‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 53 sur 177 · II, 98; IV, 5i et 52; IV · texte numérisé non relu

II, 98; IV, 5i et 52; IV

2. II, 70. — La précision de ce passage même est plus apparente que réelle. S'agit-il de ne pas avoir encore atteint les limites de la durf'o en question, ou de ne pas les avoir dépassées après les avoir atteintes? Intra peut avoir les deux sens.

,3. II, 27. — 4. II, 66. - 5. I, 66. — 6. II, 65. — 7. II, 3o etSi. — 8. II, 3i-33. — 9. II, 26.

10. Sur CCS imperfections consulter les différents critiques qui

de la moillc est consacré aux campagnes contre le- Bataves, est-il de tous ceux qui nous sont parvenus celui qui offre le moins d'intérêt. Outre que la matière en elle-même n'a plus la grandeur tragique des livres précédents, on n'y sent pas Tacite sur son terrain. Irons-nous cependant jusqu'à dire, comme on l'a fait en Allemagne, qu'il est « le moins militaire des historiens* )) ? Ce serait une exagération. Puisqu'une fois au moins il a su se montrer précis, clair, complet, il n'aurait tenu qu'à lui de renouveler l'aventure. Mais la tâche d'historien militaire lui apparaissait sans doute comme une besogne de qualité inférieure, et il a fallu les graves événements qui amenèrent le choc des armées sous Crémone "^ pour le décider à l'envisager telle qu'elle devait rètrc. Il a compris que son indilTérencc habituelle

s'en sont occupes. Voir la ljlbliogra|)liic donnée par M. Fabia danson introduction aux Sources de Tacile (p. xvi-xxii), et l'ouvragr des Sources ainsi que les articles du même auteur dans la lievue des Etudes Anciennes (1908, p. S'ig et siiiv., L'aditcsion de l'illyricum à la cause Jlavienne), dans la. Revue de Philologie (19 10, Le I" consulat de Petilius Cerialis. p. 5 et siiiv. ; iQi^, Les prétoriens de Vitellius. p 32 et suiv.). Voir aussi Henderson, Ciuil War and Rébellion in ihc Roman Empire. 1908.

1. Mommsen, Ilist. Rom. (traduct. Cagnat-Toutain), t. I\. p. aSo, note. — M. Henderson (^ouv. ci<.) est encore plus dur pour Tacite, qu'il traite à diverses reprises de myope, d'aveugle, auquel il reconnaît un vrai « génie » pour se méprendre sur l'essentiel d'une situation militaire (p. 91). Contre ces critiques violentes et injustes M. E. G. Hardy a vivement protesté dans un article du Journal of Pldlology (vol. 3t, n" Oi, p. i23 et suiv.). Mais à son to\ir il a c.\agéré, en lâchant de justifier Tacite sur presque tous les points.

2. On sait qu'il y eut deux batailles livrées à G mois d'intervalle (le i/j avril et vers le 27 octobre (ig) entre Bédriac et Crémone, la première plus près de Bédriac, la seconde plus près de Crémone. On peut donc les distinguer i>lns parlieulièremimt, comme je fais, en appelant lune bataille tle Bédriac, l'autre bataille de Crémone. Tacite leur doinie le même nom: inler ]'eronam Cremunanujue sitiis est vicus (Dedriacum) duabus iam Romanis cladibus notas infaustusque Œist., H, 23). — Sur l'emplacement de Bédriac, voir Henderson, OUI), cit., p. 339-3/^0.

LES RECITS lOI

n'était plus de mise en la circonstance, et il a réussi à la surmonter. Aucun des reproches, sous lesquels tombent la plupart de ses narrations militaires, ne peut être adressé à celle-ci. Les autres se meuvent au milieu dune certaine confusion '. Ici tout est déterminé, facile à suivre, intelligible; tout est « poussé » jusque dans le détail, avec une attention minutieuse qui cherche à satisfaire Tesprit. Psotamment Tentrée en campagne de l'armée du Danube, avec la concentration des différents corps autourde Vérone, forme une « manœuvre» qu'on serait tenté de croire expliquée par un spécialiste'.

