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Or, les expériences sur la castration nous démontrent qu'une réprocité parfaite n'existe pas entre les cellules génétiques et les somatiques, celles-ci pouvant vivre indépendamment des premières. Mais cela n'exclut pas que les cellules génétiques fournissent aux cellules somatiques, à quelques-unes de celles-ci du moins, des substances spéciales.
Les cellules génétiques doivent assimiler pendant leur évolution et l'assimilation, nous le savons, entraîne inévitablement la sécrétion comme conséquence directe. Elles doivent donc produire des substances qui, se déversant dans le milieu interne organique où les cellules somatiques puisent leur nourriture, peuvent influer sur le développement de celles-ci et, par suite, sur les caractères somatiques qui-en sont la manifestation.
Certes, l'importance de ces substances pour la vie des cellules somatiques n’est pas absolue. Celles-ci pourraient évidemment vivre sans elles ; mais dans ce cas, leurs manifestations ne sauraient plus être les mêmes.
Il existe donc des caractères génétiques secondaires, tout comme il y a des caractères sexuels secondaires, I] existe, en d'autres termes, des caractères somatiques qui ont leur cause primitive dans les produits de sécrétion des cellules génétiques et, par suite, dans l'existence de ces cellules dans l'organisme, et qui n'existeraient pas si ces cellules faisaient défaut. Ces caractères sont donc une production de la vie de ces cellules.
Nous devons donc distinguer deux types d'organismes: 1°) un type qu'on pourrait appeler agénétique, idéal et théorique, dont le soma ne possèderait que les caractères de l'individu, indépendamment des modifications produites par les cellules génétiques que nous supposons manquantes ; 2) un. type que nous appellerons génétique, celui ci réel, dont le soma diffère du type agénétique par la présence de certains caractères, les caractères génétiques secondaires, qui tirent leur origine de la présence des cellules génétiques.
Bien que le type agénétique pur soit plus idéal que réel,
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nous pouvons cependant trouver en nature des organismes
s’en rapprochant plus ou moins. Ce seront évidemment ces êtres où la période progénétique est la plus longue possible.
On conçoit en effet facilement que, si la période progénétique est très longue, la partie progénétique du soma, se formant avant le moment génétique et, par suite, sans l’action des substances provenant des cellules génétiques, sera très grande et constituera le soma presque tout entier. Dès lors, celui-ci ne présentera pas des caractères génétiques. C’est, je crois, ce que nous pouvons constater chez la plupart des plantes, où, comme nous le savons, la différenciation des cellules somatiques en cellules génétiques se fait très tard, et lorsque le soma de la plante est presque complètement formé.
Si, au contraire, la période progénétique est courte, la pé-
riode métagénétique sera d’autant plus longue et, par suite, D
la partie métagénétique du soma se formant sous l’action des substances sécrétées par les cellules génétiques sera, elle aussi, d'autant plus grande. Par conséquent, les caractères génétiques secondaires seront, dans ce cas, plus nombreux ou plus évidents.
C’est avec des raisonnements et des considérations analogues que doit être examinée l'origine des caractères sexuels secondaires.
Je crois qu’il est inutile d’insister sur l’absolue insuflisance de la sélection sexuelle ou naturelle pour l’explication de cette question. Ces facteurs ne sauraient, en tout cas, que donner raison de la conservation de ces caractères, jamais de leur production. Or, la sélection ne peut agir que lorsque la production a eu lieu. C’est donc à ce dernier phénomène que doivent viser nos considérations.
Nous avons vu au chapitre IV que dans l’évolution des cellules génétiques, il y à un instant, le moment sexuel, où sous l’action des conditions du milieu, les cellules génétiques commencent leur évolution dans le sens mâle ou dans le sens femelle. Nous savons encore que le moment sexuel peut coin-
Te avec le moment génétique, ou bien en être séparé par une période plus ou moins longue, la période neutre.
Il s'ensuit que les périodes de préparation sexuelle seront “ plus ou moins longues chez les différents organismes, d'où la formation d'une partie métagénétique du soma plus ou moins grande sous l’action des substances sécrétées par les cellules génétiques mâles ou femelles.
Or, comme la préparation des cellules sexuelles dans le sens mâle ou dans le sens femelle est caractérisée par des trans- - formations chimiques bien différentes les amenant à la régénération des gamêtes mäles ou femelles, comme nous l'avons démontré, il est évident que les substances sécrétées par les deux sortes de cellules sexuelles pendant leur préparation seront, elles aussi, différentes. Celles-ci, se déversant dans le milieu interne organique, agiront donc sur certaines parties du soma d'une manière toute différente et produiront, par suite, dans ces parties, des modifications diverses, d'où la production des caractères sexuels secondaires du soma.
On concoit alors comment ces caractères seront d'autant plus uombreux et plus accentués que les périodes de préparation sexuelle seront plus longues et que la différence entre l'évolution mäle et femelle sera plus forte.
Ce mode d'envisager ce phénomène nous amène forcément à la distinction de trois types différents d'organismes: 1°) le type neutre; 2) le type mäle; 3°) le type femelle.
