‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitauxChapitre 30 sur 47 · LA AE · texte numérisé non relu

LA AE

pa Lie HNTS Pieds à due la somme e de deux nombres impairs est toujours un nom ré

ire part, si ce chromosome impair ne pouvait se rêgénérer par lui-même, il devrait disparaitre dès la première génération, car les spermatides ne pourraient le contenir et le transmettre à l'oeuf qu'ils fécondent.

On voit donc que la présence d’une particule quelconque impaire dans un des deux gamèêtes nous conduit inévitablement à la conclusion que, d’une part, cette particule doit disparaître dans l’un des gamêtes, parce qu’elle est incapable de se régénérer, et d'autre part, qu’elle doit se régénérer par elle-mêmé dans l’autre gamête. |

Quant à l’époque de sa disparition, cela est parfaitement indifférent. Nous pouvons seulement arguer qu’elle disparaîtra à une phase quelconque de la période de DE. ou de maturation génétique.

Ces conclusions, nous pouvons les appliquer à d’autres biomores de la cellule, par exemple au corpuscule central, et nous trouverons dans ce cas une explication de l’intéressante question, aujourd’hui très controversée, sur l'importance du corpuscule central dans la fécondation.

Comme je l’ai déjà fait remarquer dans la [° partie, et ainsi qu’il ressortira encore mieux dans les pages suivantes, le corpuscule central n’a pas une importance prépondérante dans la cellule. Il n’en est qu'un des biomores, d’une constitution chimique spéciale, et, par suite, quelquefois facilement reconnaissable; mais il n’y joue pas un rôle plus important que les autres biomores. Il est, tout comme ceux-ci, un membre du système symbiotique formant la cellule et, à ce point de vue, nécessaire pour la formation complète du système.

Il s'ensuit que, dans notre interprétation, nous ne sommes pas forcés d'admettre sa présence ou son absence dans l’oeuf ou dans le spermatozoïde. Cela est absolument indifférent pour nous, et dépendra de l’espèce d'organisme que nous considérons,

fin: cr # ; Latt € (1427 die  DER FAST ITR PEU

.XÉe hs. re “ V v L + Cependant les phénomènes que nous y remarquerons dans

ces cas différents ne seront pas identiques.

Y-a-t-il, dans chacun des gamêtes, le corpuscule central ? Cela est parfaitement possible; car, bien que l'absence de l'ovo-

L centre ait été constatée dans la plupart des oeufs, cela n'im-

| nd * . . LL .

plique pas qu'il en soit toujours ainsi dans toutes les espèces. Or, s'il en est ainsi, l'oeuf, après la fécondation, contiendra

deux corpuscules centraux, le spermocentre et l'ovocentre, Après la période assimilatrice, chacun de ceux-ci se divisera, ainsi que tous les autres biomores, et pendant l'orientation

biomorique qui en suivra, cause de la cytodiérèse et, dans ce cas, de la première segmentation de l'oeuf, chacun des deux corpuscules centraux se portera à l'extrémité du fuseau. Dans chaque centrosphère du fuseau de segmentation, nous trouverons donc deux corpuscules centraux, dont l’un dérivé de la bipartition du spermocentre et l’autre de la bipartition de l'ovocentre.

Ces corpuscules ne se fusionneront pas. Ils resteront au contraire indépendants, et chacune des cellules de segmen- tation en contiendra, à l'instant de sa naissance, toujours À deux, tout comme elles contiennent des chromosomes provenant moitié de la mère et moitié du père.

Or, dans les cellules génétiques dérivées de ces cellules, nous trouverons encore les deux sortes de corpuscules centraux, et à la phase de synapsis nous pourrons constater, pour cette espèce de biomores, le même phénomène que nous venons & de décrire pour les autres, c'est-à-dire leur fusionnement et leurs divisions successives en quatre corpuscules. D'où la formation, d'une part, de quatre corpuscules centraux mâles et disparition du corpuscule d'origine femelle, dans les spermatocytes; d'autre part, formation de quatre corpuscules femelles et disparition du corpuscule mâle dans l'ovocyte.

Dans ce cas donc il existera, lors de la fécondation, une véritable quadrille des centres, ainsi que FoL l’a décrite chez les oeufs d'oursins,et que d'autres Biologistes l'ont plus tard re-

trouvée dans les oeufs d'autres espèces d'animaux. À remarqüer c'pendant que le fusionnement des deux corpuscules centraux dans les centrosphères du premier fuseau de segmentation n'aura pas lieu, contrairement à ce que Fo a exposé et conformément à ce que d’autres Biologistes ont constaté.

