SORTE
dans l’oeuf, et cet éloignement continuerait toujours sans le concours de conditions spéciales. C’est d’ailleurs ce qui arrive aux cellules somatiques, lesquelles, quoique dérivant elles aussi de l’oeuf, tout comme les cellules génétiques, s’éloignent toujours de la constitution de l’oeuf et perdent même la faculté de pouvoir y revenir. D'où l'impossibilité dans ces cel- Jules de reproduire l'organisme.
Il est donc indispensable qu’à une phase quelconque du développement ontogénétique, des substances spéciales du milieu interne, en agissant sur les cellules somatiques à une phase particulière que nous avons indiquée par p”, les détournent de leur direction primitive pour les acheminer dans une autre direction les amenant à la reproduction. |
Cette phase et ce moment du développement, que nous avons appelés phase et moment génétiques, sont de la plus grande importance dans les phénomènes que nous considérons, parce que c’est à cause de ces facteurs que des cellules qui, sans eux, ne seraient devenues que des cellules somatiques comme les autres, deviennent au contraire des cellules génétiques.
À partir de cette phase et de ce moment, la constitution biomoléculaire de ces cellules, quoique s’éloignant encore de plus en plus de la constitution primitive qu'avait l’oeuf, s’en rapproche cependant peu à peu. Elle s’en éloigne en tant que la constitution des biomolécules se complique de plus en plus; elle s’en rapproche en tant que cette même croissante complication amènera les biomolécules à un arrangement atomique tel qu'il est nécessaire pour leur dédoublement en deux biomolécules égales à celles de l'oeuf.
Dans toute la période de préparation de ces cellules, nous devons donc distinguer deux autres périodes: une « période progénélique >» et une « période génétique ».
La période progénétique s'écoule entre le commencement de la segmentation de l'oeuf, c’est-à-dire entre le commencement de l’ontogénèse et le moment génétique; la période génétique va du moment génétique à la phase de maturation.
Bidon:
tr a" Fr er « L 4 ae
ériode proge ns Fest pas caractéristique des cellules snétiques mais e e re est pas moins indispensable, Elle | st pas caractéristique, en tant que d'autres cellules, devenant plus tard des cellules somatiques, passent par les phases de cette même période : elle est indispensable d'autre par en tant que, sans ces phases, les cellules n'auraient pu arriver à la phase p", point de départ pour la différenciation génétique.
La période génétique au contraire est vraiment caractéri- stique des cellules génétiques, parce que par ces phases ne passent que des cellules destinées à devenir des cellules gérétiques.
On ne doit pas croire cependant que les cellules dérivant des cellules à la phase génétique deviennent toutes, absolument outes, des cellules génétiques, aboutissant au dédoublement autogénétique et, par suite, à la reproduction.
De même que dans l'ontogénèse, bien que toutes les cellules de segmentation et les cellules des autres lignées ultérieures soient, à cause du développement monodique, dirigées vers la même phase, à savoir la phase limite de la lignée à laquelle elles appartiennent, elles n'y arrivent pas toutes, parce qu’elles en sont détournées par les substanses du milieu interne; de même aussi, les cellules génétiques, quoique toutes dirigées vers la même phase finale, et destinées par suite, dès leur origine primitive, à devenir des cellules reproductives, peuvent néanmoins, pendant la période de préparation génétique, en être encore détournées avant d'arriver à la phase dernière. Il se formerait donc, dans ce cas, des cellules qui, d'une part, ne seraient pas des cellules somatiques, parce qu’elles dérivent de cellules se trouvant déjà dirigées vers la diflérenciation génétique, et qui, d'autre part, ne sont pas des cellules génétiques parce qu'elles ont abandonné la route qui les amenait à cette différenciation avant de l'avoir atteinte. Ce raient donc des cellules spéciales que j'appellerai les « cel-
les paragéneliques ».
