‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitauxChapitre 34 sur 47 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

La dichogamie et la fécondation.

SOMMAIRE: Examen de la constitution des cellules sexuelles — Leurs différences

possibles — L'égalité de la qualité de leurs atomes — Différence entre le nombre et l'arrangement de ces atomes — Limites de cette différence — L'âge de maturité sexuelle — La dichogamie — L'hermaphroditisme et l'unisexualisme et leur origine — L'autofécondation et l'hétérofécondation — Résumé.

Nous avons vu que notre interprétation explique assez bien, et jusque dans leurs moindres détails, tous les phénomènes de la maturation des cellules sexuelles, de la fécondation et de l'hérédité. Il s'agit maintenant de suivre cette interprétation dans toutes les conséquences possibles qui doivent en dériver, afin de constater si ces conséquences logiques et inévitables ne sont pas en contradiction avec les phénomènes biologiques que nous connaissons.

Les bases de notre interprétation de la fécondation peuvent être résumées en peu de mots: les biomolécules mâles et femelles, dans chaque sorte de cellules génétiques, doivent arriver à une structure spéciale telle qu'elles soient additionnables, et la somme de leurs atomes à ce moment doit être telle qu'elle soit le quadruple du nombre des atomes qu'elles avaient dans l'oeuf, de manière qu'en se divisant deux fois successivement, elles puissent donner lieu à la formation de quatre biomolécules mâles ou femelles égales aux primitives. Ce que nous pouvons, pour plus de simplicité, exprimer par les formules suivantes:

d'nm+n= Aa ÇQM+N = Ad

où », in représentent le nombre des atomes des biomolécules mâles, et x, n' le nombre des atomes des biomolécules femelles lorsque celles-ci ont atteint la structure additionnable ; a et b représentent respectivement les biomolécules mâles et femelles constituant l’oeuf à l'instant de la fécondation, et les signes d et » représentent l’évolution dans le sens mâle et femelle.

Nous ne pouvons connaître, par nos moyens actuels de recherche, ni la structure spéciale de ces biomolécules additionnables, ni le nombre de leurs atomes non plus. Mais cela ne peut nous empêcher de faire une série de déductions intéressantes et rigoureuses; car, d’une part, nous pouvons faire complètement abstraction de la structure des biomolécules, quelle qu’elle puisse être; de l’autre, le nombre des atomes, bien qu’inconnu, peut être représenté par des lettres alphabétiques, ce qui nous permettra de tirer des conclusions générales s'appliquant parfaitement à tous les cas possibles.

Cela étant posé, il est clair que, puisque 7 et »x' dérivent, par des transformations successives, de la biomolécule à, et n, n de la biomolécule à, abstraction faite de leur structure que nous ne considérons pas, & et b doivent, à la suite de leur assimilation, ajouter graduellement un certain nombre d’atomes, pour arriver jusqu'aux structures additionnables ON OPEL

Quels seront ces nombres ?

Appelons-les respectivement #, y, &', y et nous obtiendrons:

S'A+r+b+y—= Aa Qa+L +b+y —= 4b et par suite:

d'où nous voyons que la somme des atomes que les biomolécules doivent s’adjoindre par l'assimilation est dépendante du

Li 1 eau C4 tn LL re état à L , L .

ombre même de leurs atomes. Par conséquent, si a est grand et » petit, la somme des atomes que les biomolécules doivent s'adjoindre sera grande dans l'évolution sexuelle mâle, et petite dans l'évolution sexuelle femelle; si « est petit et » grand, le contraire aura lieu.

Or nous savons que l'adjonction de ces atomes se fait par +, l'assimilation; mais nous savons encore (et nous l'avons fait . remarquer au chapitre Il de la 1° partie de ce travail) que ee cette adjonction ne peut se faire pendant une seule phase . AE d'assimilation: car dans leur évolution, les biomolécules, pour arriver à se régénérer ne doivent pas seulement s'adjoindre d'autres atomes, mais aussi les arranger dans une disposition déterminée. Nous avons alors démontré que cet arrangement et cette adjonction se font par suite, peu à peu, pendant toute une période plus ou moins longue, la période de préparation sexuelle, dont les cytodiérèses marquent les étapes.

Il est donc évident qu'à part les transformations dans la structure des biomolécules, la longueur de cette période de préparation sexuelle dépendra du nombre des atomes que les biomolécules génétiques doivent s'adjoindre. Mais comme ce nombre, ainsi que nous venons de le voir, est dépendant du nombre mème des atomes des biomolécules génétiques primitives, il s'ensuit que la longueur de cette période sera dépendante du nombre des atomes des biomolécules génétiques. D'où nous pouvons arguer que si ce nombre est différent dans des espèces différentes, et cela est très probable, la longueur de cette période sera dans ces espèces, elle aussi, différente, les autres conditions, bien entendu, étant d'ailleurs supposées égales.

Or, comme la fin de la préparation sexuelle est caractérisée par la production des cellules sexuelles; comme, d'autre part, l'apparition de cette production est communément appelée l'âge de la maturité sexuelle des êtres, nous comprenons parfaitement, grâce à notre interprétation, comment cel age de malurilé sexuelle est différent dans des espèces différentes, et

CCE EE ES PC DU AT comment à est généralement bien déterminé pour cha espèce. ; | pe

Passons maintenant à la valeur réciproque de a et b. DS

Ici, deux cas sont possibles: ou bien « est égal à b par le nombre de ses atomes, ou bien il en est différent. ‘

Supposons avant tout que 4 —b, c’est-à-dire que les deux | e sortes de biomolécules d’un oeuf, bien qu’étant diverses dans leur structure, soient néanmoins égales par le nombre de leurs atomes. Dans ce cas, les périodes de préparation sexuelle se- 4 ront très probablement égales, aussi bien dans le sens mâle ER que dans le sens femelle, et, par suite, l’âge de maturité sexuelle mâle coïincidera avec l’âge de maturité femelle.

