‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 145 sur 177 · Hisl.A, i · texte numérisé non relu

Hisl.A, i

tijiccs, ai moris est, adoptarem , et niihi egregium erat Cn. Pompei et M. Crassi siibolem in pénales meos adscisccre, et tibi insigne Siilpiciae ac Liitatiae décora nohilitati tuae adiecisse. La phrase est belle, bien lancée, puis minutieusement balancée, terme à terme ; les mots y sont placés de façon à produire leur plein effet oratoire. En outre riiypothèse émise par 5i ie... appelle une contrepartie. Une seconde période, exprimant ce qui est la réalité (ntmc me...), vient s'opposer toute à la première, de même qu'à l'intérieur de celle-ci les membres particuliers s'opposaient l'un à l'autre. La symétrie se développe, la construction s'élend, l'ampleur et le r;ythme s'accroissent : mine nie deorum honiinumqiie consensii ad iniperium vocatani praeclara indoles tua et amor patriae inipiilit, ut principatum, de quo maiores nostri arniis certabant, bello adeptus quiescenti offeram. Mais ici la phrase est finie, logiquement et musicalement. L'esprit est satisfait et la voix ne peut prolonger son émission davantage : offeram marque l'arrêt de la pensée et du souffle. Et cependant la phrase n'est pas finie chez-Tacite. Deux ou trois lignes encore y sont jointes, j'allais dire s'y accrochent, tant l'attache est grossière : un ablatif d'influence, auquel est suspendue une longue proposition relative, et nous voilà sollicités de continuer le mouvement... exeniplo divi Aiigusti, qui sororis Jiliiini Marcelluni, dein generum Agrippam, niox nepotes siios, postremo Tiberiuni Neronem privignum in proximo sibi fastigio coUocavif. Mais le mouvement n'en est pas continué pour cela. La période en réalité est rompue ; ' nous n'avons plus devant nous qu'un appendice péniblement ajouté, une queue traînante. La phrase, qui était bien partie, vigoureuse et sonore, se ralentit, peu à peu s'assourdit, s'éteint, s'affaisse. Or le propre de la période est de se relever à la fin et de terminer au plus haut. Il y a contradiction entre les deux procédés.

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Tacite les a unis dans un même ensemble : le produit reste hybride.

Tacite n'a donc pas toujours, en écrivant, ce que j'appelle la manière courte, difl'érenl en cela de Sénèque dont les pensées se bornent, selon le joli mot de Fronton, à « trottiner* «y Chez lui cette manière est un premier type de phraSe; ce n'est pas le seul. Ce n'est peut-être même pas le plus curieux ni le plus personnel. A côté des phrases courtes, il a des phrases plus ou moins longues! Mais quand sa forme se développe, elle n'en devient pas nécessairement périodique. Il procède

au moyen de gartkijie^X^-- Ç^'^^-^^iÀ^^^ ^^ d'ablatif-, deux moyens qu'il fond l'un dans l'autre lorsqu'il se sert de la proposition participiale à l'ablatif absolu, qu'il unit encore d'une façon étroite en donnant des ablatifs comme compléments aux participes. Et personne avant lui, non pas même SaUuste, qui emploie beaucoup cependant le participe à l'imitation du grec, n'en avait fait un pareil usage. Voyez, dans les exemples suivants, participes et abla^lifs^ se multiplier, se serrer, comme une végétation touffue qui envahit peu à peu toute la phrase : « Igi/urÇVinius) iussu Gai Caesaris oneratus catenis, mox mutatione temporum dimissus, cursu 1 ? hononim inoffenso legioni post praetarani praepositus ^ j probatusque, servili deinceps probro respersus est, tan- ] i quani scyphiim aareum in convlvio Claudii furatus^ — j Populus sentire paiilatim belli niala, conversa in militum asiun omni pecunia, intentis alimentorum pretiis, quae -; motu Vindicis liaud perinde plebem attriverant, secura tum urbe et provinciali bello, qiiod infer legiones Galliasque vehit externum fuit'^ ». Il se présente même des

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