CONCLUSIONS GENERALES
Au terme de cette étude, dans laquelle les critiques n’ont pas été ménagées contre l’organisation financière et fiscale de la Régence, il serait injuste de ne pas rendre hommage à la politique généreuse qui, depuis soixante ans a toujours inspiré la France à l’égard d’une Nation dont elle est devenue pacifiquement la Protectrice.
La Tunisie, en dépit des critiques qu’on lui adresse est un grand pays et sous l’égide de la Métropole, elle est appelée à un avenir digne de sa prestigieuse histoire.
Mais, si elle veut vivre dans la Liberté et la Prospérité, elle se doit d’écarter deux dangers qui la menacent immé:diatement, l’un intérieur, l’autre extérieur.
Le parti Destourien doit être mis, définitivement, hors d’état de nuire; la méthode la plus efficace, à cet effet, sera de le priver de son arme favorite qui est la critique des abus actuels. Il ne faut plus que les chefs nationalistes puissent écrire des articles, comme celui que nous extrayons de l’Action Tunisienne du 1° janvier 1938 et dont les termes étaient ainsi rédigés :
« Le Tunisien va-t-il continuer à trimer bon an et mal « an, pour que le fruit de son travail soit invariablement « distribué, sous forme d’indemnités et de primes de tou- « tes sortes destinées à encourager le peuplement français? « Va-t:il continuer indéfiniment à payer un scandaleux « pourboire à des agents dont la présence ne s’explique et « ne se justifie que dans la mesure où ils peuvent le ser- « vir, le protéger et lui assurer une bonne gestion ?
« Jusqu'ici la Tunisie a eu la réputation d’être une « brave et bonne fille. Aujourd’hui, elle en a assez d’entre- « tenir tant de protecteurs, elle ne veut plus se livrer à « ce honteux trafic de sa personne. Elle veut maintenant « se ranger et s’occuper d’élever honnêtement et décem- « ment ses propres enfants. Voudra-t-on lui en donner, ou « plutôt lui en laisser les moyens ? »
De telles campagnes seront possibles, tant que le gouvernement Tunisien n’aura pas adopté certaines mesures énergiques indispensables qui sont : la compression de dépenses improductives, la réduction du personnel administratif, la réforme du système fiscal, et surtout, Le retour à une politique intensive d'outillage économique. Il ne faut pas se lasser de répéter, en effet, qu’il n’y a qu’une seule catégorie de dépenses qui soit susceptible d’améliorer la situation actuelle, ce sont les dépenses rentables, celles qui sont capables, très rapidement de faire de l’indigène un producteur et un contribuable.
Il est un autre danger non moins menaçant pour la Tunisie, qui résulte des poussée irrédentistes d’un pays voisin dont elle a accueilli, sur son sol, les ressortissants avec une trop grande générosité. De ce côté encore, il serait follement dangereux de s’exposr à des critiques dont la plus