Hisl., L
raison, il n'en a mis nulle part autant que dans ses harangues.
Ainsi le discours de Mucien ', destiné à persuader Vespasien d'accepter la candidature impériale, débute par des considérations sur les hommes qui méditent de hautes entreprises, et se termine par la sentenlia obligatoire, ramassée en quelques mots frappants qui s'op-posent : « parler de rébellion, c'est être déjà rebelle, qui délibérant desciverunt ». — Les amis de ^ itellius, quand ils veulent le détourner de composer avec le parti flavien et le poussent à la résistance, se conforment avec soin au précepte : aiigere, amplijîcare rem. Ils réservent, pour la fin de leurs exhortations, l'idée générale qui doit appuyer et renforcer les idées particulières : « Mourir pour mourir, mieux vaut périr vaincus que soumis; seule importe la question de savoir si l'on rendra le dernier soupir sous le mépris et l'insulte ou dans l'effort d'un généreux courage-. » — Othon et ses soldais font assaut de sentences ■\ Lorsque, déprimé par les mauvaises nouvelles venues de Bédriac, l'empereur a résolu de se tuer, Plotius Firmus, au nom des prétoriens, le supplie de renoncer à son dessein : « Il y a plus de grandeur d'âme à souffrir le malheur qu'à s'y soustraire. Les braves, en dépit de la fortune, s'obstinent à espérer; les faibles et les lâches sont précipités au désespoir par la crainte. » Il lui apporte comme arguments une série de maximes, auxquelles Othon, pour ne pas être en reste, répond par une autre série de maximes : « Il ne faut point calculer le temps que durent les faveurs du sort; la modération est plus difficile, quand on n'a pas compté sur un long bonheur... Ne tardons pas davantage; parler trop de sa fm est un commencement de lâcheté. La meilleure preuve de ma résolution immuable,