‹ Les Problèmes Financiers du Protectorat TunisienChapitre 16 sur 53 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Le Problème des Dépenses Les Frais de gestion

« La Situation budgétaire de la Tunisie devient paradoxale », avouait, à la dernière session du Grand Conseil, le rapporteur de la Commission des Finances.

Elle doit, en effet, équilibrer un budget dont le côté « dépenses », d’une part, est soumis à des charges sans cesse accrues et incontrôlables, et dans lequel le côté « recettes », d'autre part, reste étroitement lié aux possibilités d’une matière imposable restreinte et stationnaire, sinon en régression.

Les contributions sont arrivées à la limite de l'effort fiscal que raisonnablement on peut attendre de la Régence sans la vouer à la ruine et cependant ses dépenses publiques continuent à s’accroître sans que son économie y puise le moindre souffle de vie.

Les plus élémentaires notions de législation financière

révèlent que le développement de la richesse d’un pays et augmentation continue de la matière fiscale qui en résulte peuvent seuls lui permettre d’assurer, sans recours aux improvisations et aux expédients monétaires, l’accroissement de ses besoins.

Or, à ce point de vue, les derniers budgets tunisiens n’ont été que des « budgets d'attente ».

Alors que les dépenses d’avant-guerre consistaient en travaux de « réalisation active », la presque totalité des ressources exigées maintenant des contribuables est consommée par les frais généraux d’une machine administrative compliquée et coûteuse.

Des voix nombreuses se sont élevées pour dénoncer ce mal; des solutions hardies ont été proposées pour y remédier, mais qui ne semblent pas tenir suffisamment compte de ses origines et de ses caractéristiques; c’est à l’étude de celles-ci qu’il importe, avant-tout, de procéder. Il sera plus aisé, ensuite, de tirer la conclusion qui s'impose, si l’on veut réaliser l’amélioration indispensable à l’état financier actuel de la Tunisie.

Page 1