‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 45 sur 177 · I. II, 17. — a. I · texte numérisé non relu

I. II, 17. — a. I

3. I, 4- Cf. (le même III, 68, Romanum principem et generis Jmmani dominum.

4. II, 44. — 5. Exactement 12 milles, près de 18 kilomètres, 6. II, 22 ; II, 25. — 7. I, 5o. — 8. i, 47. — 9. I, 45.

n"a pas vu qu'il n'était pins d'accord avec lui-nièmo, — ou l'ayant vu, il a passé outre.

Dans les exemples qui précèdent, il y a exagération, mais le fait est réel; dans d'autres cas il y a invention du fait lui-même ou confusion quasi volontaire entre deux faits. J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'au retour de Galba d'Espagne en Italie, Olhon, qui était du voyage, tout occupé de ses rêves ambitieux, essayait de capter les bonnes grâces des gens de guerre. « Pendant les marches, dans les campements, il appelait les vieux soldats par leur nom et, faisant allusion au temps où il était comme eux à la suite de Néron, il les traitait de camarades'. » Ce temps est celui des voyages entrepiis par Néron en Campanie et en Grèce, lorsque, pour y donner sa voix en spectacle, l'impérial histrion avait organisé des tournées artistiques. Mais les troupes, emmenées alors, se composaient uniquement de prétoriens; et par contre, en Espagne, Galba n'avait avec lui que des légionnaires. Les légionnaires d'Espagne n'ont donc jamais figuré dans les tournées de Néron, et Othon, qui le savait bien, n'a pu s'adresser à eux de la maladroite façon que suppose le texte. C'est Tacite qui a commis l'erreur à sa place ; et il l'a commise, parce qu'il a voulu exprimer une belle opposition entre la séduisante visite de naguère aux villes d'Achaïe et la rude traversée actuelle des Pyrénées et des Alpes. Il s'est laissé égarer par le plaisir de l'antithèse.

Cette confusion est une conséquence de l'intrusion de l'esprit oratoire dans le domaine historique. Le même esprit le conduira jusqu'à inventer de toutes pièces. Les soldats de marine, qui allèrent à la rencontre de Galba aux portes de Rome pour exposer au prince leurs doléances, s'étaient munis de leurs épées, et c'est après

ôo LES proci:di:s d art dans les histoires

"avoir menace de s'en servir qu'ils furent cliargés par la cavalerie de rescorte*. Tacile prélend qu'ils étaient san^v armes", afin de rendre le massacre plus odieux. — Olhon monta au Capitole le lendemain du meurtre de Galba. Tacite l'y mène le soir même, afin de le faire marcher parmi les cadavres encore étendus, à travers un Forum ensanglante'". — Lorsque Gécina, le lieutenant de Vitellius, apparut sur les Alpes, Othon quitta Rome (le i/j mars)et gagna la Haute Italie'; mais il s'arrêta àBrixellum, sur la rive droite du Pô, où il établit le quartier général, confiant la conduite des opérations au delà du fleuve à ses généraux Celsus, Paulinus, Gallus et Spurinna. Il ne passa sur la rive gauche que pour présider un conseil de guerre avant la bataille de Bédriac, puis il retourna aussitôt à son quartier. D'après Tacite, c'esl dans ce conseil que les généraux décidèrent Othon à se retirer à Brixellum\ Tacile vciil donc nous laisser croire que l'empereur n'y était point auparavant et^que jusquelà il se trouvait au milieu de ses troupes. Pourquoi le veut-il, sinon pour donner à ce départ, au moment où la lutte va s'engager, l'apparence d'une fuite? Qu'Othon semble déserter son armée, qu'il emmène avec lui une partie de sa garde et de sa cavalerie ; nécessairement le reste de ses soldats n'aura plus le même cœur'". L'impression d'ensemble qui se dégage ainsi est plus forte et autorise la réflexion que la bataille est perdue d'avance, opinion que la réalité ne justifie pas, puisque en fait aucune disposition nouvelle n'intervint qui fût de nature

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