autres cellules arrivent à cette même phase de l’évolution, ce qui fait que la différenciation histologique susdite ne sera plus représentée par un seul mais par plusieurs éléments. En outre, nous voyons encore que l’hétérogénéité des cellules constituant l’agrégat cellulaire, va toujours s’accroissant jusqu’à l'apparition du premier blastomère de la phase limite, mais que, à partir de ce moment, elle va au contraire en diminuant, jusqu’à l'instant où l’agrégat cellulaire aura atteint une homogénéité complète, puisqu'il ne sera plus constitué que des cellules à la phase limite.

Tout cela, évidemment, n'aura lieu qu'à ces deux conditions:

1°) que les substances deutoplasmatiques 4, quoique diminuées, ne soient pas complètement épuisées; |

2) que d’autres causes n’interviennent pas pour modifier l’'accomplissement de l’évolution.

Mais si les substances deutoplasmatiques se sont épuisées, après la 6° division par exemple, toute évolution ultérieure sera naturellement arrétée, et l'agrégat cellulaire sera formé d’un certain nombre de cellules dans des phases diverses de l’évolution de l'oeuf, ainsi que nous l'avons démontré. Cet agrégat pourra néanmoins constituer un organisme, c’est-à-dire une

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colonie d'individus différents, lesquels, par leurs fonctions + vitales, pourront entretenir la vie de toute la colonie. Peut-être avons-nous' des exemples de colonies semblables dans quelques-uns de ces organismes inférieurs, dont les individus manifestent évidemment des différences plus ou moins marquées.

Si nous considérons que tous les organismes pluricellulaires ne sont que des colonies de cellules vivant en symbiose, c’està-dire des colonies où les différents individus s’entr’aident réciproquement (car les substances sécrétées par certaines cellules peuvent servir de nutrition à d’autres) et que la complexité plus ou moins grande de ce système symhiotique est dépendante de l’hétérogénéité des individus qui le constituent,

| nous pouvons facilement admettre que l’agrégat cellulaire

issu de la segmentation de l’oeuf puisse former un système

symbiotique et, par conséquent, un organisme pluricellulaire, quoique d’une très grande simplicité.

Nous avons jusqu'ici supposé que, pendant l’évolution de l'oeuf, il n'intervient pas d’autres causes capables de la modifier et nous avons vu quels en sont les résultats. Supposons

L maintenant le cas opposé et examinons quelles conséquences en | découlent. Il est évident qu’il n’y a pas d’autres cas possibles. Supposons donc que, pendant l’évolution de l'oeuf, il puisse se former — par quel mode? nous le verrons plus tard — des substances spéciales chimiques capables d'entrer en réaction avec le bioplasma de certaines cellules de l'agrégat cellulaire. | Nous avons vu, par exemple, que, dans l’agrégat que l’on vient de considérer, les cellules / ne peuvent plus suivre une évolution ultérieure, parce qu'elles ont atteint la phase li-

| mite de la potentialité évolutive de l’oeuf.

Mais si les substances nouvelles, que nous indiquerons par æ,, peuvent servir de nutrition à ces cellules, alors leur bioplasma pourra assimiler et arriver jusqu’au dédoublement biomoléculaire et, par suite, à la cytodiérèse. Le blastomère 7 se divisera donc en deux autres cellules; et si nous supposons que le développement soit toujours hétérogénétique, on pourra

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représenter les nouvelles cellules issues de la division de Z par 0,0.

Or, si les substances æ, ne sont pas aptes, par leur nature spéciale, à réagir avec les bioplasmas des cellules à, ,e,, celles-ci ne progresseront pas ultérieurement et s’arrêteront dans leur évolution à ces deux phases. Par conséquent, après la 6° di-

vision, aussitôt que d’autres cellules à la phase / apparaî-

tront dans l’agrégat cellulaire, elles aussi, en assimilant les substances +,, se diviseront à leur tour en b,, c,. Le nombre des cellules #,, c,, de la nouvelle lignée ira donc s’accroissant à chaque phase de l’évolution de l'oeuf, et cet accroissement s'arrêtera seulement lorsque s'arrêtera la production des cellules / ou bien lorsque les substances , seront épuisées. L’a-

grégat cellulaire, après cette nouvelle prolifération de cellules,

sera donc constitué d'autant de cellules 4, et d'autant de cellules €, qu'il y avait auparavant de cellules /, c’est-à-dire de 89 cellules », et 89 cellules c,, en total 178 cellules, dont aucune ne se trouve plus dans les phases caractéristiques de l’évolution de l’oeuf, mais dans les phases spéciales ,, €,. L'apparition des nouvelles substances de nutrition æ, a donc détourné les cellules / de la voie sur laquelle elles se trouvaient auparavant, et qui représentait la phase limite de la potentialité de l'oeuf, et a placé les cellules de la nouvelle lignée dans une autre direction suivant laquelle elles pourront arriver à une différenciation histologique qui sera évidemment différente de 2.

En effet, nous avons supposé tout à l’heure que les substances æ, ne sont pas aptes à réagir ultérieurement avec les cellules b,, c,. Mais si nous supposons, au contraire, ainsi que l’avons fait pour l'oeuf, que ces mêmes substances puissent encore servir de nutrition non seulement à ces nouvelles cellules, mais encore aux autres qui en dériveront après leur division, toutes ces cellules, sous l’action de ces substances, pourront suivre une série de transformations successives, dont la nature sera dépendante, avant tout, de la constitution chi-

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mique du bioplasma des cellules Z, leur point de départ, et puis de la constitution chimique des substances x,. Le bioplasma / possèdera donc, en présence de ces substances, une potentialité évolutive, tout comme l'oeuf, lui aussi, possédait auparavant une potentialité évolutive résultant des constitutions de son bioplasma et des substances deutoplasmatiques #.