Mais si dans chaque cellule génétique, à l'instant de sa naissance, nous ne voyons qu’un seul corpüscule central, cela nous indique que celui-ci doit disparaitre dans l’une ou dans l’autre des cellules sexuelles, et, par conséquent, qu’il est capable de se régénérer par lui-même, sans besoin de l'addition avec un corpuscule central de l’autre sexe.

Que ce corpuscule disparaisse dans l’oeuf ou dans le spermatide, cela est parfaitement indifférent dans notre interprétation. S'il est capable de se régénérer par lui-même dans ‘le spermatocyte, nous le verrons grossir et puis se diviser deux fois successivement, tandis que dans l’oeuf il disparaitra. C’est précisément ce qu'on constate chez la plupart des êtres et dans ce cas, l'oeuf ne possèdera évidemment qu’un corpuscule central, le spermatocentre. Si, au contraire, c’est l’ovocentre qui peut se régénérer par lui-même, le spermatocentre disparaîitra et l’oeuf ne possèdera qu’un seul corpuscule central, l’ovocentre. C’est ce que WHEELER (1) a constaté chez Myzosloma glabrum.

Or nous savons que la possibilité qu’ont les biomolécules de se régénérer, est dépendante de leur constitution chimique et de la nature des transformations qu’elles doivent subir pour arriver à la phase nécessaire à leur dédoublement. Nous savons encore que ces transformations chimiques ne sont pas les mêmes dans les deux sortes de cellules sexuelles. Rien donc de plus naturel que ce phénomène soit possible pour les biomolécules du spermatocentre de certaines espèces, ou bien pour les biomolécules de l’ovocentre de certaines autres, ou bien encore impossible pour les biomolécules des deux sortes de

(1) WHeELER. — Journ, of Morphol., vol. X, 1895.

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co püscules centraux, et, dans ce dernier cas, leur régénération

1e pourra se faire sans l'aide de l'addition biomoléculaire.

| Si maintenant nous passons à examiner l'addition biomo- léculaire interne chez les êtres unicellulaires, nous y trouverons des phénomènes analogues à ceux que nous venons de décrire.

L'être unicellulaire, né de la division d'un individu fécondé, ‘ arrivera pur une série plus ou moins longue de bipartition constituant sa période de préparation et, par suite, de multiplication, jusqu'à la dernière phase de son cycle évolutif, à la phase de maturation. Jusqu'ici, il aura le nombre normal de chromosomes, moitié d'origine paternelle, moitié d'origine maternelle. Pendant la phase de maturation, les biomolécules subiront, tout comme dans les cellules sexuelles des êtres pluricelluluires, les transformations qui doivent les amener à l'addition biomoléculaire. Celle-ci accomplie, le nombre des chromosomes sera réduit à moité, et dans chaque individu les chromosomes ne seront que mäles ou femelles. Les deux divisions successives caractéristiques donneront lieu à la formation de quatre individus.

Nous conclurons donc en résumant:

1° Dans la maluralion des cellules seruelles, la phase de loules la plus importante est celle de synapsis. C'est au commencement de celle phase qu'a lieu l'addilion biomoléculaire à interne.

2% Dès ce moment, dans chaque cellule d'un sexe, dispa- raissent Les biomolécules de l'autre sexe, d'où à résulle que L: les cellules sexuelles ne sont plus consliluées que de biomole-

cules el de biomores du sexe qu'elles représentent. ; 3° La réduclion du nombre des chromosomes à moilié du normal s'accomplil dès le début de la phase de synapsis. La réduction de la chromaline à une quanlilé moilié de la normale ne s'accomplil au contraire que par les deux cylo- L diérèses successives,

k Cr WT Hors es. Ro LES + 4e Les NEA ru Rs de la plaque équatoriale de a pr 7 00 mière de ces deux cylodiérèses sont réduits au nombre moitié du normal; mais üs sont quadrivalents, avec ou Sans forma es visible de tétrades.

5° Quelle que soit la direction suivant laquelle se fait la division de ces chromosomes, bransversalement ou longi-

ludinalement, ü n'y à jamais de division qualitativement ps

réductrice au sens de Weisman, parce que les quatre chromosomes constituant la télrade sont lous égaux entre eux: H s'ensuit que les trois globules polaires sont, au point de vue de leur constitution bioplasmaltique, égaux à l'oeuf, el que Les deux synergides sont, à ce même égard, égales à l'oosphère.

CaarirRe VII.

La fécondation,

SOMMAIRE : La signification de la fécondation — La fécondation dans l'addition biomoléculaire externe — Le fusionnement intime des gamôêtes et de lenrs b omores — La fé sondation dans l'addition biomoléculaire interne — Le fusionnement des gamôtes — La juxtaposition et l'entremêlement de leurs biomores — Nécessité et rôle de la fécondation — La biomonade complète — Les biomonades complémentaires — Rôle du spermatozoïde et de ses parties

— Résumé.

