Martial, XIV, igi
30 LES PROCÉDÉS d'aRT BANS LES HISTOIRES
hic (Sallustiuf!) Iiisloriac maior est auclor (quam L/i'àw) '.Tacite sans nul doute partageait leur sentiment : « C. SaUusiius, disait il, reriim romanarnm Jlorentissinnis auclor '. » Si l'éloge nVsl décerné que dans les Annales, on peut affirmer que Tadmiration datait de plus loin; car voulant passer de l'éloquence à Thistoire, l'auteur de VAgricola et de la Germanie s'était mis, non point à l'école de Tile-Live, mais bien à celle de Salluste. A considérer les deux sujets qu'il a choisis pour ses débuts et qui sont de l'histoire traitée par fragments (carptim '), à voir aussi la manière dont ces opuscules déjà sont écrits, avec \me recherche d'héllénismes et d'antithèses qui sont l'essence même du style de Salluste, on se rend compte qu'il était tout pénétré de son modèle.
Or chez ce modèle, au début du Catilina, il trouvait un tableau du milieu oii la conjuration ^ pris naissance. Salluste, après avoir tracé le portrait du célèbre agitateur montre en effet sur quel terrain corrompu avaient germé les mauvais instincts de sa nature et comment, dans des âmes semblables à la sienne, s'étaient développés tous les ferments de révolution. Il nous donne là une peinture de la société romaine ou, pour mieux dire, une rapide histoire de l»ome envisagée au point de vue moral, opposant les vertus civiles et militaires du passé, qui ont fait la grandeur de la République, aux deux fléaux que cette prospérité a introduits dans les cœurs, la passion du pouvoir et l'amour de l'argent. Le préambule de sa grande Histoire, autant qu'on en peut juger dans l'état de mutilation actuelle de l'ouvrage,
1. Quiiililien, II, 5, ly. — Cf. aussi X, i, loi-ioa, où malgré lés rlogcs donnés à Tile-Livc, c'est à Salluslc qu'est réservée l'cpitliite d'immortel.