Nous pouvons donc supposer que, ces conditions étant réalisées, les blastomères / possèdent, en présence des substances æ,, une potentialité, qui peut les amener par des transformations et divisions successives, jusqu’à une phase quelconque, par exemple à la phase /,, phase limite de cette potentialité; et, si le développement de ces blastomères est toujours monodique, ainsi que je le suppose toujours pour les raisons que j'ai déjà exposées, on obtiendra, par la division de chaque blastomère , une cellule €, et une autre 4,, et par la division de chaque blastomère ec, une cellule 4, et une autre cellule e,.

De cette manière, le nombre des cellules de la nouvelle liwnée va s’accroissant très rapidement au fur et à mesure que celles-ci s’approchent de la phase limite 7, de leur potentialité évolutive. En même temps, les phases caractéristiques de la potentialité de l'oeuf disparaîtront peu à peu, à mesure que les autres cellules progresseront dans la nouvelle direction de leur évolution, et l’agrégat cellulaire deviendra naturellement toujours plus riche en cellules.

Arrivées à la phase limite /, les cellules auront acquis une constitution bioplasmatique et, par conséquent, une diflérenciation histologique déterminée par la nature des changements subis pendant leur évolution; mais, à cette phase, elles s’arrêéteront évidemment, et, peu à peu, par des divisions successives, les autres cellules, qui se trouvent dans des phases moins avancées, progresseront vers la phase /, et y arriveront successivement. L'’agrégat cellulaire résultera alors constitué de nombreuses cellules, et, plus précisément, de 89 x 89 — 7921 cellules possédant la constitution bioplasmatique caractérisant la phase /,.

Tout cela, évidemment, aura lieu si nous supposons que les”

substances æ, ne soient pas épuisées et que les cellules Z, ne puissent pas trouver, dans le milieu ambiant, d’autres sub-

stances aptes à les nourrir. Mais si l’on suppose que de nouvelles substances 4, apparaissent dans ce milieu et que, par leur constitution, elles puissent servir à l’assimilation des cel-

lules /,, celles-ci se diviseront en deux autres cellules, et de

cette manière, on obtiendra une troisième lignée de cellules,

qui, à leur tour, pourront posséder une potentialité évolutive,

capable de les porter, par des transformations et divisions

successives, jusqu’à -une phase limite nouvelle /,, toujours en suivant le développement monodique.

Après cette troisième lignée de cellules, nous pouvons, d’après le même raisonnement, en supposer une 4°, une 5°.... une n°, et les cellules pourront ainsi arriver à des. différen-

; / ciations histologiques très éloignées de la constitution de

l'oeuf, leur point de départ; mais, pour arriver à ces différenciations, elles seront forcées de passer par les phases intermédiaires de leur évolution.

Tout ce que je viens de dire pour les blastomères / de la 1: lignée, pour les cellules /,, 7, etc. de la 2° et 3: lignée peut être appliqué aussi aux autres cellules précédant la phase /. Nous pouvons supposer, par exemple, que les nouvelles substances nourrisantes +, au lieu d’agir sur les cellules Z, puissent

agir sur les cellules Z, g, 4, î en provoquant un dévelop-

pement monodique différent de celui qu’elles auraient suivi par la simple action des substances deutoplasmatiques æ. Le résultat sera analogue à celui que nous avons obtenu en considérant le blastomère /. Les cellules capables de réagir avec les substances nouvelles seront détournées de leur évolution primitive pour en suivre une autre, dont la nature sera toujours dépendante de la phase présentée par les cellules mêmes et de la constitution chimique des substances qui ont provoqué la déviation de leur évolution.

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me tout ce qui précède on peut donc conclure:

1° Par le développement monodique, les cellules dérivées

de la segmentation de l'oeuf atteignent très rapidement la phase limile de la polentialité évolutive de l'oeuf.

2 Par ce mode de dereloppement, loutes les cellules issues

“. de la division suivent une méme direclion vers la phase li- smile, el, si elles ne sont pas delournées de leur direction par

d'autres causes, arrivent loules à cetle phase.

3° Toute differencialion histologique, quelle que soit sa nature, ne sera donc pas représentée par un seul, inais par plusieurs éléments.

4 Dans l'agrégat cellulaire résullant de la seginentation de l'oeuf, suivant le développement monodique, il y a loujours une cellule plus avancée el une autre cellule moins avancée que les autres dans l'écolulion.

5 La segmentalion de l'oeuf produil dans les cellules de l'agrégal une hélérogénéile qui va toujours croissant jusqu'à l'apparilion de la phase limile. À parlèr de ce moment, l'héelérogénéilé peul diüsninuer jusqu'à disparaîlre complètement.

6° À chaque division de la cellule la plus avancée, l'oeuf progresse de deux phases dans son eévolulion; à chaque division de la cellule la inoins avancée, l'oeuf abandonne une phase primilive de son évolution.

7° Si, pendant la segmentation de l'oeuf, des substances nourrissantes nouvelles peuvent agir sur les cellules de l'agrégat dans une phase quelconque de leur évolution, celles-ci seront délournées de leur direclion prümilive el suivront une autre évolution, qui les amènera à une différencialion chimique dépendant de la phase à laquelle elles se trouvaient au moment de leur déviation el de la nature des subslances qui ont provoque celle-ci.

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