‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 107 sur 177 · Hist.,(l, 7iij: specie senatus · texte numérisé non relu

Hist.,(l, 7iij: specie senatus

2. Hist.Ci, 76\: erat grande momcntum in noijïine urbis ac praclexto senatus.

- 3. Hist.[l, 84.)

4. -Môme les plus mauvais. Cf. Hisl., II, qi : veniitabat (^Vitellius) insenalum, etinin cum parvis de rébus patres consulerentur.

5 Voir, pour Otlion Hist.fl, 47,\ pour Vitelliusfil, 55^ pour Vespasicn IV, 3'i [ ] ^ >

6. I^e Scnal nrsl pas seul, a'aillours, à donner ce spectacle. La

avoir plus de colère, de dégoût ou de pitié. L'amère ironie de Tacite trouve matière à s'exercer et ne s'en prive pas. Elleise plaît à peindre les sénateurs en ridicule posture: Elle 'les montre embarrassés pour flatter Othon, lequel, ancien flatteur lui-même et connaisseur en mensonges, n'était pas dupe de leur jeuj Ils invectivent contre Vitellius ; mais par prudence, ils hasardent leurs injures au milieu des cris de l'assemblée ou les couvrent sous le flux étourdissant de leurs propres paroles'. Quand Othon leur a fait l'honneur, dont ils se seraient bien passés, de les emmener à la guerre % pendant la bataille ils se taisent, se cachent, attendait la décision. Le sort malicieux les tient longtemps dans les transes^. Les nouvelles apportées sont indécises, contradictoires même. A Modène où ils sont d'abord restés, puis à Bologne où ils se sont retirés, ils n'osent se réjouir à cause des Olhoniens qui les entourent, ni se lamenter par crainte de Vitellius. Leur attitude en toute cette afl"aire est misérable, presque grotesque. Enfin, la certitude qu'Othon est mort les tire d'angoisse et leur enthousiasme éclate bruyamment pour le vainqueur '. Dans la suite, ce qui rend ces grands seigneurs joyeux du triomphe de Yespasien, un petit bourgeois, le premier empereur d'extraction si modeste, ce ne sont pas les solides qualités de l'homme qui arrive au pouvoir ni la perspective d'un règne réparateur, c'est qu'ils ne flotconfrérie des Arvalcs, chargée d'assurer par ses prières la fécondité des champs, ajoute à son calendrier, sous l'Empire, des fêtes pour le salut des empereurs. On a retrouvé quatre-vingt-seize des procès-verbaux de la corporation, au nombre desquels fif;ure justement une partie de ceux de l'année 69. Il est très curieux de voir avec quelle indifférence (pour ne rien dire de plus) les frères, qui appartenaient à la haute société, célèbrent les empereurs les uns après les autres, se servant pour tous indistinctement de la même formule (c^. Iloijzen, Acla fralrum Ar^vaUam, p. xc et suiv.). I. Tac, Hist.n, 85\ — 2. Hist.fl, 88.^ — 3. II, Sa-oA- — li. II, 55. ^' I ^ .'

lS8 LIS PUOChDlôS U AlU DANS LES HISTOIHKS

teront plus ballottés entre deux maîtres ; un seul reste désormais ; ils sont fixés,, ils savent où placer leurs espérances et leurs adulations." Senatus laelus et spei certus, dit Tacite'. Le mot est cruel.

Du peuple, riiistorien ne trace pas davantage un portrait flatté., Le voici envahissant le palais, pêle-mêle avec les esclaves, acclamant Galba, demandant à grands cris la mort d'Othon et le supplice des conjurés^ puis, le soir de ce même jour, lorsque la révolte a triomphé, SG précipitant au camp des prétoriens, chargeant Galba d'imprécations, couvrant de baisers la main d'Othon-, Plus tard, il s'enrôle avec la même ardeur pour Vitellius ; il accourt à lui en masse,] affecte tous les dehors d'un enthousiasme délirant, au fond « vil amas de lâches, incapable de rien oser au delà des paroles^ ». Mais le sénat ne donnait-il pas l'exemple, lorsque, plein de jactance et intrépide, lui aussi, en paroles, il se dérobait au moment du péril, passait de Galba à Othon et prenait sa bonne part de la servilité générale dans cette scène honteuse que je rappelais à l'instant, « où plus le zèle était faux, plus on en prodiguait les vaines apparences * » ? La conduite de la foule, qui ne fut pas moins laide, se comprend davantage. Ce qu'on appelait encore le peuple romain, n'avait plus en effet de romain que le nom. C'était^ ^in composé d'étrangers, venus de tous les coins du monde, et d'affranchis, euxmêmes le plus souvent d'origine étrangère.( Recruté dans l'esclavage ou parmi les déclassés des autres pays, agglomération essentiellement cosmopolite, sans traditions, sans dignité, sans esprit national, vraie lie de

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