I. C'est assez l'opinion de M. Fabia (Sources, p
avait institué une monarchie sans le dire, ou plutôt en disant que ce n'en était pas une : la vieille République était censée subsister. Mais il se trouva pris au piège de son mensonge, car il ne put établir qu'une souverainelé d'usufruit. Comme tous ceux qui instituent un régime nouveau, il avait le souci d'en léguer le bénéfice à ses descendants et de se survivre en fondant une dynastie. Or parler d'hérédité, c'eût été faire éclater l'équivoque. Il fut même convenu, sur ses propres instances, que l'on recommencerait à lui prêter serment tous les ans, que tous les ans lui serait confirmée la puissance tribunicienne, tous les cinq ans, tous les dix ans renouvelé son ])OUYoir. Qu'élait-ce, cela, sinon une négation de l'hérédité? Mais il fallait sauver les apparences républicaines. Plus tard, quand d'un ensemble de magistratures temporaires Auguste transforma l'empire en une magistrature à vie, il dut encore lui laisser son caractère de magistrature personnelle et élective. Sa punition d'avoir été sans franchise fut de ne pouvoir assurer à son œuvre toutes les garanties de durée. L'œuvre dura cependant aux mains des siens, tant que les siens existèrent, parce qu'on le voulut bien, par tolérance et comme à titre précaire. La concession, quoiqu'elle fût révocable, ne fut point révoquée. Rome accepta de fermer les yeux et d'aller prendre le prince dans la famille julioclaudienne, bien plus de ratifier la désignation que l'empereur faisait par avance de son successeur. Une hérédité, qui n'existait point en droit, s'établit ainsi par l'usage, et les citoyens pouvaient dire comme Galba à Pison : unius famiUae quasi heredilas fui/nus '.
Après Néron, une autre manière s'introduit d'arriver à l'empire, lechoix^; il venait de s'exercer en la personne de