‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 110 sur 177 · Voir Mommscn, Ilcniics, V, p. i-a-i'S · texte numérisé non relu

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LES PORTRAITS IqS

nius Primus. Les Vitclliens n'en avaient point du tout ; et pourtant, quoique laissés à eux-mêmes, durant neuf heures d'une longue nuit d'automne', ils tinrent avec un acharnement indicible. C'est qu'ils luttaient pour eux, pour leurs intérêts et leur réputation, ou encore pour leur province de Germanie, afin qu'elle restât la province-mère de l'Empire, celle qui avait fait l'Empereur.

Celte jalousie des armées entre elles est mise en vigoureuse lumière par Tacite. Mais il y a plus. A l'intérieur même des armées, des querelles s'élèvent entre les corps qui les constituent. Chacune est un mélange de peuples, toujours prêts à ne pas s'entendre. Les mœurs, le langage dilîèrent''. Il en résulte' à chaque instant des discordes, des rixes, des bagarres, dont la moindre s'aggrave aussitôt et menace de tourner à l'émeute. La garde méprise les légions, les légions méprisent l'infanterie auxiliaire^. Lorsque Bataves et légionnaires échangent des injures et des coups, tous les camarades de se portera la rescousse*. Un Gaulois ayant culbuté par jeu un soldat de la 5* légion, les spectateurs prirent aussitôt parti pour ou contre. Afin de trancher la querelle, les légionnaires sortirent de leurs tentes et massacrèrent deux cohortes gauloises ^.

Avec de pareilles dispositions, on juge en quel état se trouvait la discipline militaire. A vrai dire, c'était la complète anarchie ; les soldats échappaient à l'autorité.

1. Hist., III, 22. he soldat vitollien est indifjus rectoris. La bataille, commencée terliu ferme noctis liora, donc vers 9 heures du soir, se continue jusque vers 6 heures du matin; et l'on est à la fin d'octobre.

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