‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 160 sur 177 · I, /jo j I, 62. — 4- I. lo · texte numérisé non relu

I, /jo j I, 62. — 4- I. lo

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Yespasien, ... nous avons attendu son élévation [)Our le croire. » La malice a élé retardée, suspendue, afin d'être mieux décochée. Mais il semble aussi que, l'intention • spéciale venant à manquer. Tacite préfère, en dépit de l'usage classique, ne pas renvoyer le verbe à la fin. Et pourquoi, sinon pour agir précisément au rebours de ce\r usage;* Pourquoi avoir écrit en effet : postqiiam pandV viani et mare prosperuin accepit, de se {Tilus) per ambages interro(jat caesis cômplaribus hosliis, au lieu de caesis cômplaribus hostiis per ambages interrogatK L'ablatif absolu aurait pu d'autant mieux précéder le verbe principal, qu'il marque une action antérieure. Pourquoi encore avoir écrit : indomitiis miles... raere et retinenli daci tela intentare spretis centurionibiis tribnnisqiie-? Si l'on se place au point de vue de la discipline militaire, désobéir aux centurions ou aux tribuns est moins grave que de tourner d'un air menaçant la pointe de ses armes contre son général. La gradation était donc mieux observée, si daci tela intentare avait suivi spretis centurionibas. Mais les ablatifs absolus en fins de phrases sont une de ces nouvelles tournures que Tacite affectionne, et Tacite a4ait passer la nouveauté avant la logique ou la chronologie.

Je rattache à ce même goût du nouveau et de l'imprévu la manière, sur laquelle j'ai longuement insisté plus haut, de construire les phrases par addition de propositions qui naissent successivement et les unes des autres, procédé si contraire au procédé périodique. Cette phrase à tiroirs (qu'on me passe l'expression) est un peu une phrase à surprises. On ne sait jamais bien, quand on s'y engage, où elle vous mènera ni ce qui en sortira. C'est par cela même qu'elle séduit Tacite. Elle pique l'attention et ménage des effets.

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