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LES pnociÎDiis d'art de tacite. s
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eaux lâchent de se rejoindre, de se prendre à bras-lecorps pour s'entraîner au fond de l'abîme. — De menu le combat contre les Rhoxolans, peuplade lointaine dc> bords du Danube, occupe un long chapitre ', parce qu'il oflre deux singularités : l'armement des barbares, empêtrés dans leurs catafractes -, comme nos chevaliers du Moyen Age dans leurs armures, et les conditions de. la lutte, livrée par un jour de dégel sur un terrain glissant où l'ennemi, incapable après une chute de se relc- A'er, était à la merci du Romain plus agile. — L'auteur insiste encore sur le siège de Vetera, camp fortifié de la Basse Germanie^, parce que l'assaut de nuit donne lieu à une scène pittoresque. Les Germains, après avoir mangé et bu autour de grands feux, se jettent sur les retranchements, ivres et sans rien voir. Mais s'ils ne voient pas, ils sont vus. Eclairées par les flammes du bivouac, leurs silhouettes offrent une cible admirable . dont profite l'adversaire. Tout coup porte. Civilis s'en aperçoit, fait éteindre les feux, et le combat continue dans une nuit noire, les Romains gardant l'avantage, grâce au bruit des barbares qui sapent les murailles, dYtie guidés par le son quand ils fouillent l'obscurité de leurs javelines. Le lendemain, avec l'assaut de jour, apparaît un nouveau genre de combat. On manœuvre le tolleno, terrible levier muni d'un grappin qui s'abaisse sur les assaillants, les saisit, les enlève et les lance en arrière dans le camp. Nova àcies, dit Tacite, et ce mot nous explique sa complaisance à prolonger l'épisode, de même qu'il nous donne la clef de ses préférences pour tel ou tel combat. Quand Tacite s'arrête sur l'un d'eux, ce n'est pas l'historien qui en a décidé ainsi, c'est d'abord le « descripteur » ami de l'extraordinaire, ou le peintre épris de pittoresque.