‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 33 sur 177 · riinc N. IL, XVIII, 35. — 4- Piularquc, Galb · texte numérisé non relu

riinc N. IL, XVIII, 35. — 4- Piularquc, Galb

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César s'éteignait, il fallut bien chercher ailleurs. Tous les espoirs alors devinrent permis, et, l'exemple de Flilspagne ayant montre qu'il suiïîsait d'avoir de l'audace, toutes les compétitions se manifestèrent au grand jour. Ce fut la poussée des appétits. On vit l'armée de Germanie jalouse de l'armée d'Espagne, les prétoriens jaloux des légionnaires, les légions d'Orient et du Da nube jalouses des légions du Rhin. Chacun se disait : « Pourquoi pas moi, aussi bien que les au très .'^ » Eternelle parole dont se couvrent toutes les convoitises' ! La crise, d'abord locale et particidière, ouverte en Espagne sur la question du renversement de Néron, se généralisa sur la question plus excitante, et plus grave, de savoir comment se ferait désormais l'accession à l'Empire.

Tacite n'a point donné dans son tableau ces raisons du grand ébranlement. Aucun des huit chapitres ne parle de la crise financière; aucun, du malaise causé au monde par l'absence d'une loi de succession. D'où cela? Devons-nous croire, par exemple, qu'il n'a pas su voir quel était l'état des finances, ni reconnaître l'intérêt du sujet. >^ Ou encore, l'argent, les chiflres, élait-ce de ces choses dont on peut bien s'occuper (les Romains s'en occupaient avec passion"), mais dont on ne parle pas. Le scrupule, aujourd'hui, paraîtrait singulier. Il est vrai qu'il s'agit d'autrefois, et de Tacite, écrivain pénétré d'une sorte de respect religieux pour la gravité de son

1. Ilist.. II, G; — Suctonc, ]'espas., 6 : neqiie enim détériores esse aul Hispanirnsi exerciln qui Galbam, aut praetoriano qui Olhonem, aut Germaniciano qui ViteUiuin fecisscnt.

2. Cf. Horace, Art Poétique. \. 320 et suiv., à propos de l'éducation des jeunes Romains. — Notez aussi que non seulement les commerçants, mais les particuliers, outre un carnet de recettes et de dépenses au jour le jour (^ndversaria), avaient un registre sur lequel ils recopiaient chaque mois le précédent carnet, ce que nou.s appellerions un « grand-livre » ^tabulas accepti et expensiy

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(puvre', a\ant pour i>iinripe que tout ne méiilc pas irèlrc conliô à l'hisloiie el ([u'elle ne saurait, sans déchoir, s'abaisser à de cerlairies considérations. Seulement, pour cpic IVxplication lut exacte, il faudrait cpie Tacite n'eut jamais abordé ce genre de questions ni à propos d'aucun prince. Or il montre qu'en janvier 69 ce fut le dunativnm promis au nom de Galba, puis différé et finalement refusé, qui détermina l'attitude des prétoriens, devenus, de favorables cju'ils étaient, hostiles au nouvel élu. Il insiste sur l'avarice du vieil empereur auquel, même après les maladresses du début et sa rigueur hors de saison, la moindre libéialilé aurait pu encore concilier les esprits""; sur les dettes dOlhon qui ruiné, poursuivi par ses créanciers, « perdu dans un état de choses régulier », avait besoin d'être empereur pour se tirer d'allaire'; sur les mesures enfin que prit le gouvernement, afin de remédier aux embarras du Trésor*. Il ne serait donc [)as juste de prétendre, ou qu'il a ignoié l'importance de la question d'argent ou que, l'ayant reconnue, il n'a point osé l'introduire dans son histoire, puisque de cette question qui précipita la chute de Néron et contribua beaucoup à celle de Galba, s'il n'a rien dit pour le premier, il a marqué avec soin les effets pour le second.

L'autre omission du prologue n'est pas moins volontaire. Plus bas, au chapitre 16, par la bouche de Galba adoptant Pison, Tacite saura fort bien exposer la théorie de la transmission du pouvoir, comparer les deux systèmes de l'hérédité et de l'adoption, et définir comment, à la mort du dernier des Césars, on fut mis

1. Hist., II, 5o, prociil fjravitate coepti operis crediderim.

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