Ilist., IV
LE PHOLOGUE 55
les provinces le contre-coup d'une déplorable situation financière. Néron était un bourreau d'argent. Après avoir dépensé follement, construit sa Maison Dorée, jeté à des gens de bas étage deux milliards deux cents millions de sesterces, épuisé sa fortune personnelle et mis à sec les caisses de PElat, il n'avait plus comme ressource que de se refaire avec l'argent des autres. On connaît le mot de Tibère au sénat, un jour qu'il était -illicite de venir en aide à un grand seigneur ruiné : <i Quand vous aurez vidé le Trésor par vos complaisances, il faudra bien que je le remplisse par des crimes'. » Confiscations, exécutions, Néron ne larda pas à recourir aux expédients qu'avait annoncés Tibère. Les riches Romains une fois tués et dépouillés, il voulut tuer et dépouiller à leur tour les riches provinciaux", II frappa en Afrique^; il menaçait de frapper en Gaule ^. II était tem[)s d'arrêter ses fantaisies sanguinaires. Si ilnme s'était montrée victime résignée, la province n'entendait pas se laisser égorger docilement.
Mais Néron meurt. Le mouvement aurait dû s'arrêter, puisqu'il visait à renverser Néron. Ce fut tout le contraire qui arriva; l'agitation ne fit que s'étendre. C'est que Tempereur mourait sans héritier; et alors éclata le vice originel de l'institution impériale. Parce que le principal était un pouvoir ambigu, mal défini, une monarchie sournoise, Auguste n'avait pas osé régler l'ordre de succession à l'Empire. Faute de mieux, il avait dû se contenter d'une solution provisoire, s'en remettant aux circonstances du soin de la faire durer. Elle dura, en effet, tant que fut représentée la maison julio-claudicnne. Mais comme avec Néron la famille de