Le type neutre, (qui ne doit pas être confondu avec le type agénétique dont nous avons parlé tout-à-l'heure), ne pourra se produire qu'alors seulement que la période neutre est très longue, c'est-à-dire dans le cas où le moment sexuel, point de d'part des différenciations caractéristiques des cellules sexuelles, est très éloigné du commencement de l'ontogénèse et, par suite, très rapproché de la fin de celle-ci. Car on com- L preud que, dans ce cas, les parties somatiques se seront pro- - - duites et formées sans subir l'action des substances caractéristiques da la sécrétion des cellules sexuelles, bien qu'elles
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aient subi l’action des substances sécrétées par les cellules génétiques pendant leur période neutre. Mais, comme cette période neutre est la même pour les deux sexes, on conçoit facilement que le soma, bien qu'étant pourvu des caractères génétiques, ne pourra néanmoins présenter des différences
entre les deux sexes, c’est-à-dire qu’il sera dépourvu de ca- Le ractères sexuels secondaires. fa Tout comme le type agénétique, le type neutre est, lui aussi, F4
plus idéal et théorique que réel; car dans la plupart des cas, la période neutre est très courte où nulle. Dès lors, les sub= stances sécrétées par les cellules sexuelles, en agissant sur les cellules du soma, en produiront des caractères différents chez les deux sexes.
Bien que, dans ce cas, le type neutre ne puisse donc exister, il faut néanmoins ne pas le négliger complètement, sans quoi certains phénomènes se rapportant à ces caractères ne pour= raient être exactement interprétés.
Presque tous les Biologistes qui se sont occupés de cette question considèrent un des deux types sexuels, généralement
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le type femelle, comme le type normal de l’espèce et l’autre, le type mâle, comme une forme aberrante par ses caractères sexuels secondaires. Ils supposent en somme que la déviation + du type normal n’a eu lieu que chez le mâle et que, par suite, la femelle est la forme normale de l’espèce. Mais c’est là une interprétation que je ne crois pas parfaitement exacte.
La femelle, aussi bien que le mâle, sous l’action des sub- 4 stances sécrétées par les cellules sexuelles, acquiert des caractères somatiques qui sont caractéristiques de son sexe. Elle subit donc une déviation du type normal, bien que celle-ci, dans la plupart des cas, soit moins accentuée que dans le mâle.
Mais quel que soit le degré de cette déviation, toujours est-il que ni le mâle ni la femelle ne peuvent être considérés comme des types normaux de l’espèce..
Le vrai type normal serait le type agénétique où du moins le type neutre, s’il pouvait exister. Mais comme cette existence
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est rendue impossible par la formation dés deux types sexuels, il s'ensuit que, dans ce cas, bien que le type normal n'existe pas, il faut néanmoins le supposer idéalement, afin d'évaluer exactement la portée des caractères sexuels.
On sait, par exemple, que la castration a pour résultat l'apparition des caractères du sexe opposé sous une forme atténuée, d'où l'on pourrait conclure que ces caractères existaient, mais cachés, à l'état de caractères latents, dans l'individu qui a subi l'exportation des organes sexuels.
Mais cette explication ne saurait être acceptée sans l'interprétation que nous venons de donner des caractères sexuels.
Qu'est-ce que cette expression de caractères latents, dont malheureusement on abuse par trop dans la Biologie? Veut-on supposer par là que ces caractères existent vraiment, sans qu'ils puissent se manifester si la castration n'intervient pas? Est-elle nécessaire, cette supposition, pour l'explication du phénomène?
Si nous admettons, ainsi que nous venons de le démontrer, que les curactères sexuels secondaires se produisent par l’action de substances spéciales de sécrétion des cellules sexuelles sur certaines parties du soma, on comprend que, par l'élimination de ces cellules, on empêchera la sécrétion de leurs substances caractéristiques et, par suite, la formation des caractères somatiques qui en dépendent.
Dès lors, le soma ne pourra plus présenter dés caractères sexuels secondaires, c'est-à-dire qu'il ne subira plus la déviation du type neutre, déviation que nous avons supposé être le résultat de l'action des cellules sexuelles sur le corps. Le somæ se rapprochera donc plus ou moins du type neutre.
Or, celui-ci, par rapport aux deux types sexuels, peut être considéré comme type moyen, dont les premiers représentent les déviations à gauche et à droite.
Supposons, pour mieux concréter nos idées, que le type neutre, idéal, soit représenté par une ligne a-b (fig. 1), c'està-dire que la trajectoire caractérisant l'ontogénèse d'un or-
ganisme quelconque, si celui-ci ne possédait pas de cellules sexuelles, soit 4-b.
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type neutre
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Fig. 1
Soit c le moment sexuel: c-4 et c-e représenteront respectivement les trajectoires femelles et mâles, c'est-à-dire les déviations du type moyen neutre sous l’action des cellules sexuelles. On voit que si ces déviations n’existaient pas, les deux types sexuels se rapprocheraient l’un de l’autre et tendraient à se confondre dans le même type neutre.
C’est ce qui arrive précisément lors de la castration. C’est ce rapprochement du type moyen neutre qui nous apparaît comme manifestation des caractères sexuels du sexe opposé; mais en réalité, le mâle, privé de ses testicules, ne présente pas plus les caractères de la femelle que celle-ci, privée de ses ovaires, ceux du mâle.
Il ne s’agit donc pas, dans ce phénomène, de l’apparition de caractères somatiques latents, mais seulement de l’absence
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. intermédiaires entre les deux types sexuels.
- En résumé, nous pouvons done conclure:
1° Les caractères sexuels secondaires sont des manifeslulions dues à l'action de substances spéciales, sécrélées par
des cellules sexuelles pendant leur période de préparalion et le maluwralion, sur certaines parties du soma.
> Ces caractères doivent donc étre différents chez les
“de æ sexes. La femelle, aussi bien que le mâle, présente de ces caractères.
3° On doi considérer trois lypes de soma: 1°) le type
; >) te type mâle; 3°) le type femelle. Ceux-ci, réels,
sont des dévialions du type neulre, idéal.
4 La castration empéche la dévialion caractéristique
du sexe, d'où la manifestation apparente des caractères du
De.
RE du ne DUR qui possèderait, s'il existait, des ca-