Après les connaissances que nous venons d'acquérir, grâce aux chapitres précédents, sur la nature intime des phénomènes de la maturation sexuelle, nous sommes maintenant en condition de pouvoir comprendre dans toute sa valeur la signification de l'intéressant phénomène de la fécondation.

. Pourquoi les deux gamètes doivent-ils s'unir pour donner lieu à un nouvel organisme et comment doit se faire cette union ?

Dans le cas où l'addition biomoléculaire est externe, les deux gamêtes, ainsi que nous l'avons vu, possèdent, chacun, toutes les biomolécules, tous les biomores et, par suite, tous les chromosomes en nombre normal. L'addition biomoléculaire ne peut se faire qu'alors seulement que les deux gamètes se sont fusionnés, parce que c'est dans ce moment que les biomolécules additionnables peuvent se trouver en présence l’une de l’autre. On comprend donc parfaitement que l'union des deux gamèêtes est indispensable pour que ce phénomène puisse s'accomplir en régénérant, comme nous l'avons vu, les biomolécules mäles et femelles caractéristiques du germe primitif

dont les gamêtes sont issus.

Nous savons encore que l'addition biomoléculaire est un vrai

phénomène chimique qui s’accomplit entre les biomolécules, exigeant, par suite, le fusionnement des particules que forment les biomolécules. Il est donc évident que, dans ce cas, l’union des deux gamèêtes ne consistera pas seulement dans une juxtaposition des parties constituant les gamèêtes, de leur noyau, par exemple, mais dans un véritable fusionnement de celles-ci. L'union des deux gamêtes sera donc suivie de l’union de leurs noyaux et puis d’un vrai fusionnement de ceux-ci, et des biomores qui les forment, tout comme nous l’avons décrit au chapitre précédent pour l'addition biomoléculaire interne. 11 en résultera les deux dédoublements successifs des biomolécules, et, par suite, les deux divisions successives des biomores et les deux cytodiérèses.

Or, tandis que dans l’addition biomoléculaire interne il y a formation de chromosomes quadrivalents, mais réduits en nombre à la moitié du normal, ici nous verrons bien la formation de chromosomes quadrivalents, mais nous ne pourrons constater une diminution dans leur nombre. Celui-ci sera, au contraire, toujours normal.

Dans le cas de l’addition biomoléculaire interne, les choses doivent se passer quelque peu différemment. Cela se conçoit sans peine.

En effet, chaque gamèête, grâce à l'addition biomoléculaire qui à précédé sa formation et qui en a été la cause efficiente, chaque gamête donc ne contient plus que des biomolécules de son sexe. Il a donc perdu toutes les biomolécules et, par suite, tous les biomores de l’autre sexe. Il est donc devenu, par rapport à l’oeuf dont il est issu, une biomonade incomplète. Et comme le gamèête de l’autre sexe, à la suite des mêmes phénomènes, se trouve dans des conditions analogues, mais inverses, c’est-à-dire qu’il contient toutes les biomolécules manquant au premier et manque de toutes les autres que celui-ci contient, il s'ensuit que leur union donnera lieu à la reconstitution complète d’une biomonade égale à l’oeuf dont les gamêtes sont dérivés,

us e. F É | .

Dore, on ocncoit facilement que cette union de deux gamé ‘04 dont l'un est, en peu de mots, complémentaire de l'autre D Dar ar rapport à l'oeuf fécondé, que la fécondation, en somme, est un phénomène absolument indispensable pour la reconstitution | complète de l'oeuf, et dont la nécessité tient aux autres phéno- # mènes qui se sont passés précédemment lors de la maturation “4 sexuelle, et surtout à l'addition biomoléculaire interne, qui en est la cause primitive.

Tous ces phénomènes sont intimement liés entre eux comme les anneaux d'une chaine, et chacun d'eux est la cause de celui qui le suit, en même temps qu'il est l'effet de celui qui l’a précédé: L'addition biomoléculaire est la cause de la disparition des biomolécules d'un sexe et en même temps de la régénération des biomolécules de l'autre sexe; celle-ci est la cause de la formation des tétrades et des deux divisions successives : celles-ci à leur tour sont la cause de la formation des gamêtes et de la nécessité de la fécondation.

