I, 87. — 3. I, 47 : Per stragem iacentlum
4. A moins que Tacite, par les expressions disiecla plebc. procul cato senaiu (I, 4o), n'ait eu en vue d'autres morts qu'il a négligé de rappeler ici. Mais je croirais plutôt à l'amplification. Proculcato senaZu est déjà « une hyperbole passionnée » ; la charge exécutée contre la multitude n'alla pas « au delà d'une coupure et d'un refoulement » (Fahia, Le 1 5 janvier 6g à Rome, dans Reo. de philol., 1912, p. 107). Per slragem iacenluim n'est pas moins exagéré. M. Fabia (p. 136) semble même ne comprendre que les deux consuls, Galba et Vinius, parmi les iacentes (d'après Plutarque, 28 : twv v£/.ptôv à/.£-^âXwv Èv xaîî j-aTiza'.; è-Of|aiv) ; mais il faut évidemment ajouter Pison tué in foribus templi ÇVcslae) (Tac, Ilist., I, 43).
80 LES rROCÉDÉs d'art dans les histoires
ce qui s'étend entre le Pô d'un côté elles Alpes de l'autre, fut au pouvoir de Vitellius' ». En réalité l'armée (.le Vitellius ne tenait que le centre et l'ouest de la Haute Italie; Othon demeurait maître de toute la partie orientale, ce qui était très important, puisqu'il avait ses communications assurées avec les légions de riUyricum^ Seulement, l'autre manière de raconter rend cette descente de Cécina plus triomphante; elle a donc l'avantage aux yeux de Tacite, qui n'y regarde pas de très près. — C'est encore par habitude oratoire d'enfler la voix et de suifaire les choses, qu'il dit in toto lerrarum orbe^, quand il n'est question que de l'empire romain, immensam spatiiun\ quand la distance n'est que de quatre lieues % legionain agmcn ou legionum adversa frons^, quand il n'y a qu'une légion, grossie d'un ou de deux détachements, etc. Fâcheuse habitude qui le fait même tomber en de petites contradictions. A la mort de Galba, la ville fut etl'rayée du meurtre qui venait de s'accomplir. Les sénateurs, les chevaliers, la multitude éclatent en gémissements (palarn inaererey . Mais cette même ville, il l'avait ^^résentée un peu plus haut* comme ayant fmi dans la joie une journée passée dans le crime ; il avait montré les flatteries mêlées à l'allégresse, les citoyens courant au camp, luttant de vitesse à qui saluerait Othon le premier, lui baiserait les mains'. Comment des gens si empressés à flatter ont- ils pu, aussitôt après ces démonstrations, marquer ouvertement de la tristesse sans craindre d'offenser le vainqueur, et se lamenter en public ? Le palani maerere est de trop. Tacite a hasardé son expression pour l'effet; il