‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 121 sur 177 · La formule qui introduit le discours : ita alloquilur, ne · texte numérisé non relu

La formule qui introduit le discours : ita alloquilur, ne

directement au lecteur ces grandes pensées, trouve plus dramatique de les faire entendre aux vaincus euxmêmes dans une circonstance sulennelle. Il use d'un intermédiaire, voilà tout. Entre la façon dont il a procédé et celle qu'aurait employée un moderne, il n'y a peut-être, suivant une piquante expression, « qu'une diflérence de guillemets' ».

Le second discours trahit encore mieux l'auteur derrière l'interprète'". Car Gérialis, général intelligent, énergique, un des meilleurs officiers de Vespasien, pourrait à la rigueur avoir tenu quelque chose du ferme langage que lui prête Tacite. Mais,'ie vieux Galba, fatigué de corps et d'esprit \ dominé, mené par ses favoris qui se partagent la réalité du pouvoir ^, a été incapable de prononcer, dans le conseil oii il adopta Pison, le discours que nous transmettent les Histoires. C'est l'œuvre d'un philosophe moraliste et politique, habitué à voir les choses de haut, connaissant les hommes, connaissant les Romains, et apportant à les juger une vigueur d'intelligence entière et une rare profondeur. Dans cette parole calme et grave, qui s'épanche avec noblesse^ nous refusons de reconnaître ou le prince aflaibli par Tâge, ou le soldat redevenu brusque et cassant, lorsque sa volonté assoupie se réveillait en présence d'une infraction à la disciphne \ l'homme enfin qui n'avait jamais cessé, quand il parlait, de le faire avec la brièveté du commandement". Ni le fond ni la forme ne répondent

prouve rien. Chez Tilc-Live, les inqait, les ila coepit ou disseruit amîucnt quantité de discours qui sont certainement de caractère fictif.

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