Rappelons les faits. Après le grand conseil de guerre tenu par les chefs flaviens à Poetovio en Pannonie sur la Dravc, quand, au lieu de bloquer les passages des Alpes et d'attendre derrière la barrière montagneuse, on

1. Même la hataille de Bédriac, quoi qu'en dise ^I. Goclzer Qnlriidiicl. de ledit. in-i6, p. xxiii, noie 2). M. Goelzer propose lUK! explication intrcnicnise de la phrase peu claire : conjlucntes Padi cl Adiine fluniimim scdcciin inde miluiin spatio distantes pelcbant (//w<. II, '\o). Mais il ne parvient pas à résoudre toutes les difficultés du chapitre; car si les Othoniens ne sont plus qu'à une distance de 16 milles du coniluent de l'Adda et du Pô, comme ce confluent est à 5 milles environ à l'ouest de Crémone, ils sont donc encore à 11 milles à l'est de la ville. Comment alors l'armée de ^ ilcllius établie à Crémone n'avait-ellc plus « que quatre milles à faire, à l'est de la ville, pour tomber sur eux ? » Le vix rjuattuor milia passuum proçiressus (hostis) demeure peu intelligrible. Il semble bien, si le texte du chapitre est exact, que d'une manière ou d'une autre Tacite s'est trompé dans le calcul des distances, et il s'est trompé, pour n'avoir apporté à la chose qu'une médiocre attention. — Voir ime récente explication du passage dans Hardy, Journal of Philnlogy (art. cit., p. 189), explication reprise par G. G. Ramsay, tradu-l. des Histrdrcs, 191D (append. II, p. liiù-fiS']). MM. Hardy et Ramsay croient, non à une erreur de chiffre, mais à une confusion sur le mot Adiiae, laquelle d'ailleurs pourrait provenir aussi bien de Tacite lui-même que d'un copiste. Ils proposent de lire Adrae (la moderne Arda, petit affluent de la rive droite du Pô, au-dessous de Crémone).

2. Tac, Hist., III, i-i4. — M. Henderson lui-même, le terrible critique, n'y trouve pas grand'chose à reprendre.

eut résolu de prendre une offensive immédiate, Antonius Primus, gascon de Toulouse, aussi prompt à agir quMial)ile à parler, se jette en Italie avec un corps de cavalerie augmenté de quelques détachements d'infanterie légère, et exécute un « raid « foudroyant d'avant-garde, qui lui livre sans combat Aquilée et les villes du nord de l'Adriatique, plus au sud Padoue et Ateste. Il surprend et bouscule au Forum d'Aliénus (Legnago sur l'Adigc) des cohortes et de la cavalerie ennemies, qui repassent le fleuve en désordre. La Vénétie tombe entre ses mains. Pendant ce temps, des mesures de précaution ont été prises. On a écrit au gouverneur de Mésie, Aponius Saturninus, d'amener le renfort de ses trois légions; on s'est protégé eri arrière contre les barbares de la rive gauche du Danube et gardé sur le flanc droit contré une gittaque venant de la Rhétie (Haute-Bavière). Puis, à la nouvelle des succès d'Antonius, les dernières hésitations ayant disparu, Vedius Aquila met en marche les deux légions de Pannonie, passe à Padoue, oij il s'arrête quelques jours, et se dirige sur Vérone. C'est Vérone qui a été choisie comme point de concentration pour toutes les troupes de Pannonie et de Mésie, et comme base d'opérations ultérieures. Pourquoi Vérone .'^ Tacite en indic[ue très justement les raisons' : raison stratégique, la position de la ville, qui commande les routes des Alpes et coupait les communications de l'adversaire avec la Germanie; raison matérielle, les ressources de tout genre qu'offrait l'opulente cité; raisons morales, l'occasion d'affaiblir le prestige de Vitellius en lui ôtant une colonie puissante, et l'influence qu'aurait cette occupation sur le reste de la Cisalpine (Tacite, avant Montesquieu, a signalé l'importance de (c l'opinion » à la

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