Mais est-elle possible ou du moins probable, cette égalité du. es, nombre des atomes des deux sortes de biomolécules ?

On ne peut exclure d’une facon absolue cette égalité; mais si l’on considère que ces deux sortes de biomolécules doivent être différentes dans leur structure et que, d'autre part, la qualité de leurs atomes doit être la même, ainsi que nous le démontrerons plus tard, il est très probable que leur différence consiste non seulement dans un arrangement divers de leurs atomes, mais aussi dans un nombre différent de ceux-ci, d'autant plus qu’une différence entre le nombre des atomes amène implicitement une différence dans la structure des molécules.

D'après ces considérations, nous pouvons donc conclure que si l'égalité entre le nombre des atomes des biomolécules mâles et femelles d’un oeuf n’est pas absolument impossible, elle est

du moins très improbable.

Or, s’il en est ainsi, si le nombre des atomes des deux sortes de biomolécules est différent, comme cela est très proba- … ble, il en résulte nécessairement que les valeurs de æ + y et de + y seront, elles aussi, différentes, et par conséquent que les périodes de préparation sexuelle n'auront pas une longueur égale dans les deux sens, c’est-à-dire que l’&ge de malurilé sexuelle mäle sera atleint inévilablement ou plus tôt ou plus lard que celui de maturile fenelle,

ea

., » + “ . ere Le *:

(287 si $ a "ai ‘

js avons done là une explication claire, logique et scienque de la dichogamie, dont la cause tient à l'essence même es phénomènes de préparation sexuelle.

Cette différence étant admise, il s'agit maintenant de voir si le nombre des atomes des biomolécules mâles sera inférieur . ou supérieur à celwi des biomolécules femelles. Or, comme nous sommes dans l'impossibilité de le connaitre directement, nous tenterons d'y arriver par des raisonnements sui lesquels nous ne pourrons nous appuyer avec une sûreté complète, mais qui nous présentent au moins le degré ‘exactitude que nous pouvons désirer dans cette sorte de xestions.

À Remarquons donc avant tout que, dans les formules ci-de- vant exposées, on voit clairement que la valeur de x + y, c'est-à-dire de la longueur de la période de préparation dans le sens mâle est d'autant plus petite que la valeur de 4, c'est- à-dire du nombre des atomes des biomolécules mâles est plus petite, et vice-versa. Cela veut dire donc que si le nombre des atomes des biomolécules mäles est plus petit, l'âge de matu- rité sexuelle mâle sera atteint plus tôt qne celui de maturité femelle.

Au contraire, si », c'est-à-dire le nombre des atomes des ù biomolécnles femelles est plus petit que 4, la période de pré- paration mâle sera naturellement plus longue que celle de préparation femelle.

Or, bien qu'il ne soit pas possible d'établir, à ce point de vue, une loi générale absolument rigoureuse, on ne peut néanmoins contester que dans la plupart des cas, je dirai même dans presque tous les cas qu'on connaît avec une certaine sûreté, l'âge de maturité sexuelle mâle est atteint avant celui de maturité femelle, ou bien, en peu de mots, que la dicho- gamie protandrique l'emporte énormément sur la dichogamie protogynique. Et s'il en est ainsi, nous pouvons arguer que dans la plupart des cas réels, la période de préparation se- . xuelle mâle est plus courte que celle de préparation femelle,

Pr :

Pr

c'est-à-dire que la valeur de æ +y est inférieure à la valeur

de æ + y et, par suite, que «a est plus petit que b.

Nous baserons donc nos considérations ultérieures sur cette hypothèse, sans exclure par là, bien entendu, la possibilité que, dans quelques cas, les choses puissent se passer autrement, ce qui d’ailleurs permettra aux Biologistes d'arriver à des conclusions correspondantes, par des déductions analogues à celles que nous allons suivre dans ce chapitre.

Etant posé que les deux sortes de biomolécules génétiques doivent différer par l’arrangement et par le nombre de leurs atomes, deux facteurs caractérisant toute molécule, il nous

reste à voir maintenant si elles peuvent différer aussi par le

troisième facteur, c’est-à-dire par la qualité des atomes.

Supposons, par exemple, qu’une des deux sortes de biomolécules, par exemple la biomolécule femelle », possède dans sa constitution un élément chimique quelconque que l’autre biomolécule « ne possède pas.

Evidemment, tant que les biomolécules se trouvent dans les phases de préparation et de maturation sexuelle, c’est-à-dire tant qu’elles conservent dans la biomonade leur individualité et leur indépendance, la présence de cet élément sera ca-

ractéristique exclusivement des biomolécules femelles. Mais.

lorsque, étant devenues additionnables, l'addition aura lieu, par ce fait même les biomolécules femelles porteront dans l’ensemble de la biomolécule résultant de l’addition l'élément chimique qu’elles seules possédaient jusque là, et, par suite, les quatre biomolécules mâles qui en résulteront après les deux divisions successives, contiendront, elles aussi, ce même élément.

De cette manière, nous voyons que si une sorte de biomolécule différait de l’autre par la présence d’un élément spécial, cette différence ne pourrait absolument se conserver, à cause du processus même caractérisant la maturation sexuelle, c’est-à-dire à cause de laddition biomoléculaire.

D'où nous conclurons que les deux sortes de biomolécules

Page 1