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elles peuvent se régénérer égales à Cotes mêmes qui régissaient le développement de l'oeuf dont est issu l'organisme progéniteur.
Nous avons démontré aux chapitres précédents comment s’accomplit la régénération de l’oeuf dans sa partie bioplasmatique. Il nous reste donc à examiner comment cette régénération s'étend aussi aux autres parties de l’oeuf qui ne sont pas constituées de bioplasma, mais qui forment par leur ensemble ce que nous avons appelé le milieu interne de l'oeuf, à savoir les substances deutoplasmatiques et la membrane brute.
Le deutoplasma, nous le savons, est produit par le bioplasma de l’ovogonie, pendant sa période d’accroissement, ou période de maturation, c’est-à-dire pendant cette période qui s'écoule entre la naissance de l’ovogonie et le commencement de la phase de synapsis. Il est un produit de sécrétion du bioplasma de l’ovogonie caractéristique de cette période. Il est le caractère de sa différenciation histologique. Il est donc dépendant de l’ensemble de sa constitution bioplasmatique. Quoi donc de plus naturel que cette production soit la même si l’ovogonie arrive, dans un autre individu, à la même constitution bioplasmatique ?
Or, nous avons démontré (et c’est là précisément la base de notre interprétation de la reproduction) que l’oeuf, pour arriver à se régénécer égal à celui même dont il est dérivé, doit passer par la phase d’ovogonie dont la constitution bioplasmatique soit égale à celle même qu'avait l’ovogonie dans l’organisme progéniteur. Il est donc évident qu’à cette phase de son cycle évolutif, il produira les mêmes substances que l’ovogonie avait produites dans le progéniteur.
Il en est de même de la membrane brute et des autres substances quelconques qui peuvent éventuellement le caractériser, quelles que soient les phases du cycle évolutif où ces substances aient été produites.
L'oeuf donc se régénère égal à l’oeuf dont il est dérivé, non
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. x ; è 4 + . 4 > F M. ri 6 « on: CJ seulement dans sa constitution bioplasmatiqu
e, mais dans toute sa constitution générale en dehors de celle-ci. Les conditions - mécaniques, physiques et chimiques de développement dépen- dant de cette constitution seront donc les mêmes qu'elles étaient dans l'organisme progéniteur, de sorte que si le développement de l'oeuf était absolument indépendant des conditions du milieu externe, l'organisme dérivant d'un oeuf devrait nécessairement être égal à l'organisme qui a produit cet oeuf.
Mais, comme ces conditions extérieures à l'oeuf ne sont pas produites par l'organisme même, mais par le milieu ambiant, il s'agit de voir quel rôle jouent ces conditions, et quelle est leur importance sur le développement de l'oeuf.
La chaleur est absolument nécessaire pour l’accomplissement des phénomènes chimiques de l'assimilation et, par suite, de la segmentation de l'oeuf. Un certain dégré de température est donc indispensable pour le développement ontogénétique. Il en est de même de l'oxygène et, dans certaines limites, de la lumière, et de l’eau. Mais ces conditions ne sont-elles pas toujours égales ou presque égales dans le milieu externe? Et si elles ne ls sont pas, quelle influence peuvent-elles exercer sur le développement si ce n'est de l'empêcher ou de le favoriser? Sont-elles vraiment des facteurs actifs du développement, ou bien ne sont-elles pas plutôt que des facteurs inertes, nécessaires pour le développement de l'oeuf, mais sans influence sur la direction de ce développement ?
C'est sur ce point de la question qu'il faut avoir des idées exactes afin d'éviter une conception erronée de l’hérédité,
De même que la faculté d'un composé quelconque de donner origine à une série de réactions chimiques et à d'autres composés déterminés tient, d'une part, à la nature des substances réagissantes, mais surtout et avant tout à la composition chimique du composé; de même la potentialité de l'oeuf de donner origine à un organisme réside avant tout et surtout dans sa constitution bioplasmatique, ainsi que nous l'avons démontré
dans la II‘ Partie de ce travail. Cette potentialité, il la possède donc, même en dehors des substances deutoplasmatiques ; mais ces substances la favorisent ou la rendent possible en ce sens qu'elles représentent pour le bioplasma de l’oeuf des substances nourrissantes qu’il ne pourrait, peut-être, trouver dans le milieu externe. Elles la favorisent et la rendent plus précise dans ses manifestations, parce qu’elles sont les substances mêmes qui doivent réagir avec le bioplasma de l’oeuf. Dès lors, on comprend que si le bioplasma et les substances nourrissantes sont bien déterminées, la série des manifestations qui en dérive sera, elle aussi, plus précisément déterminée, tout comme les résultats d’une série de réactions chimiques d’un composé sont d'autant plus exactement et plus précisément déterminés que les substances réagissant avec ce composé sont, elles aussi, bien déterminées. ;
Je ne veux nullement exclure que les conditions extérieures à l'oeuf puissent changer; mais je crois que dans la plupart des cas ces changements n'influent que très peu sur la direction du développement de l'oeuf. Je veux même admettre que ces conditions puissent exercer une action efficace sur cette direction; mais dans ce cas qu’en résultera-t-il? Que le développement de l'oeuf subira une déviation de sa direction normale.
