I. Voir p. i64-i65 et
2 3S LF.s rnocÉDÉs d'art dans les histoires
mais d'un fait dont toutes les circonstances sont ramassées en un tout et disposées suivant Tordre rationnel, l'ordre même où elles ont dû s'offrir aux spectateurs de la scène: « Igitur milites Romani, — quasi Vologesen aui Pacorum avito Arsacidarum solio depulsuri ac non imperatoreni suum inermemet senem irucidare per gèrent, — disiecta plèbe, proculcato senatu, — itruces armis; rapidi eqiiis — forum irrumpunt^. « J'ai séparé les diverses articulations; on s'aperçoit aussitôt qu'elles répondent aux notations successives de l'observateur: d'abord, en tète de la phrase comme il convient, l'apparition des prétoriens qui surgissent dans le haut du Forum ; puis une impression très générale encore, la seule qu'on puisse recevoir à distance, le zèle, l'ardeur, l'entrain que semblent apporter les soldats à leur misérable besogne, comme s'il s'agissait d'abattre l'ennemi héréditaire de la patrie ; puis la suppression de l'obstacle formé par la foule, dispersion du peuple, du sénat lui-même, sans égard pour quiconque ; puis, à mesure que les cavaliers approchent, l'éclat terrible des armes, la rapidité de Tallure, qui frappent de plus en plus ; enfm l'irruption au centre de la place. C'est une période parfaite, le type classique de la période dans la narration oratoire ; car ce type de phrase n'est pas réservé à la harangue ou à la seule expression des sentijnents~pàlhétiqaes ; il se prête au récit, comme TT sert aux grands coups d'éloquence ; il existe, quelle que soit l'occasion, dès que certaines conditions sont remplies. Elles le sont ici. Il n'est pas jusqu'à la symétrie de plusieurs membres groupés deux par deux qui n'ajoute à l'équilibre et à la cadence de l'ensemble.
Une symétrie complète, en soi, n'est pas indispensable ; encore moins un parallélisme étroit, à la Gor-