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iSa LES prockim':s p'art da>s lks histoires <J|
à Néron, le maîlre qui l'engraissait, il continue, danÊ sa marche victorieuse à travers l'Italie, de Bédriac auîl murs de Rome, à se faire engraisser par les populations dont il est devenu le maître à son tour. Ce ne sont que festins, orgies, bacchanales. Les villes sont épuisées, les campagnes pillées, pour suffire aux approvisionnements. Partout retentit le bruit des chariots, qui roulent sur les chemins de quoi satisfaire ce monstrueux appétit. Aussi, f^quand il agit, ses actes, slupides, incohérents, semblent dictés par la folie de l'ivressej Mais(le plus souvent il n'agit point/ Tout effort le rebute, et l'indolent s'enfonce de jour en jour davantage dans sa mollesse V Décider, penser, c'est trop encore. Du moins; il ne veut arrêter son esprit que sur des choses agréables. Il écarte les préoccupations, les soucis, qui fatiguent ; il se refuse à voir le danger,) qui le forcerait à sortir de son apathie. Il accueille avec joie les bonnes nouvelles, mais il défend qu'on lui apprenne les mauvaises et met à mort les importuns dont la franchise trouble sa quiétude -. Seule l'idée de son rival, Vespasien, le hante par moments, le gêne, le remue'. Lorsqu'il a envoyé contre lui ses généraux Valens et Cécina, il croit avoir assez fait et, pour s'étourdir, s'enivre de plus belle. « Sous les ombrages de ses jardins, semblable à ces animaux paresseux qui restent couchés, engourdis, auprès de la pâture qu'on leur jette, il évitait de songer au présent, au passé, à Tavenir ; il languissait dans la torpeur parmi les bosquets d'Aricie^ » La situation est déjà compromise, qu'il saisit les moindres occasions de se tromper encore, d'être optimiste : l'optimisme sied à l'indolence. A la fin cependant, il lui faut ouvrir les yeux : le désastre de Crémone a ruiné ses affaires. Alors
I. rncUessrgnior(U,S-;). — 2. III, 5',. — 3. 11,-3. —!i. 111,36,
(( réveillé de sa léthargie' », il s'effraie, s'affole, convoque les tribus, pleure, supplie, « généreux en promesses, prodigue même, comme tous ceux qui ont peur- ». Ce qui était mollesse au temps de ses succès devient lâcheté dans l'infortune. Il s'abaisse, s'aviht, ne cherche plus qu'à sauver sa tête. Il est prêt à souscrire aux conditions de Yespasien. Son âme était tombée dans une telle prostration que, « si l'on ne se fût souvenu autour de lui qu'il était prince, lui-même l'eût oublié' ».
Voilà le personnage et la manière de le peindre. L'étude de cette figure, prise, laissée, reprise maintes fois, comme celle des précédentes, n'est jamais qu'une esquisse dans chaque cas particulier. Les divers traits qui la composent, apparaissent seulement à mesure ; c'est ien s'ajoutant les uns aux autres, en se précisant, se complétant, que d'une silhouette ils arrivent à faire un portrait*.
J'ai déjà dit combien le détail* physique, d'ordinaire, est absent. Libre à Suétone de reproduire une ride, une verrue, ces Jortiiita'' que rejette l'histoire, laquelle n'est pas un appareil enregistreur. Tacite, dans ses portraits,