‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 3)Chapitre 41 sur 97 · LA · texte numérisé non relu

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naturellement de l'intensité de la modification du milieu interne. Mais il est évident que l'organe dont la formation dépend de la prolifération susdite ou bien subira des déformations plus ou moins grandes, ou bien encore ne se formera pas du tout.

Cette perturbation dans le développement normal pourra par elle-même être suflisante pour rompre l'équilibre symbiotique et le rendre impossible. Le développement s’arrêtera donc dès ce moment et l'organisme périra. Mais si elle n’est pas trop forte, le système symbiotique, quoique altéré dans ses conditions, pourra néanmoins se maintenir et le développement progressera.

Il faut cependant remarquer que, dans ce cas, l’anomalie dans la formation de la lignée cellulaire susdite pourra amener une altération plus grande dans le milieu interne; car nous savons que la nature de celui-ci dépend de la nature des cellules constituant l’organisme. Il pourra donc arriver que les causes de perturbation de l'équilibre symbiotique, insuftisantes auparavant pour le rompre complètement, s’accroissent de plus en plus à mesure que le développement progresse, et acquièrent une intensité telle que la symbiose et, par suite, la vitalité de l'organisme ne soit plus possible. Le phénomène de la mort se produira alors quelque temps après la première altération du milieu interne, mais la cause primitive n’en sera pas moins à celle-ci.

Nous.arrivons encore à des conclusions analogues, si, au lieu de supposer une altération dans l’un des facteurs du système symbiotique, dans le milieu interne, nous la supposons dans l’autre, dans la nature des cellules. Car, si l’on suppose, par exemple, que, pour une cause quelconque, l’évolution d'une lignée cellulaire ne se fasse pas normalement, ou bien cette lignée n’arrivera pas à donner lieu à une cellule qui puisse être le point de départ pour une autre lignée, et alors le développement s'arrêtera dans ce point et, peut-être, l'équilibre

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étant rompu, la mort s’ensuivra immédiatement : ou bien encore la constitution de cette cellule ne sera pas parfaitement telle que les conditions du développement normal l’exigent, et alors le système symbiotique en subira des perturbations qui pourront le conduire plus ou moins tard à la mort.

Je crois que des cas semblables à ceux que je viens de

considérer à un point de vue théorique, ne sont pas rares dans

la nature. Frappés de la perfection des organismes vivants, nous sommes portés à voir dans l’ontogénèse un phénomène merveilleux par sa régularité et par la précision de son arrivée au but final, et nous négligeons les cas, assez nombreux, dans lesquels ce but n’est pas atteint et où le développement est

interrompu plus ou moins tard. Je fais allusion à ces cas

d’avortement que nous pouvons constater chez tous les animaux, et dont la cause ne peut résider que dans un développement imparfait. Mon interprétation de l’ontogénèse et la conception de l'organisme comme symbiose, nous permettent d'expliquer ces cas d’une manière rationnelle et scientifique.

D'ailleurs, comme les facteurs du système symbiotique, le milieu interne et les cellules, sont, dans l’ontogénèse, reliés entre eux par des rapports très étroits et réciproques ; comme la constitution du milieu interne dépend de la nature des cellules qui l’ont produit, et que la nature de celles-ci dépend, en partie au moins, de la constitution du milieu interne au moment de leur formation, ainsi que nous l'avons vu, il ‘s'ensuit que l’un de ces facteurs ne peut varier sans provoquer une variation dans l’autre ; mais il s'ensuit encore, en mème temps, que si l’un est normal, l’autre aura une très grande probabilité de l'être, lui aussi. Et comme l’origine primitive du milieu interne et des lignées cellulaires est l'oeuf, duquel, nous le savons, dérivent toutes les lignées de cellules constituant l'embryon, il est évident que, supposé normale la constitution de l'oeuf et favorables les conditions dans lesquelles celui-ei devra se développer, il n’y a pas de raisons pour admettre que le développement ne se poursuive pas normalement,

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