‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitauxChapitre 10 sur 47 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les cellules somatiques et les cellules génétiques.

SOMMAIRE: La mort des organismes est fatale — Ses causes intimes — ni 5 étroits rapports entre les cellules et le milieu interne — Nécessité de la re-. production — Les cellules somatiques et les cellules génétiques. 15

Nous avons vu dans la Ile partie de cet ouvrage que, si l’on fait abstraction de toutes les productions morphologiques ef histologiques, caractérisant les différents organismes, l’ontogénèse se réduit, en dernière analyse, à la succession inin- à terrompue de lignées cellulaires, plus ou moins nombreuses, à dérivant de l’oeuf. Ce sont les cellules de ces lignées qui, par … leurs différenciations histologiques, et morphologiques, COR stituent les organes, et, par suite, l'organisme tout entier.

Nous savons encore que la vie de l'organisme n’est possible qu'en tant que les cellules qui le constituent, forment par leur ensemble un système symbiotique, c’est-à-dire en tant À que ces cellules s’entr’aident réciproquement en produisant des substances qui, directement ou indirectement, peuvent servir à la nutrition des autres cellules.

On peut donc prévoir facilement, ainsi que je lai déjà fait remarquer dans le chapitre XII de la Ile partie, que la série de ces lignées cellulaires, quelque longue qu’elle puisse être, aura néanmoins une limite, c'est-à-dire qu’il arrivera nécessairement une phase de la vie où deux choses seront possibles : 4 ou bien les lignées cellulaires ne pourront donner lieu à

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vi Dent dans chacun de ces deux cas, la vie ne sera us possible, et l'organisme périra. La mort est donc une # nséquence nécessaire, inévitable de la vie même, telle que > la considère dans mon interprétation, et on comprend en- a: ore parfaitement comment les limites de la vie sont déterinées dans chaque organisme et intimément subordonnées à la constitution du corps.

Mais en disant que la série des lignées cellulaires, c'estdire des transformations chimiques qu'elles représentent, a ane limite, je ne veux pas dire que ces transformations cessent bsolument. Elles continuent au contraire, mais leur résultat ie peut plus constituer la vie de l'organisme. à La conception de la vie de l'individu n’est pas liée seulement ra aux transformations continuelles des parties qui les forment, mais à ces transformations chimiques en tant qu’elles forment oujours un système symbiotique.

es partisans des théories vitalistes, quelle que soit la si- | gnification qu’on veuille donner à ce mot, croient trouver, \ lan s les transformations chimiques que la substance vivante ubit après la mort, une preuve en faveur du vitalisme. Ils dient dans les réactions chimiques caractérisant la vie les fre: ts d’une force ou d'une énergie vitale spéciale, et les transru ations chimiques que subit la substance vivante après la iort, seraient, d'après ces Biologistes, les transformations èmes que cette substance subirait si elle était soustraite à +4 action de cette énergie. ï Mais ngus pouvons nous convaincre facilement que cette L Ypothèse n’a pas de raison d'être et que le raisonnement % at à démontrer sa nécessité n’a que l'apparence de la gique.

jn effet, nous savons que la nature des réactions chimiques per ïd avant tout de la constitution chimique des substances

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les réactions chimiques caractéristiques de la vie, dépendent … étroitement de la constitution chimique des cellules d’une part, et de celle du milieu interne de l’autre.

Or, tant que ce milieu interne se conserve favorable à ces … espèces de réactions, celles-ci continueront à se produire, et cela, sans la moindre nécessité d’une énergie spéciale. Mais dès que ce milieu changera, quoi de plus naturel que les réactions chimiques changent, elles aussi?

Si donc, après la mort, les réactions chimiques de la substance jadis vivante, sont bien différentes de celles qui caractérisent la vie, cela est dù tout simplement à ce fait, que les biomolécules n'étant plus soumises à l’action du milieu interne, mais à celle du milieu externe, elles subiront les transformations chimiques que celui-ci pourra induire dans leur constitution.

Nous devons en somme nous rappeler toujours que, ainsi que toutes les réactions chimiques de la substance brute, celles de la substance vivante aussi sont dépendantes de la nature des corps réagissants, et que les réactions caractéristiques de la vie ne sont possibles qu’en tant qu’existent les conditions intrinsèques et extrinsèques, comme je l’ai démontré au chapitre I de la Ie partie de cet ouvrage. Mais ces conditions. n’exigent nullement l'hypothèse d’une énergie spéciale.

Quoi qu’il en soit, ce que nous devons constater ici, c'est simplement ce fait: que la série des lignées cellulaires de l'organisme ne pouvant être indéfinie, elle aura une limite, et que, par suite, l'organisme périra.

Or, si la mort de l’organisme était suivie de la mort de toutes, absolument toutes les cellules qui le forment, évidemment cet organisme disparaïtrait sans laisser des réprésentants de son espèce. Mais si cela n’arrive pas, c’est qu'avant la mort de l'organisme, des cellules spéciales de son corps ont la faculté de donner origine à d’autres individus de la même espèce.

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ral de la mort, l'espèce se conserve et que la vie peut se | erpétuer sur la terre.

On doit donc distinguer dans tout organisme deux sortes de cellules: les cellules incapables de régénérer l'organisme at constituant son corps, son so, les cellules somatiques, en somme, destinées inévitablement à la mort; et les cellules capables de régénérer un organisme semblable à celui même dont elles dérivent, les cellules génétiques ou reproductrices, lesquelles évidemment ne périssent jamais, du moins virtuelament.

I s'agit maintenant de voir comment ces cellules acquièrent | cette faculté reproductive. Il s'agit en peu de mots d'expliquer les phénomènes de la reproduction.

4 C'est ce que je vais tenter de faire dans les chapitres suivants.

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