Eliiji coepimus, dit Galba (I, iG
LES DISCOURS 2l3
(jialba par la voie de Tclcction populaire eKIalba voulait Texerccr à son tour en la personne de Pison jjar la voie de Tadoplion. L'adoption antérieure, celle qui se pratiquait dans la maison d'Auguste, n'était qu'un moyen de faciliter au successeur désigné son passage sur de trône, et elle n'avait pu produire ses pleins elTets, parce qu'elle avait été restreinte aux membres d'une seule famille. La véritable adoption, elle, ira partout chercher le plus digne % et elle sera un système nouveau, qui s'opposera au précédent et qui aura la prélcntion de le remplacer. Un sort fâcheux ne lui permit point d'y parvenir; l'Empire fut condamné à flotter, ballotté entre les deux systèmes.
[Tacite est nettement partisan de l'adoptiom La théorie était-elle chez lui préconçue? Ou l'exemple de Trajan adopté par Nerva la lui avait-il suggérée? En tout cas, cet exemple venait à point, pour lui en démontrer l'excellence; et la contre-épreuve, que Tacite ne vit pas, n'aurait fait que le confirmer dans sa thèse. (Tant cjuc les Antonins suivirent le système adoptif, Rome connut les meilleurs des empereurs. Le jour où Marc-Aurèlc rompit avec lui en léguant le pouvoirà son fils, il affligea son pays d'un monstre^ Toutes les dynasties, au reste, ont mal fini : par un Domitien, un Commode, un Caracalla. Si bien que l'histoire a donné raison à Tacite, plus même qu'il ne le pensait. Mais de son vivant déjà elle avait commencé à prononcer ; et de là vient qu'il ait été aussi affirmatif touchant les avantages de l'adoption. (Galba, qui n'avait pas cette lumière des faits,ne pouvait, malgré la circonstance, parler avec autant de décision.^ Et c'est encore une preuve, à joindre aux autres, que le discours n'est pas de lui, mais de Tacite.