Contrairement à ce que nous avons vu dans le cas de l’addition biomoléculaire externe, où l'union des deux gamètes doit être suivie du fusionnement de leurs biomores afin que l'ad-

dition des biomolécules puisse s'accomplir, dans ce cas l'union des deux gamêtes ne consistera que dans une juxtaposition des biomores, dans un entremélement de ceux-ci, sans que ce phé -

__ nomène exclusivement physique soit suivi d'un véritable phè-

nomène chimique tel que l'addition biomoléculaire. Ce phénomène chimique, nécessaire pour la régénération complète de l'oeuf, s'est accompli dans la cellule génétique au début de la phase de synapsis, avant la formation des ga- __ mêtes. Ceux-ci sont à leur naissance déjà formés de biomores

égaux à ceux de l'oeuf dont ils sont issus. Ils n'ont donc qu'à

se réunir, qu'à entremêéler leurs biomores d'après leur constitution spéciale, pour que la reconstitution complète d'un oeuf

égal à celui dont ils sont dérivés soit accomplie. Dans ce cas donc, pas de fusion véritable des noyaux, mais tout simplement juxtaposition et plus tard entremélement de

leurs particules, ainsi que nous pouvons le constater réellement.

J'ai dit que chaque gamèête, dans le cas de l’addition biomoléculaire interne, est une biomonade incomplète par rapport à l'oeuf. C’est ici que nous pouvons comprendre, dans toute sa valeur exacte, la conception de la biomonade (1).

L'ovule mür et les spermatides sont des cellules complètes, parce qu'ils en ont toutes les parties constituantes. Mais ils ne sont pas des biomonades complètes parce que toute biomonade est un système symbiotique de biomores, et ce système est déterminé par le nombre et surtout par la nature des biomores qui le forment. Il est donc évident que ces gamètes, bien qu’étant des cellules complètes, sont néanmoins des biomonades incomplètes, parce que chacun manque d’une partie de biomores que l’autre possède. C’est donc seulement par leur union que pourra se former une biomonade complète, tello qu'est l’oeuf fécondé; mais celui-ci, bien que résultant de l’union de deux cellules, ne sera qu’une cellule seule, parce que les deux cellules qui le forment ne sont en réalité que complémentaires l’une de l’autre.

Ce mode de concevoir dans sa valeur exacte la constitution des gamèêtes peut nous permettre d'expliquer certains phénonomènes qui autrement restent inexpliquables.

Si le spermatide et, par suite, le spermatozoïide est une cellule, rien de plus naturel qu’il puisse assimiler et, par suite, se diviser, pourvu, bien entendu, qu’il trouve dans le milieu ambiant les substances nécessaires à son alimentation. Or, ces substances, le spermatozoide ne les contient pas. C’est l’oeuf qui les contient, et c’est donc dans celui-ci qu’il doit pénétrer pour que son assimilation devienne possible. Nous pouvons donc concevoir dès maintenant comment dans un oeuf dépourvu de son bioplasma et, par suite, de son noyau, la pénétration d'un spermatozoïde peut en produire la segmentation, ainsi

(U) V. la I° partie de ce travail, chap. V, p. 108 et suiv.

NÉ eds td édiindiié a à

à l'ont démontré les expériences devenues classiques de Boveri, de MORGAN, de SEELIGER, de DELAG& et d'autres Bio- * Jos stes.

L'oeuf, au contraire, est, lui aussi, une cellule, tout comme : le spermatozoide; mais il contient, dans lui-même, les sub- 4 stances deutoplasmatiques nécessaires à son alimentation. Il e- e donc toutes les conditions pour pouvoir accomplir son L assimilation et, par conséquent, pour se diviser. Il est donc naturel qu'il puisse se segmenter sans recevoir le spermato- zoïde. C'est ce qu'on peut constater dans certains cas de fausse À parthénogénèse.

er Mais s'il en est ainsi, pourra-t-on m'objecter, pourquoi donc l'oeuf, dans la plupart des cas, ne se segmente-t-il pas sans la pénétration préalable du spermatozoide?

; C'est encore dans la conception de la biomonade et dans les rapports mutuels qui régissent dans elle les biomores que nous pouvons trouver une explication rationnelle de ce phénomène.

Nous savons que, dans toute biomonade, les biomores forment par leur ensemble un système symbiotique, où les produits de sécrétion des uns peuvent servir d'alimentation aux autres. | C'est grâce à ces rapports très intimes et très importants que des biomores de nature très différente peuvent, dans un milieu très restreint, telle que la cellule, retrouver néanmoins toutes les substances nécessaires pour leur nourriture. On comprend donc aisément que si la biomonade est composée de deux groupes de biomores, comme c'est le cas de l'oeuf où il y a des biomores d'origine mâle et d'autres d'origine femelle, il peut bien arriver que les biomores d’un groupe ne puissent, à eux seuls, accomplir leur assimilation, ou du moins parvenir à l'achèvement de cette fonction, indispensable pour le dédoublement des biomolécules et, par suite, pour la cytodiérèse.

