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)rle de Vespasien, afin de lui rendre, quand il sorti it de son appartement, les devoirs ordinaires », ont dce, au lieu de le saluer comme légat, de le saluer npereur'; il n'en faut pas plus, selon Tacite, pour i'une grande révolution s'accomplisse. Evidemment, ;s jeux du hasard secouent davantage l'attention du cteur; mais l'histoire s'en trouve un peu trop simphse. Que deviennent les habiles préparations, les moyens -nployés par Mucien et son entourage et destinés à agir ir l'esprit des soldats, la prétendue lettre d'Othon qui 1 termes pressants remettait à Vespasien le soin de sa ^ni'eance, surtout le bruit semé en Orient que Vitelus\vait résolu, après sa victoire, de changer les quarers d'hiver des légions, de transporter celles du Rhm ans les paisibles garnisons de Syrie et de reléguer celles e Syrie sous le ciel âpre et dans le rude service de la Jermanie-? Ces moyens sont encore indiqués, du moins î second, mais plus lard et accessoirement. Déplacés, s diminuent d'importance. La lumière est concentrée ur la petite cause produisant le grand effet, et le cerveau este frappé de ce qui a d'abord frappé les yeux.
Encore une fois, tout cela n'est pas bien grave en soi ; :haque inexactitude est peu de chose. C'est plutôt la ré- )étilion des inexactitudes qui devient gênante, et le jrincipe commun dont elles procèdent qui est blâmable. Vous sommes ennuyés que, même pour obtenir un bel iffet, l'historien s'écarte de la scrupuleuse vérité. Cicéron cependant avait formulé une règle excellente en ces matières : ne qiiid falsi dicere audeat (historia), ne qiiid ■ceri non audeat'. Que Tacite ne s'est-il toujours conformé à ce principe! Mais il eût fallu qu'il ne se souvînt plus autant d'avoir été orateur.
I. Tac.,H/5<.,II,8o. — 2. Suét., Vesp., 6. — 3. Cic, Deorat.. II, i5, 62.
De même que la pralique de réloquence l'a détourn d'une méthode purcmenl scientifique, c'est elle auss d'ordinaire, qui l'a conduit à exclure de l'histoire h menus faits, fussent-ils caractéristiques. L'éloquence hf bitue à s'élever vers le général plus qu'à descendre a particulier. Les faits généraux, ceux qui ont eu de vaste conséquences et qui sont comme les sommets d'un époque, lui paraissent aisément être les seuls dignes d retenir ses regards. La doctrine de la res illustris, qu nous avons signalée chez Tacite, est au fond même d l'esprit oratoire.
Enfin cet esprit vise au noble et repousse le familier à plus forte raison le vulgaire. Magnifique dans ce qu'i dit, il s'impose de la tenue; il aime qu'on se mette pou écrire, comme M. de Buiîbn, en manchettes de dentelles Il ne veut pas se salir, et se garde de toucher ce qu a été au contact de la boue. Au reste, tout se tient dan. ces traits de l'esprit oratoire. Médiocrement épris d'exac titude, il verse dans le général, qui s'accommode mieu: que le particulier du vague et de l'a peu près. Dédaignou" du petit fait et de l'anecdote, il aboutit à l'histoire noble qui est l'histoire des grands faits et des généralités.
Ainsi s'exphque que les récits de Tacite soient marqués des trois caractères précédemment définis. Nouri dans l'éloquence depuis sa jeunesse, élève des rhéteurs, « avocat transporté dans l'histoire* », il s'est trouve prisonnier de son passé. Mais il ne le sera pas toujours, et d'ailleurs, les inconvénients de cette situation ne se feront pas sentir également sur tous les points. Disons enfin que, même en ce qui concerne les récits. Tacite n'est pas un prisonnier résigné; il tâche de s'évader, veut