Est-ce que cela peut infirmer notre interprétation de l’hérédité ?
Toute la trajectoire que l’oeuf doit suivre dans son évolution est contenue dans sa constitution, pourvu, bien entendu, qu’il rencontre à chaque instant les conditions favorables, et égales à celles qu'avait rencontrées le progéniteur. Si celles-ci changent, la trajectoire pourra bien varier corrélativement ; mais la potentialité de l'oeuf n’en sera pas moins la même qu’auparavant (1).
(1) Aïnsi que le lecteur peut facilement le constater, je suis, dans l’interprétation de l’hérédité, à maints point de vue, parfaitement d’accord
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Lo 7. Mir PA, à
Il faut, dans cette sorte de questions, faire toujours une distinction très nette entre l’hérédité et la variation provoquée par le milieu externe. Celle-ci ne diminue en rien celle-là, bien qu'elle en ait effacé les manifestations. Nous pouvons même dire qu'elle est produite par l'hérédité; car elle n’est que le Lo: de celle-ci sous l’action des conditions spéciales exté- rieures.
Recourons à un exemple qui, bien que banal et imparfait, nous permettra néanmoins de mieux expliquer nos idées.
Supposons une balle de fusil lancée dans l'air. La trajectoire que cette balle devra décrire sera exactement déterminée à l'instant même où la balle vient d'être lancée, et dépendra de la forme et du poids de Ja balle, de la résistance de l’atmosphère, et de l’action de la gravité. Cette trajectoire est donc contenue potentiellement dans la balle même avant qu'elle ait été décrite, tout comme le cycle évolutif d'un organisme est contenu potentiellement dans l'oeuf.
Supposons maintenant qu'à cette balle en mouvement s'oppose un obstacle quelconque, de sorte qu'elle soit déviée de sa direction. En conclurons-nous pour cela que la trajectoire susdite n'était pas prédéterminée d'avance dans la balle au moment de son lancement ? Evidemment, notre conclusion serait erronée. Non seulement la potentialité de Ja trajectoire n’est assurément pas changée, mais on peut encore démontrer facilement que la déviation même est le résultat de cette potentialité sous l’action de l'obstacle.
Supposons qu’un organisme doive, pendant son développement ontogénétique et par sa constitution intime, produire à un certain endroit de son corps un caractère æ qu'à la même èpoque et au même endroit présentait son père, c'est-à-dire un caractère héréditaire, et supposons encore qu’à Cause d'une
avec les idées exprimées par DELAGE dans sa « Théorie des causes actuelles » (La strnetnre du protoplasma et les Théories sur l'Hérédité — Paris, 1895).
action externe quelconque, au lieu de se produire ce caractère, ; il s’en produise un autre y. Nous ne pourrons dire dans ce cas que l’hérédité a manqué, bien qu’elle ne se manifeste pas en Eproduisant le caractère æ. Elle n’a pas manqué, elle existe au a contraire: car si le caractère y s’est produit, c’est précisément Ê n grâce à elle. En effet, si la tendance héréditaire à produire # le caractère æ n'existait pas, le caractère y ne se serait pas manifesté, même sous l’action externe susdite. D.
Nous traiterons plus longuement et plus particulièrement : cette question dans une autre partie de ce travail sur la variation et l’origine des espèces. Il suffit pour le moment d’avoir remarqué que l’hérédité peut bien exister indépendamment de 7 ses manifestations, et qu'il y a des variations qui ne sont que des conséquences mêmes de l’hérédité, ce qui, de prime abord, pouvait paraître absurde. |
D'autre part, il ne faut pas croire que les variations induites par le milieu externe aient des limites très larges. Le milieu de l'oeuf d’abord, de l'organisme plus tard dans ses diverses phases ontogénétiques, contrebalance, par son action toujours plus efficace que celle du milieu externe, les variations que celui-ci tendrait à y induire. Mais si celles-ci dépassent une certaine limite, elles peuvent conduire tôt ou tard l’organisme à une organisation telle qu'elle soit incompatible avec sa viabilité, à la rupture de cet équilibre symbiotique qui est indispensable pour la vie et le développement de tout organisme. De là évidemment la mort de l’être.
Mais revenons à notre sujet et examinons comment se manifeste l’hérédité et en quoi consistent les caractères somatiques d’après lesquels nous jugeons d'elle.
Faisons abstraction, pour le moment, de la fécondation et supposons, pour plus de simplicité, que la reproduction soit asexuelle.
Si l'organisme que nous considérons produit un oeuf égal à celui dont il est dérivé dans toute sa constitution, la poten- . tialité évolutive de cet oeuf sera évidemment, elle aussi, égale;
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