I. I, i6. — ». Ibid
3. Voir en effet la conduite de Thrasea. Tout l'empire a losycux sur elle, « ut noscalur quid Thrasea non fecerit » (^Ann., XVI, 22).
LES DISCOURS 2l5
lourir des sénateurs en toge auprès de son char Tespace de plusieurs milles, ou à retenir d'honnêtes citoyens accroupis dans une cage comme des animaux, ou à ordonner, au sujet de ses victimes, que celle-ci fût sciée par le milieu du corps et celle-là tuée à petits coups lents et répétés de façon qu'elle se sentît mourir*; en quoi Néron, qui faisait trancher la tête à Cornélius Sylla et à Rubellius Plaulus, coupables seulement de porter de grands noms, ouvrir les veines à Soranus et à Thraséa, coupables d'être « la vertu même » ^, qui, selon Suétone, « frappait à tort et à travers sans choix ni mesure, sous quelque prétexte que ce fut, et, fier de tant d'exploits, déclarait orgueilleusement que ses prédécesseurs n'avaient pas su ce qu'il leur était permis d'oser^ » ; en quoi, je le demande, tout-puissants et féroces, difleraient-ils l'un et l'autre des monarques absolus de l'Asie? Ce régime, dont parle Tacite, qui n'est ni la* pleine liberté ni la pleine servitude, qui veut donc être une sorte de monarchie tempérée, avant Nerva et Trajan Rome ne le connaissait poin^. C'est Nerva qui en donna le premier modèle, qui le premier unit, pour reprendre un autre mot de Tacite, « le principal et la liberté^ », i Jusque-là les deux choses aA'aient paru incompatibles.' Ici encore l'historien était. éclairé par une expérience qui a manqué à Galba, et: il a projeté dans le passé ce qui n'était vrai que de son époque, prêtant à son orateur d'occasion une belle théorie libérale, à laquelle le vieux soldat autoritaire n'avait sans doute jamais pensé?^
Ainsi non seulement par son allure générale, mais encore par ses idées particulières, ce discours ne semble