Cela dépendra naturellement de la nature du lien réciproque unissant les biomores dans leur symbiose. Et comme cette na- tureest dépendante de la constitution chimique des biomores,

il est évident qu'elle variera dans les oeufs d'espèces diffé- … rentes, où nous admettons précisément une constitution chi-

mique du bioplasma, elle aussi, différente.

Or, bien que nous ne connaissions point cette constitution ni celle du spermatozoïde et de l'oeuf non plus, bien qu’il ne .

soit pas possible d'établir & priori la valeur des rapports symbiotiques des biomores dans les diverses espèces d'oeufs, nous avons néanmoins le droit d'admettre que celle-ci peut aller É

d’un minimum à un maximum en passant par tous les degrés intermédiaires. D’où toute une série graduelle de manie

tations différentes que nous pourrons constater dans les di-

verses espèces d'oeufs.

Supposons, par exemple, que les biomores de l’oeuf exigent

pour leur assimilation des substances spéciales sécrétées par : les biomores du spermatozoïde. Ce sera le degré maximum que nous pouvons supposer. Dans ce cas, l’assimilation des

de

biomores de l’oeuf ne pourra commencer qu’alors seulement …

que le spermatozoïde aura pénétré dans l’oeuf et que ses bio- … mores auront commencé leur nutrition. Dans ce cas donc, la segmentation de l’oeuf ne pourra absolument commencer sans

l'union préalable du spermatozoïde, sans la fécondation. Nous conclurons alors que le spermatozoide agit sur l'oeuf | comme un stimulus. Il nous semblera que l’élément sexuel mâle

soit le porteur d’une énergie spéciale à l’oeuf. Mais il n’en est 4 rien, ou du moins il n’y a de stimulus que dans les substances | chimiques que les biomores du spermatozoïde ont produites et qui ont rendu possible l'assimilation de la part des biomores

na

de l'oeuf. 44 Supposons, au contraire, que les biomores de l’oeuf puisses

achever leur assimilation, à eux seuls. Ce sera le degré mi- L nimum des rapports sy mbiotiques entre les biomores des deux groupes. Dans ce cas, la segmentation de l'oeuf pourra avoir

lieu sans la fécondation; mais pourrons-nous conclure de ce.

fait seul que la fécondation est inutile? À

mn

Il faut considérer et n’oublier jamais que les effets de la

la segmentation.

ndation ne se borner pas seulement à le i n'en est que l'effet immédiat.

De l'oeuf fécondé dérivent les blastomères; de ces blastomères, toutes les autres cellules de l'organisme; de certaines de celles-ci, les cellules génétiques capables de régénérer, par- tiellement au moins, les cellules sexuelles dont l'organisme entier est issu, L'ontogénèse en somme et tous les phénomènes qui successivement la caractérisent à chaque phase, à chaque instant, ont leur point de départ dans l'oeuf, et la segmentation de celui-ci n'en est qu'un des moindres épisodes.

Si l'oeuf peut se diviser sans fécondation préalable, cela veut dire seulement que l'assimilation de ses biomores a été possible sans le concours des biomores du spermatozoide, mais rien d'autre. Et si cette possibilité existait pour les biomores de l'oeuf, on ne peut pas conclure qu'elle existera de même | pour les biomores des blastomères. Et si elle existait encore pour ceux-ci, on ne pourrait conclure qu’elle existera pour les biomores des autres cellules qui en dériveront. L'indépendance dont les biomores d’un groupe peuvent jouir | est, comme nous le savons, en rapports très étroits avec leur constitution chimique; et comme celle-ci change, ainsi que nous l'avons démontré, à chaque segmentation de l'oeuf, il est clair que cette indépendance, pouvant bien exister pour les biomores de l'oeuf, ne pourra peut-être plus exister pour ceux de certains blastomères ou des autres cellules.

Nous reviendrons plus tard sur ces considérations, lorsque nous devrons traiter de la parthénogénèse:; mais elles étaient ici nécessaires et indispensables, pour aider à se faire une | conception exacte autant que possible d'une fonction dont on a méconnu l'importance en jugeant d'après des phénomènes dont a été sans aucun doute exagérée la portée.

Quoi qu'il en soit, il est évident que, d'après mon interprétation, je n’attribue pas aux différentes parties des cellules sexuelles un rôle prépondérant dans la fécondation.

