I.E l'HOt.OGLE
jours'. Maintenant ce sont tontes les armées qui veulent, chacune de leur coté, avoir leur empereur. Chacune se rend compte qu'elle peut oser ce qui a réussi à Tune d'elles, qu'elle a même intérêt i l'oser, « pour ne pas abandonner à d'autres les profits de la domination' ». Tacite a raison : la brusque découverte du « secret de l'Empire » fut un événement dont il serait difllcile d'exagérer la valeur. Elle créait une agitation qui n'a\ait pas de précédent dans le passé de Rome et mettait la puissance romaine à doux doigts de sa ruine. L'année des quatre enqjcreurs fut l'année terrible; elle pouvait être l'année fatale. Sereins' Galha ilcrani Tilus Vinius consnles inchoavere anniim sibi ullimiim, rei publicae propc siipreinum ^ : c'est par cette réflexion grave, d'une froideur apparente, que l'iiistoricn termine son exposé. Il se contient ; mais on sent qu'il a tremblé devant la pers[)ective entrevue d'un ciTondrement général.
Dans ce tableau si chargé de signification, 11 semble pourtant qu'il y ait une lacune. Tacite a bien démêlé les conséquences de l'élection de Galba ; elle est la cause de toutes les catastrophes qui se préparent. Mais cette élection elle-même, de quelle cause est-elle née? Pourquoi s'est-elle produite? et produite en Espagne? et en liaison avec la tentative de Vindex dans les Gaules? Pourquoi est-ce contre Néion cjue la Gaule et l'Espagne se sont révoltées? Et s'il existait contre Néron des raisons particulières, pourquoi, après la mort de Néron, la crise continua- t-elle? Nous cherchons une réponse à ces questions. Nous n'en trouvons pas, du moins dans les chapitres qui nous occupent.