‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 59 sur 177 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

; ins cFètre justes que de triompher sur le champ.

i jcite a cédé à ses souvenirs d'école et au plaisir de soutenir, comme autrefois, sur un même sujet des thèses opposées, plutôt qu'il ne s'est soucié d'être un écrivain strictement militaire.

Tacita^n'est pas seulement le moraliste de la guerre ; il en est également, et peut-être plus encore, le peintre. S'il a mis tous ses soins à nous rendre la bataille de Crémone, la raison en est, n'en doutons pas, l'importance exceptionnelle de l'afTaire où se décida la fortune de la dynastie flavicnne, mais aussi, n'en doutons pas davantage, le caractère nouveau, pittoresque de cette lutte dans la nuit.

On voudra bien remarquer en effet que Tacite ne raconte pas plus ou moins longuement les batailles, selon leur degré plus ou moins haut de valeur réelle, mais selon ce qu'il découvre en elles d'incidents curieux et singuliers. Il laisse de côté ou abrège celles qui n'ont rien que d'ordinaire ; il en développe d'autres qui ont été d'assez mince conséquence, mais qui ont pour lui le mérite de se présenter sous un aspect imprévu. La distinction qu'il établit quelque part entre les combats dignes d'être rapportés et les escarmouches négligeables ' , ne se trouve donc pas pleinement observée au cours des Histoires. Tel engagement, qui fut un simple épisode sans résultat et dont Tacite dit lui-même ; minor qiiàm pro tumultu caedes^, est décrit avec complaisance, uniquement parce qu'il prête à la description. C'est un engagement dans les marais, un combat de terre qui se transforme (voilà la nouveauté) en « une sorte de combat naval w^, oii les adversaires perdus au rnilieu des

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