I. Arm., \V, G3. — 2. Cf. Fabia, Sources, p. 268, n. a
OÙ un disciple des rhéteurs trouve l'occasion de verser sa rhétorique. Ce que les trois variétés ont de commun, c'est d'être des morceaux d'apparat, qui ne tiennent pas très solidement à l'ensemble, ,sortes de pièces de rapport qu'on retrancherait au besoin sans grand dommage pour le reste, ou sortes d'airs de « bravoure » destinés surtout à enlever les applaudissements d'un auditoire. — Nous examinerons chacune d'elles avec quelque détail.
Le discours à tendance psychologique, je veux dire (révélateur de l'âme de celui qui le prononce, ne pouvait manquer d'apparaître chez Tacite. Toutefois, chose singulière, il n'apparaît pas aussi souvent qu'on l'attendrait d'un historien psychologue. Un excellent exemple de cette manière est (la harangue que Pison, sur les marches du palais, fait à la cohorte de gardej^ lorsque apprenant la trahison d'Othon il essaie de retenir les prétoriens dans le devoir'. Tout le caractère du personnage y est indiqué;(et même il ne l'est nulle part mieux que là), ^vec sa douceur, son honnêteté, sa mélan- colie. Figure triste, pensive, où le malheur a mis son pli, victime marquée par le destin qui a déjà tué le père, la mère et deux frères, mais résignée à la fatalité sous laquelle elle succombe^ S'il s'inquiète, ce n'est pas pour lui, c'est pour Galba, 'son père adoptif, c'est pour le sénat, pour l'empire : il voudrait éviter à Rome les troubles qui ramèneront des meurtres et du sang. Pacifique dans une ère de violences, désintéressé en une époque d'intrigues, patriote au milieu des conflits d'ambitions personnelles, la sympathie s'attache à lui, comme à tout noble cœur trahi par la fortune. Or ses actes, dans le court intervalle de quatre jours qui sépare son adoption de sa mort, que sont-ils ? que peuvent-ils être ? Presque rien. C'est 'son discours qui met en