‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 127 sur 177 · Suét., Ner., 87. — /J. Tac, Agric · texte numérisé non relu

Suét., Ner., 87. — /J. Tac, Agric

2l6 LES PROCÉnÉS d'aUT DANS LES HISTOIRES

guère convenir à celui qui est censé Tavoir débité. Mais pourquoi, là et ailleurs, Tacite, voulant exposer des vues personnelles, ne les a-t-il pas exposées en son nom? Parce que le procédé de Torateur intermédiaire lui oiïrait certains avantages, qu'il n'est pas malaisé d'apercevoir. D'abord, comme il parlait sous le couvert d'un autre, il pouvait parler plus hardiment]; et quoique ses hardiesses n'aient rien, si l'on veut, do'bien subversif, il n'en avait pas la complète responsabilité devant Tauditoire mondain, toujours un peu susceptible et ombrageux, d'opinions probablement diverses, auquel il soumettait ses Histoires. Et cependant l'auteur paraissait assez derrière son personnage, pour donner aux paroles prononcées ce caractère de hors-d'œuvre artistique qui faisait d'un discours le morceau de lecture par excellence.

C'est par là, je l'ai dit, que se rejoignent toutes nos variétés de discours. Qu'ils aient telle ou telle fin secondaire, comme de peindre une âme, d'expliquer une situation, de développer la pensée de l'historien lui-même» ils veulent avant tout être unefœuvre soignée et raffmée de littérateur. Et sans doute te trait s'accuse dans ceux qui ne sont que des exercices d'école ; mais il n'est pas complètement eflacé des autres. J'ai signalé ailleurs dans le discours de Galba le côté de rhétorique, les maximes, brillantes, les antithèses, les phrases à effets^ . Dans le^ discours même de Pison, discours à intentions psychologiques, la rhétorique se reconnaît au dédain de l'exactitude matérielle.) Peut-on approuver par exemple cette assertion de l'orateur que l'avènement de Galba s'est opéré sans effusion de sang-, comme si ce n'était rien vraiment que d'avoir égoi-gé l'ancien consul Tur-

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