, Ce phénomène a pour but la reconstitution intégrale d'une

biomonade telle qu'était la biomonade dont sont issus les : ganismes mêmes qui ont produit les cellules sexuelles. Cette

reconstitution doit donc se faire non seulement pour certaines £ parties, mais pour toutes absolument, sans quoi elle ne serait 5 pas complète. Or l’ovocyte aussi bien que le spermatocyte,

après la phase de synapsis, ont perdu, ainsi que nous l'avons

vu, non seulement une moitié des biomores du noyau, mais aussi une moitié des biomores du cytoplasma; car nous admettons que le phénomène de l'addition biomoléculaire, cause … de cette perte de biomores, se fait aussi entre les biomolé-

cules du cytoplasma. L'oeuf mûr doit done, afin de se recon-

stituer intégralement, recevoir du spermatozoïde non seulement …

les biomores du noyau dont il a été privé, mais aussi ceux

du cytoplasma qui lui ont été enlevés par l'addition biomo-

léculaire.

Je sais bien que généralement on ne tient pas compte de la 4

perte de substance cytoplasmatique de la part de l’oeuf,

os

parce que les globules polaires ont des dimensions parfois né-

oligeables par rapport à l'oeuf même. Mais je crois que c’est là une déduction qu’il faut absolument éviter. On ne doit jamais oublier que le volume de l’ovocyte, très |

Ne

grand par rapport à celui du spermatocyte, n’est pas prodeil Pa par une grande quantité de substance vivante, de vrai bio- n

plasma, mais surtout et avant tout par la production d'une

masse, parfois énorme, de substance brute, de deutoplasma.

Ce qu'on appelle donc généralement le cytoplasma de Poeuf » n’est pas son vrai bioplasma, mais l’ensemble de celui-ci, en quantité très petite, et du deutoplasma, en masse sans aucun 4

doute toujours prépondérante.

Mais si l’on fait abstraction de cette substance deutopla- à

smatique qui, dans nos considérations présentes, n’a pas d'im-

portance, et si l’on se borne à examiner le bioplasma qui seul joue dans cette question un rôle important, il n’est pas dif-

ficile de se convaincre que la substance bioplasmatique vraie de l’ovocyte ne doit pas être sensiblement moindre que celle

414 à A En

Le Li" a Vrer -

Con ST A ermatocyte. Jela résulte d'ailleurs assez évidemment xamen même des faits caractérisant la maturation de VC C] 2.

E n effet, les figures cytodiérésiques caractérisant l'émission 4 globules polaires ne sont pas seulement formées des parties on tituant le noyau, mais des parties aussi du cytoplasma, ou, ur plus de précision, de la partie bioplasmatique de celui-ci. . C'est de cette partie, comme nous le savons, qu'est formé à fuseau de direction, et celui-ci est contenu moitié dans lovocyte, moitié dans cette partie de l'ovocyte qui s'en détaher: pour devenir le corpuscule polaire. Il est donc évident qu'après l'expulsion de ces corpuscules, l’ovocyte n'aura pas perdu la moitié de sa chromatine seulement, mais encore la m pitié de la substance cytoplasmatique formant le fuseau de action, c'est-à-dire la moitié de son bioplasma cytoplasma-

D'autre part, les Biologistes qui ne voient dans la fécondation que l'apport, de la part du spermatozoide, d'une moitié de la hromatine, s'appuient encore sur le fait que de tout le corps lu spermatozoide, la tête seule, c'est-à-dire la partie conenant la chromatine et le spermatocentre, pénètre dans l'oeuf, andis que le reste, la queue, par exemple, reste en dehors, ou bien, si elle y pénètre, elle se dissout sans jouer aucun ile dans la fécondation.

Mais, ici encore, il n’est pas diflicile de se convaincre que l'interprétation des faits n'est pas parfaitement exacte. à faut, en effet, remarquer que le spermatozoide est un lément histologique différencié, tout comme les autres de l'ornismeall suffit de suivre attentivement toutes les transforrations morphologiques et histologiques que subit le spermae pour arriver à la forme définitite du spermatozoïde, pour 4 à convaincre que la queue, par exemple, et le filament conre etile qu'elle contient ne sont pas des parties constituantes du bioplasma, mais seulement des produits de sécrétion de celui-ci. De nême que les myoblastes, arrivés à la dernière

*é ET ee Me (oi 2:

phase de leur évolution histogénétique produisent, grâce à la sécrétion de leur bioplasma, les fibrilles contractiles caractérisant leur différenciation histologique; de même que les 0vOgonies arrivées à la phase d'ovocytes sécrètent le deutoplasma, caractéristique de leur différenciation histologique spéciale, de même aussi les spermatides, arrivés à cette phase de l’évo=. : lution des cellules génétiques, produisent, grâce à la sécrétion de leur bioplasma, le filament contractile ou les bandelettes | spéciales de la queue des spermatozoïdes.