Te
Les cellules de cette espèce ne sont pas rares dans les êtres pluricellulaires. Elles concourent à la constitution des organes reproducteurs, des ovaires et des testicules, où nous voyons que les cellules qui les forment ne peuvent suivre toute l’évolution génétique. Les cellules folliculaires, par exemple, et peut-être d’autres cellules de l’ovaire er des testicules dans les différentes espèces d'animaux seraient des cellules de cette sorte.
Mais si nous faisons abstraction de toutes les autres cellules et ne considérons que les cellules génétiques, nous voyons que celles-ci, soit par les actions des milieux internes, soit encore par la préparation qu’elles peuvent subir peu à peu dans l’arrangement de leurs atomes, tentent d'arriver à l'achèvement de leur cycle évolutif, c'est-à-dire de revenir à leur point de départ, à l'oeuf. Et si nous supposons que cela soit possible, chaque cellule génétique arrivée à la dernière phase de son cycle évolutif se divisera évidemment en deux autres cellules, dont chacune contiendra les biomolécules mâles et femelles telles que l’oeuf les contenait, et, par suite, chacune d'elles sera un oeuf et aura la faculté de produire un organisme égal à celui même dont elle est dérivée, et cela sans fécondation préalable.
De chaque cellule génétique dériveront donc deux oeufs et par suite, de chacune naïitront deux individus, c’est-à-dire qu'en même temps que la reproduction, aura lieu aussi une multiplication, ou pour mieux dire une duplication; car les individus naissant de chaque cellule ne peuvent être que deux.
Cette multiplication, cette duplication cependant n’a pas toujours lieu. Nous verrons plus tard, lorsque nous traiterons de la parthénogénèse, quelles sont les causes qui peuvent l'empêcher.
Mais la véritable multiplication ne se fait pas à l'instant même de la reproduction. Elle se fait avant celle-ci pendant toutes les phases de la préparation génétique.
Ca
PE us avons vu € an s la I partie de ce travail que par le léveloppement monodique, base de l'ontogénèse, toutes les Dis issues de la segmentation de l'oeuf se trouvent ache- minées dans une même direction et que, si d'autres causes ne les détournent pas de leur direction primitive, elles arrivent successivement à la phase limite de leur évolution. Nous avons vu encore, au chap. XV de la Il* partie, qu'en Supposant, par exemple, que les phases de l'évolution de l'oeuf . ne soient que 14, ce qui est, dans la plupart des cas au moins, inférieur à la réalité, 610 cellules arriveraient successivement à la phase limite de l'évolution de l'oeuf.
Il est donc évident que si nous appliquons à la phase génétique p" un raisonnement analogue, de nombreuses cellules arriveront successivement à cette phase, pour commencer à
. Jeur tour leur développement génétique les amenant à leur phase dernière, à la phase de reproduction.
Nous ne pouvons connaître ce nombre, qui d’ailleurs doit varier naturellement dans les différentes espèces des êtres ; mais si l'on considère que, d'une part, les phases de l'évolution de chaque lignée cellulaire sont, dans la réalité, plus nombreuses que celles que nous venons de supposer dans notre exemple; et que, d'autre part, la phase génétique p" n'apparait généralement qu'après une série de plusieurs lignées cellulaires commencer de la segmentation, nous pouvons facilement arguer que le nombre des cellules arrivant successivement à la phase génétique doit être enormément grand.
Je rappelleraiï ici ce que j'ai dèjà fait remarquer au chap. XV pag. 345) de la Il° partie de cet ouvrage (1). Si l’on supposait, par exemple, que cette phase génétique paraît à la in de la troisième lignée cellulaire et que chacune de ces lignées n'avait que 14 phases d'évolution, suppositions qui sont é videmment inférieures à la réalité, les cellules arriveraient
ant Le ie Vote MS SE de SE
dnag”
EL] D La
| a) Giërio-Tos E. — Les problèmes de la via. Il° Partie, L'ontogénèse t ses problèmes, Cagliari 1903,