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contraires à ceux obtenus par Roux, il faut en chercher la cause dans les conditions spéciales du développement. En examinant les figures annexées au mémoire d'HERTWIG, nous pouvons constater facilement que le développement à donné lieu à la formation d’embryons morphologiquement entiers, toutes les fois que le blastomère tué se tournait en bas après l'opération. Mais lorsque ce phénomène n'avait pas lieu et qu'il ne se formait qu'un véritable demi-embryon, le plan de symétrie de celui-ci coincidait avec le premier plan de segmentation, ainsi que nous pouvons le voir, par exemple, dans quelques-unes des figures susdites.
L'importance du tournement de l’oeuf dans des expériences de ce genre à dejà été signalée par MORGAN (1), qui cependant n'en à pas reconnu la valeur exacte. Se basant, d'une part, sur des observations de Borx, qui démontrent que si l’oeuf, avant la segmentation, est tourné pôle blanc en haut, il se fait une rotation du vitellus due aux différences dans le poids spécifique des matériaux vitellins, et, d'autre part, sur des ohbservations de O. ScHuLTrzE démontrant que si l’oeuf, au stade de deux blastomères, a son pôle blanc dirigé en haut, chaque blastomère donne naissance à un embryon complet, MORGAN crut que les différences entre les résultats obtenus par ROUX et HERTWIG dérivaient de la position que l'oeuf prenait après l'opération. Il a donc expérimenté en tuant un des deux premiers blastomères et en laissant développer les oeufs ainsi opérés, partie dans leur position normale, pôle noir au dessus, partie retournés pôle blanc au dessus; mais il a obtenu des embryons entiers et des demi-embryons aussi bien dans un cas que dans l’autre.
Mais il faut remarquer que, dans les expériences d'HERTWIG, le blastomère tué tournant en bas, l'oeuf ne faisait pas un demi-tour (180°, comme dans celles de MoRrGAN, où il était
(1) MORGAN T. H. — Half-Embryos and Whole-Embryos from one of the first two Blastomeres of the Frog's Egq, in: Anat. Anz, X Bd, 1895, p. 623-
Un V
retourné pôle blanc en haut, mais seulement un quart dæ. tour (90°), ce qui est de la plus grande importance. Car, dans F: ce cas, ainsi que je l'ai démontré, le blastomère de la phase n limite, souche du groupe cellulaire médian, a la plus grande probabilité de n'être pas contigu au premier plan de segmen= À tation et, par suite, le développement peut très probablement | donner lieu à la formation d'un embryon morphologiquement 4 entier; tandis que, dans les expériences de MORGAN, la probabilité que peut avoir ce blastomère de la phase limite de < se trouver contigu au premier plan de segmentation est à peu près la même, aussi bien dans les oeufs à pôle noir au dessus à que dans les autres à pôle blanc en haut. |
D'ailleurs, si les demi-embryons obtenus des oeufs à pôle noir en haut ont été plus nombreux que les demi-embryons obtenus des oeufs retournés, cela est dû moins au renver- … sement de l'oeuf qu'aux conditions mécaniques de pression auxquelles celui-ci est soumis dans ce genre d'expériences, ainsi que nous le verrons dans les problèmes suivants sur l’action de la compression pen:lant le développement.
ENDRES et WALTER ont obtenu, eux aussi, la formation de véritables demi-embryons (1) en tuant un des deux premiers blastomères:; mais dans ce cas encore, ainsi qu'on peut le vérifier par les figures annexées à leur travail, le plan de syinélrie de l'embryon coïncide avéc le premier plan de seg- « menlation. |
S VIIL
Des effets de la compression sur le développement ontogénetique,
Au chapitre IX de la I° Partie de ce travail, j'ai démontré que les directions des plans de segmentation ne sont déter-
(1) ENDRES H, u. WaLTEerR H, E., — Anstichrersuohe an Eïern von Rana Jfusca, in: Arch. Entwickelungsmech. II Bd,, 1896, p. 38.
minées que par les conditions mécaniques mêmes dans les- quelles l'oeuf se trouve pendant son développement, et que ces
2 directions peuvent être connues d’une manière mathémati-
quement précise, pourvu que l’on tienne un compte exact de la valeur de ces conditions. Ce qui fait qu’en partant de ce même principe, il est possible de déterminer d'avance les directions
des plans successifs de segmentation des différents oeufs, non
seulement dans les conditions normales, mais aussi dans des conditions artificielles, c'est-à-dire lorsque les oeufs sont sou-
mis à une compression quelconque dans tous les sens possibles.
Je ne reviendrai donc pas sur ce sujet et je renverrai le lecteur à ces déterminations. Ce qu'il faut maintenant examiner, c’est l'importance que les directions des plans de segmentation peuvent avoir dans le développement ontogénétique. Cette question, que je posais déjà en terminant la [° partie de ce travail, peut être à présent résolue d’une manière aussi simple et facile que rationnelle et scientifique.
Que la direction des plans de segmentation ait une importance capitale dans le développement ontogénétique pour les interprétations de l’ontogénèse qui se basent sur l’anisotropisme de l'oeuf ou sur le principe d’une préformation quelconque de l’organisme dans l'oeuf, c'est ce qu’on comprend très facilement. Mais il est évident qu'elle ne peut avoir qu’une importance tout-à-fait secondaire dans mon interprétation, où le principe de la localisation des différenciations est absolument indépendant de la constitution morphologique de l'oeuf.
Le lecteur comprendra parfaitement, après l’exposition des principes de mon interprétation que j'ai donnés dans les cha-
-pitres précédents, que le développement monodique, étant une conséquence de la constitution chimique de l'oeuf, ne peut subir aucune modification de la part des directions différentes
des plans de segmentation, c’est-à-dire qu’il s’accomplira également, quelles que soient les conditions mécaniques agissant sur la segmentation de l'oeuf, et que le résultat final sera
toujours parfaitement le même.