Or ces parties jouent, sans aucun doute, un rôle important k dans la physiologie du spermatozoïde, parce que c’est par elles que celui-ci peut s'approcher de l’oeuf et y pénétrer; mais il est incontestable qu’elles ne représentent pas une partie du bioplasma du spermatozoïide, mais seulement un produit de sa sécrétion. Dès lors, quoi de plus naturel que ces = parties se dissolvent après l’accomplissement de leur fonction, sans prendre aucune part au phénomène intime de la fécon-. dation ?

Ce qu’il faut à l’oeuf pour sa reconstitution intégrale, c’est 4 le bioplasma du spermatozoïde, et ce bioplasma n’est pas contenu dans la queue, mais dans la tête de celui-ci, au moins x. en grande partie.

C’est dans la tête du spermatozoide que se trouve condensée la chromatine; c’est dans la tête que se trouve le spermato- à centre; c’est encore dans la tète que se trouve cette minime : portion de cytoplasma, représentant le vrai bioplasma du sper-. matozoide. Et ce bioplasma est celui même qui, après la péné- … tration du spermatozoide dans l'oeuf, donre lieu, dans plusieurs cas, à la formation de l’aster et du fuseau mâles destinés à … s'unir plus tard au bioplasma de l’oeuf pour former le premier fuseau de segmentation. L.

Quant au spermatocentre, on comprend parfaitement que, d’après mon interprétation, je ne peux lui attribuer un rôle prépondérant sur les autres parties du bioplasma, dont il n’est, = en dernière analyse, qu’un biomore, d'autant plus que, d'après

te ‘

n int erprétation Pia Prtlirées CN 3 “sr 4 di sé à lui Re ci pa extrême importance que la plupart s Biologistes veulent lui attribuer dans la division de la ellule.

“En résumé, nous pouvons donc conclure:

1° La fécondalion a pour but la reconstilulion intégrale une biomonade égale à celle dont sont dérivés les gaméles. . 2° Celle reconstitution peut se faire de deux façons :

a) par le fusionnement de deux qamôles, suivi d'un | fusionnement de loules leurs biomolécules (addilion biomotlé- culaire externe), phénomène chimique provoquant la régénéralion de toutes les biomolécules miles el femelles. Dans ce cas, la fécondalion est donc suivie d'un vrai phénomène chimique; les gaméles ne présentent aucune reduction dans de nombre el la qualité de leurs biomores, el, par suile, de leurs chromosomws; le fusionnement de leurs biomores est suivi de deux dédoublements biomoléculaires successifs el, par conséquent, de deux cylodiérèses successives. D'où formalion de chromosomes quadrivalents sans réduction de leur nombre.

k b) par Le fusionnement de deux gamèêles dont chacun ne contient que des biomolécules mâles ou femelles, résullat de l'addilion biomoléculaire interne, qui eul lieu avant la formation des gamèles au slade de synapsis. Dans ce cas, le fusionnement des gaméles n'esl pas suivi du fusionnement de leurs biomolécules, mais seulement de la juxtaposition el puis de l'entremélement de leurs biomores, phénomènes ivement physiques.

3 La fécondation est donc un phénomène biologique absolument nécessaire el rendu indispensable par le fait même de la maluralion sexuelle, qui a priré les gamêles d'une partie de leurs biomores, en les rendant des biomonades com-

a au

(1) V. I" partie.

ve

is

dérives.

4 Dans la fécondation, aucune des parties des 7 ne joue un rôle prépondérant.

D La conception de la biomonade permet d’ apprécier

phénomène de la fécondation à sa valeur exacle.

Caapirre VIII.

L'hérédité.

SOMMAIRE: L' hérédité est-elle une faoulté exclusive des êtres vivants? — La reproduction est la cause de l'hérédité — Examen des conditions externes — La régénération complète de l'oeuf — La variation comme effet de l'hérédité — L'inntilité des particules représentatives — L' hérédité dans la reproduction sexuelle — Les caractères somatiques des êtres dépourvus de soma — Lo sma des êtres unicellulaires — Le soma des êtres pluricellulaires — Les caractères somatiques des ces derniers — Résumé.

L'hérédité, ce phénomène si intéressant, ce phénomène qui nous frappe si vivement dans l'observation des faits bio- logiques, est-elle vraiment caractéristique des organismes, est-elle exclusivement propre aux êtres vivants?

Il suffit d'examiner les bases sur lesquelles repose mon in- terprétation de la reproduction, pour se convaincre facilement que l'hérédité n'est qu'une conséquence nécessaire et inévi- table de la reproduction. Je dirai même que celle-ci ne peut exister qu'en tant qu'existe l’hérédité; car reproduction veut dire formation d'un organisme qui, à des phases et à des époques déterminées, répète les mêmes phénomènes que l'orà ganisme progéniteur présentait aux mêmes phases et aux mêmes époques de son cycle vital, les conditions, bien entendu, étant supposées égales.

