Srnlenliac tohitarcs. — a. Ilist., 1,48. — 3. I
cas où les parlicipes occupent presque le tiers de la totalité des mots '. Dans une pareille accumulation certains d'entre eux en viennent à dépendre des participes voisins. Tacite ne craindra pas décrire : transgressa in Africain... famem populo Ronmno liaud obscure molita (Calvia Crispinilla avant essavé, après être passée en Afrique, d'all'anier le peuple Romain -), ou arreptis e slrage scutis ignorati (n'étant pas reconnus, grâce aux boucliers qu'ils avaient ramassés^). De même, accumulant les ablatifs, il les fera dépendre les uns des autres. Il écrira : variis segni adulatione vocibus ou lubrico itineruni adempta equorum pernicitate ou immenso auclu (Tiberis^ proruto ponte sublicio*. C'est une caractéristique du style des Histoires quecet énorme emploi des participes et de toutes les sortes de participes, des ablatifs et de toutes les sortes cl'ablâîifs^
Regardons maintenant de plus près. Les participes entourent le verbe principal, de manière à grouper à ses côtés tout un imposanî'cortège de circonstances. Je reprends une pbrase dont j'ai déjà cité quelques mots: (^Calvia Crispinilla) magistra libidinum Neronis, transgressa in Africam ad instigandum in arma Clodium
1. III, 25 : h niox mlullus... 8 participes (-f- 3 adjoclifs attributs) sur 28 mots.
3. III, 23. — D'autres fois, il y a coordination de participes et d'adjectifs, là ovi il devrait y avoir subordination : II, 22 ne irrisus ac vanus iisdem caslris assiderel, c'est-à-dire ne irrisus quia vanus.
l\- I, 30; I, 7g; I, 86. — D'autres fois, dos ablatifs absolus qui se suivent^, sans dépendre l'un de l'autre, correspondent à des propositions subordonnées de nature différente : II, 32 Germanos... Iracto in^ aestulein bcllo, fluxis corporibus, mulalionem soli caeliqae haiid toleraturos (^Iracto bello = si iraherelur bclluin et JJuxis corporibus = quia Jluxa corporà).
5. Cf. encore II, 21 : fraude illata ignis alimenta credidit a quibusdam ex vicinis coloniis invidia et aemulatione ; — II, 68 : Ifjitur duobus milltibus... ad certamcn lactandi accensis. postqnam leyionarias prociderat, insultante Galio et iis... in studia diductis, erupere lecjionarii, etc.
Î246 I.FS PROCÉDÉS d'aRT DANS LES HISTOIRES
Macrum fam^ m populo Romane liaiid obscure molila, totius postea cicilatis (jratiam obtinuit, consiilari malrimonio subnixa el apnd Galbam, Othonem, Vitelliani illaesa, mox potens pecunia et orbitale, quae bonis malisrjue temporibus iuxta valent. Voilà en une seule phrase, avec un seul verbe principal, résumée toute une existence, dont les diverses étapes, de l'époque de Néron à celle des Flaviens, sont indiquées chacune par unpaiticipe.j Remarquons qu'une moitié de ces participes (ou adjectifs) est rejetée après le verbe obtinuit, qu'ainsi placés ils expliquent, développent l'idée prmcipalc, mais qu'ils prolongent en même temps la phrase, laquelle pouvait ou devait même normalement s'arrêter avec le verbe. Nous sommes ici en présence d'une seconde manière, que j'appellerai la phrase, non pas longue (clic ne l'est pas nécessairement), mais allongée ; car c'est au moment où elle paraît terminée, où elle l'est réellement, où l'on attend le signe qui en marquera la clôture, qu'elle se rouvre afin de recevoir l'addition d'une idée, d'un fait, d'une circonstance. Que sur l'idée ou le fait ajoutés se greffent, au moyen d'un relatif par exemple, une nouvelle idée, un nouveau fait, puis sur ceux-ci, au moyen de quelque autre attache, encore une autre idée, un autre fait, et la phrase va se jprolonger, s'allonger presque indéfiniment.
D'abord le cas le plus simple : h fait fi lias Gai Pisonis, Il nihil ausus, « c'était le fils de C. Pison » (tué par ordre de Mucien'). La phrase est finie au mot Pisonis. Tacite se ravise et ajoute une réflexion : « il n'avait pourtant rien entrepris » (contre Mucien ou Yespasicn). JSihil aasas est un appendice. — Cas plus complexes : Itjitar Seqaanis Aeduisque... infensi expugnationes nr-
i. IV, II. — Calpurnius Piso Galerianus, fils adoptif du Pison qui avait conspiré contre Néron.
bium, popiilationes aijrorum, raptus penatiurn fiauserant iininio, \\ saper avaritiam. et arrogantiam... contumacia Gallonim irritati, | qui remissam sibi a Galba quartam tribuloruni parteni et publice donatos in ignominiani cxercitiis iactabant^. — Munia imperii Caecina ac Valens ohibant, || olim anxii odiis \ quae, bello et castris maie dissinmlata, pravitas amicorum et fecunda gignendis iniinicitiis civitas auxerat, | dam ambita, comilatu et immensis salutantium agminibus contendunt comparaiiturque, \ variis in hune aut illuni Vitellii inclinalionibus'. Dans cette dernière phrase, que j'ai donnée tout entière malgré sa longueur, on voit que les diverses propositions subordonnées sont suspendues à l'adjectif anxii, comme dans la précédente la proposition relaCîvëT était au participe irritati. Tel est souvent le but de ces adjectifs et participes servant de détermination attributive ou circonstancielle au sujet : ils permettent de compléter après coup l'idée principale.
Tacite a cependant, pour prolonger sa phrase, un procédé qu'il alïcctionne encore davantage. Ce procédé, son vrai moyen de prédilection, c'est l'ablatif absolu ou, plus exactement, la proposition participiale à l'ablatif absolu. De l'emploi de cette forme les preuves abondent : il suffit d'ouvrir les Histoires et de prendre une page à peu près au hasard. Voici un certain nombre d'exemples, dont je traduirai l'essentiel : Otho, comiter administrata provincia, primas in parles transgressas necsegnis, donec bellum fait'' , et inter praesentes splcndidissimus, speni adoptionis statim conceptam acrim in dies rapiebat, \\ faventibus plerisque militam, prona in eam aula Aeronis ut similem*, « ...cet espoir d'une