‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 148 sur 177 · I. I, ^7. —2. III, 5. —3. III, 9. — 4- III · texte numérisé non relu

I. I, ^7. —2. III, 5. —3. III, 9. — 4- III

reprocher, mais il était haï de longue date ». — ^l laude Cluvii Rnfi orsiis, qui perinde dives et eloquenlia clarus nulli unquarn siib Neronc periculum facessisset, crimine simal cxemploque Eprium urr/ebat, \\ ardentibus palrum animis\ « ... il accablait Eprius à la fois de ses propres crimes et de l'innocence d'autrui. Les esprits des sénateurs étaient enflammés ». — Quibus ohveneranl castra decimanorum, oppugnationeni legionis arduam raii, egressum mi/ilem et caedendis materiis operatuni turbavercy \\ occiso praejecto caslrorum et quinque prinioribus centurionum paucisquc militibus ; céleri se munimentis defendere', «... ils bousculèrent les soldats en train de couper du bois. Le préfet du camp fut tué, cinq des premiers centurions et quelques légionnaires; les autres se défendirent derrière leurs retranchements ». Etc.

J'ai multiplié les exemples, pour faire toucher du doigt à quel point Tablatif absolu terminant la phrase est ime habitude de style familière à Tacite, un moule commode, qu'il a toujours en quelque sorte sous la main, auquel il revient sans cesse, parce que, non moins qu'au premier type (les phrases courtes et juxtaposées), sa pensée s'y adapte à merveille. On aura observé que ces ablatifs expriment des rapports très variés de cause, de temps, de concession, de simultanéité, emplois qui se rencontrent d'ailleurs à l'époque classique. Mais ce qui est la marque de notre auteur, c'est leur fréquence, bien plus considérable chez lui que chez ses devanciers, surtout c'est leur place, régulière, presque invariable, à la fin de la phrase, alors que la phrase semblait avoir atteint son terme ^ : conséquence de l'habitude d'esprit que j'ai signalée plus haut.

Page 1