Un être vivant, quel qu'il soit, dérive du cellule ou d'un germe initial 4 qui, dans des conditions déterminées +, subit des transformations chimiques, physiques, morphologiques caractérisant son cycle vital. Quoi de plus naturel qu'un autre - germe 4, dans les mêmes conditions a, donne lieu aux mêmes transformations? Et s'il en est ainsi, peut-on considérer cette

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répétition des mêmes phénomènes comme une faculté spéciale

des vivants? Ne sommes-nous pas, au contraire, en présence

d’un phénomène de la plus grande simplicité, commun à tous les corps bruts? Ne devrions-nous pas nous étonner plutôt,

si ce phénomène n’avait pas lieu chez les êtres vivants?

Ce qui caractérise les organismes vivants, ce n’est donc pas

l'hérédité, ce n’est pas cette répétition, c'est-à-dire la faculté de produire des germes égaux à ceux-mêmes dont ils sont dérivés.

La solution de cette intéressante énigme biologique réside

done exclusivement dans l’explication de la reproduction. Démontrer de quelle facon l'être vivant arrive à la formation

d'un germe égal à celui qui a été le point de départ de son.

cycle vital; démontrer que les conditions dans lesquelles le

germe se développe sont égales à celles qui environnaient

l'organisme progéniteur, c’est résoudre dès sa base toute la question de l’hérédité.

Or, nous avons vu dans les chapitres précédents comment les cellules génétiques peuvent arriver à se régénérer totalement ou partiellement au moins, comment, dans ce dernier

cas, la régénération totale se fait complètement grâce à la S

fécondation; il ne nous reste donc qu’à démontrer de quelle facon les conditions de développement sont, elles aussi, égales. Mais, en abordant cette question, nous sommes forcément

entraînés à examiner l'importance, la nature et le rôle deces

conditions.

Or, celles-ci ne peuvent être que de trois sortes: mécaniques, physiques et chimiques.

Les conditions mécaniques peuvent agir sur le développement de l’oeuf en déterminant la direction de ses plans de segmentation, comme nous l’avons démontré dans la Ie Partie de cet ouvrage (1). Mais il faut considérer que, d’une part, ces conditions mécaniques (présence ou absence de membrane

(1) V. la I° Partie, chap. VIII et IX.

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brute, abondance plus ou moins grande de deutoplasma, ete.) sont inhérentes à la constitution même de l'oeuf; d'autre part,

qu'elle n'influent pas du tout, ou peu s'en faut, sur le résultat du développement. Nous avons démontré en effet, dans la 1°

Partie, que le résultat du développement monodique, base, d'après nous, de l'ontogénèse et des phénomènes qui la caractérisent, est absolument indépendant des conditions mécaniques, mais qu'il dépend de la constitution intime de l'oeuf.

Les conditions physiques se réduisent, en dernière analyse, aux conditions de chaleur, de lumière et d'osmose. Ces dernières sont, en partie au moins, dépendantes de la constitution de l'oeuf; car si la possibilité que le phénomène d'osmose s'ac-

complisse réside d’une part dans la composition chimique du

milieu externe à l'oeuf, d'autre part elle dépend aussi de la nature spéciale de la membrane. Et celle-ci, nous le savous, est une partie de l'oeuf et dérive, par suite, de la constitution même de celui-ci. Quant à la chaleur, sauf les cas relativement très rares où elle est formée par l'organisme même qui produit l'oeuf (mammifères par exemple), ou par l'organisme dans lequel l'oeuf se développe (oeufs des parasites dans les oiseaux et les mammifères), elle dépend du milieu ambiant extérieur à l'oeuf. Il en est de même de la lumière.

Mais si nous passons aux conditions chimiques, il est facile de constater que celles-ci sont, la plupart au moins, dépendantes de l'oeuf même.

Tous les oeufs, ceux mêmes qui nous paraissent en être dépourvus, contiennent toujours une quantité, quelque petite qu'elle puisse être, de substance deutoplasmatique, c'est-à-dire de la substance nourrissante nécessaire au développement de l'oeuf. On peut dire que le milieu extérieur ne fournit à l'oeuf, au point de vue chimique, que l'oxygène et l'eau.

Ce petit coup d'oeil est suflisant pour nous démontrer que les conditions nécessaires au premier développement de l'oeuf sont, la plupart au moins, dépendantes de la constitution même de celui-ci. Il est done bien facile de comprendre comment

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