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lail la période. Tous ces attributs du complément ou du sujet dans la phrase condensée sont placés sur un même plan, simplement coordonnés ou juxtaposés, quoiqu'ils soutiennent entre eux des rapports de sens qui diffèrent beaucoup de l'un à Taiitre. Le consalatatiim du premier exemple (I, 27) marque une action antérieure à imposituin : la forme employée n'en laisse rien voir. Trepidam a une valeur concessive par rapport à impositntn : on ne le voit pas davantage. Dans le second exemple (III, 7^), les trois participes passés passifs occiiltalus, immi'xtiis, ignoratus, bien qu'ils soient rapprochés et sur le même plan eux aussi, expriment l'un une action plus ancienne que les suivantes (occultatus, « dès le début il s'était caché »), l'autre la cause Çimmîxtus , « parce qu'il se mêla »), l'autre la conséquence (ignoratus, « si bien qu'il passa inaperçu »). En fait, tous trois ne marquent au dehors que l'antériorité par rapport à délitait. D'où vient donc l'emploi de ces tournures ? De ce que Tacite continue d'obéir à l'habitude d'esprit qui, dans le type précédent, lui faisait placer les propositions les unes à la suite des autres, comme elles naissaient dans son cerveau. Maintenant, c'est dans une même proposition qu'il dispose les participes les uns à côté des autres; mais le principe qui le guide n'a pas changé; c'est toujours le principe de succession. Ainsi, jusque dans les phrases de condensation. Tacite rapproche, juxtapose ou coordonne, plus qu'il ne subordonne ; et au total, pas pltis qu'entre la phrase courte et la phrase allongée, il n'y a de ditlérence vraiment profonde, radicale, entre la phrase allongée et la phrase condensée.
Ce qui le prouve encore, c'est que les deux types peuvent s'amalgamer dans un même ensemble. La phrase," qui a commencé par être dense, se poursuit en s'allongeant d'après le procédé connu : Flavianum, oinissa Pannonia ingressum Italiam et discriinini exemptam, reruni
2i)y. LES l'UOC.ICDKS d'aUT DANS I.ns 1U^I()1U1:S
nov'iriim cupido /ei/ati nnnien rcsiimere et misceri civilibus arniis inipa/cral([\[)v dense, avec participes se rapportant au coniplâneiit), — swulcntc (Jornelio Fusco (phrase alloiiirro p,ir la pmpusiiion jiarlicijiialc absolue, à laquelle se ratlai lioiil diMix autres preposilions, causale et (inale : nan (juin iiulustria Flnviuni ajebal, — sed ut consulare noincii sLirfjentihus cnin maxime partibiis honesta specie praclenderclur^). A la réflexion, cet amalgame ne doit l)as surj)rendre. Le groupe secondaire prolonge la phrase par 1 addition de parties successives; mais rien n'empêche ces diverses parties d'être denses chacune pour leur compte. Que l'on se rc[)orte à des passages comme les suivants : « ... favenlibus plerisque mililum, prona in eum aula Ncronis ut similem; ... audiente Othone idqne ut laelum c contrario et suis cogitalionibus prosperum interprétante; ... ipso Vespaniano inter initia imper n ad obiinendas iniqaitates liaud perindc obstinante, donec indulgenlia forlunae et pravis magislris didicit aususque est; ... haad defulura conscioruni manu, ni Scribonianus abnuisset, ne paralis quidem corrumpi lacilis, adco mctuens incerla^»; l'ensemble se trouve allongé, mais chaque élément complémentaire a exprimé la nouvelle circonslance sous une forme ramassée. Si le groupe principal lui-même se développe par l'adjonction dune jn'oposilion suljordonnée, la subordonnée subira au besoin la condensation qui s'étend à la principale tout entière : h mox adaltus, inter septinianos a Galba conscr/ptns, oblalum forte patrem et vulnere stratum dum semianimcm scrutatur, agnitus agnocensque et cxsangu/'iii aniplcrus, voce Jlebili prccabatur placatos patris mânes .
Ablatifs et parlicJ[)es sont donc pour Tacite un excellent moyen, soit de condenser, soit d'allonger la phrase,
1. ili, 4. — a. 1. 10 ; I, 27 ; II, 84 ; IV, Sg. — 3. III, 20.
LE STYI.K